02/07/2023 En attendant la fusion nucléaire, une nouvelle stratégie pour la fission

« La demande électrique est susceptible d’être multipliée par 4 d’ici 2050, du fait de l’hyper consommation due à la numérisation des société et à la croissance démographique. Parallèlement, la durabilité de notre planète Terre exige aujourd’hui que la production de cette énergie ne repose plus sur le charbon ou le pétrole ,non plus que sur la seule exploitation des ressources naturelles  que sont l’éolien et l’hydraulique,

C’est ce que souligne Jean-Luc Alexandre, président fondateur de Naarea qui travaille depuis 2005 sur une solution pour produire de l’énergie électrique reposant sur des mini-réacteurs adaptables à des espaces géographiques réduits, des zones isolées, des sites où l’accès à l’eau est limité.

Ce réacteur  dit de 4e génération, fait suite aux EPR (European Pressurised Reactor ou réacteur pressurisé européen) pour en améliorer la durabilité, la sûreté et la compétitivité. Parmi les 6 technologies qui la composent, Naarea est la seule à avoir opté pour les sels fondus fonctionnant sous pression atmosphérique, où se produit une réaction de fission intrinsèquement auto-régulée à haute température (environ 700 °C).

Le micro-générateur Naarea est intégralement contrôlable et pilotable à distance 24h/24h, 7j/7j et ne nécessite pas de maintenance lourde sur place. Il utilise des  combustibles nucléaires usagés, ce qui ferme ainsi complètement le cycle du combustible nucléaire.  Certains composants vont aussi avoir une 3e vie industrielle par exemple pour la radioscopie médicale

Utiliser les matières radioactives usagées permet de limiter l’exploitation des mines, de réduire le recours aux ressources naturelles et d’apporter une solution au traitement des déchets nucléaires de longue durée de vie actuellement entreposés. Ceux ci offrent une réserve pour plusieurs centaines d’années au moins.

Reste à acquérir l’acceptabilité par la population et c’est pour cette raison que Naarea s’entoure d’un comité d’orientation social et sociétal, « pour faire participer la population à notre réflexion et qu’elle en comprenne tout l’intérêt pour elle comme pour la Planète », espère Jean-Luc Alexandre.

Est-ce à dire que cette technologie va remplacer toutes les autres dans les années à venir ? Selon Jean-Luc Alexandre, « c’est un élément complémentaire du mix énergétique. Des solutions d’énergie existent mais leur grande taille comme le nucléaire conventionnel, leur dépendance à l’égard des réseaux de transport d’énergie ou leur intermittence comme les énergies renouvelables n’en font qu’une réponse partielle et insuffisante au regard de la demande immense qui ne cesse de croître ».

C’est une solution qui répond en tout cas au « trilemme », défini par le Conseil mondial de l’énergie qui doit être durable, pour lutter contre le dérèglement climatique ; équitable, pour un accès universel au développement ; sûre, pour la souveraineté des territoires et des nations.

Une stratégie validée par France 2030

Naarea a d’ailleurs été lauréate de l’appel à projets « Réacteurs Nucléaires Innovants » du plan d’investissement France 2030. Ce dont se félicite Jean-Luc Alexandre car cela « valide notre stratégie de projet industriel, nous a apporté encore plus de crédibilité auprès de nos partenaires et représente aussi une formidable opportunité d’avoir une collaboration privilégiée avec le CEA ».

Pour en savoir plus
https://www.naarea.fr/

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