Les jours qui viennent de s’écouler ont été « particulièrement fructueux » pour la contre-offensive menée par l’Ukraine contre les forces d’invasion russes dans l’est et le sud du pays, a déclaré le 3 septembre Oleksiy Danilov, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien. A ce stade des hostilités, les forces armées ukrainiennes remplissent leur tâche principale : la destruction d’équipements, de dépôts de carburant, de véhicules militaires, de postes de commandement, de pièces d’artillerie et de systèmes de défense antiaérienne de l’armée russe ». Mais il n’a donné aucune précision sur d’éventuels gains territoriaux
La veille, le président ukrainien Volodimir Zelensky avait fait état de « progrès » après une semaine difficile qui avait vu les soldats ukrainiens arrêtés par la densité des lignes de défense russes, notamment dans la région de Zaporijjia, où l’armée de Kiev avait le plus avancé ces dernières semaines.
Outre la région de Zaporijjia, de violents combats ont lieu autour de Bakhmout, seule ville conquise par les Russes pendant leur longue phase offensive de l’automne au printemps derniers, aux abords de laquelle l’armée ukrainienne a récemment repris des pans de territoire, contraignant Moscou à envoyer des renforts.
Le porte-parole de l’armée ukrainienne, Andriy Kovalev, avait qualifié mardi ces avancées de « succès partiel » au prix de violents combats face à la résistance acharnée des Russes.
Moscou semble vouloir tenir à tout prix ses premières lignes de défense pour tenter d’éviter le scénario de percées similaires à celles qui avaient permis aux Ukrainiens de reprendre une partie importante des régions de Kharkiv et Kherson l’an dernier.
L’armée russe reste parallèlement à l’offensive dans plusieurs secteurs des régions de Louhansk et Donetsk, notamment autour des villes de Lyman, Avdiivka et Marinka, où l’Ukraine dit avoir repoussé ses assauts.
Le Kremlin a par ailleurs accusé Kyiv d’avoir attaqué Moscou mardi avec des drones mardi, affirmant avoir neutralisé au moins cinq de ces appareils.
La guerre des drones est devenue une composante majeure du conflit russo-ukrainien et elle tournerait en faveur de Moscou. Ce sont les drones kamikazes Lancet qui posent le plus de problème aux troupes ukrainiennes. “C’est l’engin le plus dangereux pour nous, les Russes s’en servent pour détruire notre artillerie”, a confié à The Economist Anton Gerashchenko, conseiller auprès du ministère ukrainien de l’intérieur. Les troupes de Moscou utilisent aussi cet appareil autonome pour attaquer les blindés déployés lors de la contre-offensive ukrainienne.
“D’après nos services de renseignement, Moscou est train d’augmenter de manière significative la production des drones Lancet”, a expliqué à The Telegraph Youri Sak, conseiller du ministre ukrainien de la défense. Mais qu’est-ce qui rend le Lancet si efficace ? L’une des grandes forces de cet appareil est son bas coût. D’après son concepteur Zala Aerogroup – une filiale du géant industriel Kalachnikov – un Lancet coûte environ 33.000 euros à fabriquer. Une dépense qui pourrait encore baisser en profitant de l’économie d’échelle si la production du drone augmentait
