03/07/2023 Emeutes urbaines et Internet

Des émeutes urbaines se sont toujours produites. Elles traduisent dans l’ensemble la révolte des populations dites les moins favorisées devant les avantages des classes dominantes. Celles-ci disposent d’emplois suffisamment rémunérateurs pour pouvoir accéder aux quartiers favorisés des villes, des banlieues et aujourd’hui des campagnes. Leurs enfants peuvent bénéficier de formations permettant l’accès aux emplois les plus valorisants.

Aujourd’hui cependant les émeutes urbaines bénéficient des chambres d’échos que permet la généralisation de l’internet. D’une part des images d’immeubles en feu et d’une police souvent impuissante sont diffusées dans l’ensemble de la société. D’autre part les réseaux dits sociaux mis en place par les GAFAS ou géants de l’informatique, relayés par les téléphones portables dont disposent chaque manifestant, permettent de transformer les opposants en de véritables groupes armés, d’une grande mobilité.

Ceux-ci sont le plus souvent anonymes. De plus, s’ils n’ont pas accès en France aux armes léthales dite aussi armes par nature, ils ne manquent pas d’armes par destination, ce terme désignant un objet assimilé à une arme, qui présente un danger pour les personnes en ce qu’il est utilisé pour menacer, blesser ou tuer une autre personne comme le sont par exemple les voitures-dites béliers. L’usage de telles armes est encore exceptionnel, mais on peut craindre qu’il ne se généralise au sein des bandes d’émeutiers les plus agressives.

Dans les démocraties libérales telles qu’en France, un nombre croissant d’organisations politiques demande une prévention et le cas échéant une répression accrue de ces émeutes urbaines. Mais pour qu’au delà des mots soient organisées de telle préventions et répressions, manquent les effectifs de police et de juges nécessaires. Quant aux prisons, elles sont depuis longtemps saturées, sans parler du fait qu’elles sont devenues des foyers d’endoctrinement.

Dans des pays tels que la Russie ou l’Iran, parallèlement à la police, c’est l’armée qui est appelée à réprimer les émeutes supposées représenter un danger pour les systèmes politiques. Mais les forces armées émanant le plus souvent des classes sociales populaires d’où proviennent les manifestants font preuve d’un manque d’enthousiasme évident pour réprimer ces derniers.

Dans les démocraties, les gouvernements européens n’interviennent pas systématiquement, comptant sur la lassitude des émeutiers pour qu’ils trouvent d’autres formes d’expression. Mais les électeurs feront-ils longtemps montre de cette sagesse ?

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