La théorie de l’information intégrée (TII), ou en anglais Integrated information theory (IIT), est une théorie proposée par Giulio Tononi en 2004. Elle vise à expliquer pourquoi les cerveaux humains, qu’elle considère comme des systèmes physiques, sont conscients et à quel degré. Elle se demande ce qu’il faudrait pour que d’autres systèmes physiques, en premier lieu les cerveaux animaux, deviennent conscients comme le sont les humains. L’univers dans son ensemble est-il conscient et comment cette conscience se manifeste-t-elle ?
La dernière version de la théorie dite ITT 3.0. date de 2014. Elle est encore en développement et amélioration.
David Chalmers avait expliqué que tenter de comprendre la conscience à partir de lois physiques débouchait sur une impossibilité, ce qu’il a nommé le « hard problem« . ITT part du principe contraire. Nous devons admettre que nous sommes conscients et rechercher les propriétés qu’un système physique tels que nous doit acquérir pour accéder à cet état de conscience, étant admis que celui-ci ne peut que provenir de l’état du système physique sous-jacent.
Les capacités d’un système physique pour accéder à la conscience sont inconnues. Elles forment un éventail comme le montrent les études sur des patients atteints d’incapacité du corps calleux (split brain patients) ou sur des patients conscients bien que disposant d’un cerveau où manquent d’importantes portions du corps cérébral.
L’ITT pour sa part distingue les propriétés d’une expérience consciente, qu’elle nomme « axiomes » et les propriétés d’un système physique conscient, nommés postulats.
Pour des approches différentes, voir Wikipedia Conscience
Les axiomes.
Ils représentent les aspects essentiels de chaque expérience consciente. On peut les caractériser comme suit :
- La conscience existe intrinsèquement. Chaque expérience consciente est réelle ; elle ne dépend pas d’observateurs extérieurs.
- La conscience est structurée. Chaque expérience est composée de multiples distinctions phénomènologiques. La phénoménologie est une école de philosophie qui s’attache à démontrer que le phénomène n’existe que s’il y a une conscience pour le percevoir. Toute conscience serait donc conscience de quelque chose, c’est l’idée d’intentionnalité de la conscience. La méthode phénoménologique veut démontrer qu’il existe une relation essentielle entre la conscience et le monde. La phénoménologie reprend les interrogations philosophiques sur le concept d’essence, et son approche pour les aborder est d’étudier l’expérience vécue, c’est-à-dire le phénomène en tant que tel. Il est parfois considéré qu’ainsi, la phénoménologie cherche à faire le lien entre l’idéalisme (passer par l’idée pour accéder au réel) et l’empirisme (passer par le réel pour accéder à l’idée)
- La conscience est spécifique. Chaque expérience est comme elle est, composée d’un ensemble spécifique de distinctions phénoménales. Elle se différencie de toutes autres possibles.
Les postulats
Les propriétés requises d’un état physique conscient sont dites par l’ITT des postulats du fait que l’existence de cet état physique est elle-même postulée. Rappelons que l’ITT maintient que la seule chose dont chacun peut être certain qu’elle existe est sa propre conscience. Ici, dans ce qui suit, un système physique est entendu comme un ensemble d’éléments, chacun disposant de deux ou trois états internes. Les données en entrée influencent cet état, celles en sortie sont influencées par lui. Les neurones en sont des exemples naturels.
Dans ces conditions, les postulats sont
. Que les système disposent d’une existence intrinsèque. Afin d’exister intrinsèquement, ils doivent avoir des causes et des effets, indépendants des observateurs extérieurs. Un pouvoir de cause et d’effet peut-être défini en considérant un espace de cause et d’effet ( cause-effect space ) doté d’un axe pour chaque état possible du système dans le passé (causes) et dans le futur (effets). Dans cet espace, une intervention qui établit le système dans un état initial (cause), sans modification des conditions d’arrière plan (background conditions) conduit le système dans son état présent (effet).
- Que les systèmes soient structurés. Les sous-éléments constituant le système s’articulent selon des considérations différentes qui peuvent avoir des relations de cause à effet à l’intérieur du système lui-même ( cause-effect structure )
- Que les systèmes précisent les conditions pour lesquelles ils sont ce qu’ils sont. Ceci permettra d’établir des répertoires spécifiques de cause à effet, (specific cause-effect repertoires )permettant de comprendre pourquoi les systèmes sont ce qu’ils sont
Pour la suite voir ( Non traduit faute de temps)
