Depuis 1988, des signaux radio provenant d’une source extraterrestre lointaine sont enregistrés régulièrement par le radiotélescope Murchison Widefield Array en Australie sans que les chercheurs n’en trouvent la source. C’est ce que rapportent des scientifiques dans une étude publiée le 19 juillet 2023 par la revue Nature dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract. Les chercheurs ne savent pas quel objet envoie ces ondes radio. Elles sont telles qu’elles ne sont conformes à aucun modèle tentant de l’expliquer.
L’équipe scientifique qui a observé ces ondes utilisait le radiotélescope Murchison pour étudier les émission radios provenant de la Voie Lactée. Natasha Hurley Walker, radioastronome à l’Université Curtin en Australie, qui dirigeait la recherche, a précisé que “Presque aussitôt que nous avons commencé à chercher, nous avons trouvé une nouvelle source, dans une autre partie du ciel se répétant cette fois toutes les 22 minutes”
Les scientifiques ont étudié dans les archives les précédentes ondes émises depuis l’univers vers la Terre. C’est là qu’ils ont découvert que l’émission de signaux en question avait débuté il y a trente-cinq ans.
Il faut savoir que la plupart du temps, les signaux radio venant de l’espace proviennent des pulsars, des étoiles à neutrons en rotation . Un pulsar (wikipedia) est un objet astronomique produisant un signal périodique allant de l’ordre de la milliseconde à quelques dizaines de secondes. Ce serait une étoile à neutrons tournant très rapidement sur elle-même (période typique de l’ordre de la seconde, voire beaucoup moins pour les pulsars milliseconde) et émettant un fort rayonnement électromagnétique dans la direction de son axe magnétique. Elles émettent vers la Terre des faisceaux énergétiques qui clignotent lorsqu’ils tournent vers et loin de notre planète.
Ici, les chercheurs ont d’abord pensé que ces les ondes pourraient être émises par des pulsars un peu particuliers appelés magnétars. “Dans certains cas, les impulsions radio ont été interprétées comme provenant d’étoiles à neutrons en rotation avec des champs magnétiques extrêmement puissants, appelés magnétars”, précisent-ils dans leur étude. Ces ondes, qui peuvent se retrouver dans les relevés de fréquences radio, sont d’une durée très courte. “L’origine d’autres messages transitoires radio, parfois périodiques et moins bien échantillonnés, est encore débattue.”
Or, “si la source était un magnétar, l’émission radio ne devrait être visible que pendant quelques mois à quelques années, 33 ans et plus”, précise Natasha Hurley Walker.
Piste extraterrestre ?
Il serait alors tentant de penser qu’il s’agirait d’un message provenant d’une intelligence extraterrestre située en dehors du système solaire. Le message ne comporterait pas de sens précis, faute d’un interlocuteur identifié. L’intelligence n’espérerait pas de réponse, compte tenu du temps, en année lumière, que prendrait les transmissions. Le sens du message serait cependant profond. Nous le traduirions ainsi : « qui que vous soyez, vous vous demandez sans doute si vous êtes seuls dans l’univers. Eh bien rassurez vous, vous n’êtes pas seuls ».
D’autres recherches sont nécessaires pour confirmer qu’il s’agit de signes de vie extraterrestre. Les auteurs sont en tous cas enthousiastes. La technologie évolue, et l’humain se rapproche peut-être d’une réponse qu’il s’est toujours posée: est-il seul dans l’univers ?
Notons qu’à ce jour, la source est toujours active
Référence
- Published: 19 July 2023
- A long-period radio transient active for three decades
- N. Hurley-Walker,
- N. Rea,
- others
Nature volume619, pages 487–490 (2023)
Abstract
Several long-period radio transients have recently been discovered, with strongly polarized coherent radio pulses appearing on timescales between tens to thousands of seconds1,2. In some cases, the radio pulses have been interpreted as coming from rotating neutron stars with extremely strong magnetic fields, known as magnetars; the origin of other, occasionally periodic and less-well-sampled radio transients is still debated3. Coherent periodic radio emission is usually explained by rotating dipolar magnetic fields and pair-production mechanisms, but such models do not easily predict radio emission from such slowly rotating neutron stars and maintain it for extended times. On the other hand, highly magnetic isolated white dwarfs would be expected to have long spin periodicities, but periodic coherent radio emission has not yet been directly detected from these sources. Here we report observations of a long-period (21 min) radio transient, which we have labelled GPM J1839–10. The pulses vary in brightness by two orders of magnitude, last between 30 and 300 s and have quasiperiodic substructure. The observations prompted a search of radio archives and we found that the source has been repeating since at least 1988. The archival data enabled constraint of the period derivative to <3.6 × 10−13 s s−1, which is at the very limit of any classical theoretical model that predicts dipolar radio emission from an isolated neutron star.
