L’armée russe disposait déjà depuis plusieurs mois de missiles hypersoniques de type kinjal pouvant être envoyés avec précision sur des objectifs ennemis. Il s’agit d’armes redoutables mais pour avoir un effet pratique dans l’actuelle guerre avec l’armée ukrainienne, constamment réarmée par les Etats-Unis, elles doivent être suffisamment nombreuses. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Par contre, à la mi-2023, on constate que l’armée russe a appris à utiliser des drones de manière très efficace. Les pénuries de drones qu’elle a pu connaître au début de la guerre ont été compensées par une production largement accrue provenant du complexe militaro-industriel russe mais aussi par ce que l’on pourrait appeler une production artisanale provenant de PME récemment crées pour ce faire ou même par des assemblages improvisés à proximité des lignes de combat.
Au départ, ces drones étaient largement importés, notamment d’Iran. Aujourd’hui, ils sont produits en grande partie par les Russes. L’armée russe utilise désormais des drones d’observation et des drones dits kamikazes dotés d’une tête explosive de forte puissance capables de détruire des chars ou des abris en tranchées. Les militaires russes ont perfectionné la coordination de ces deux types de drones pour combattre à la fois les équipements lourds les plus récents de l’OTAN et les équipements soviétiques plus anciens dont Kiev disposait.
Les télévisions russes diffusent aujourd’hui des rapports et des images vidéo montrant la destruction d’un véhicule blindé de transport de troupes Bradley fourni par les Américains par un char russe T-80 à une distance de 10 kilomètres. Celui-ci utilise des drones d’observation en tandem pour localiser la cible cachée, fournir des coordonnées pour un tir de canon précis et enregistrer l’explosion du véhicule cible. Il s’agit bien évidemment d’une toute nouvelle méthode de guerre qui nécessite un personnel compétent en informatique et des communications très sophistiquées.
Outre les drones, l’armée russe utilise désormais des hélicoptères d’attaque, principalement les «Alligators», pour détruire le matériel lourd ukrainien sur le champ de bataille. Les risques de tirs au sol ou de missiles attaquant les hélicoptères ont été atténués par une variété de nouveaux dispositifs de guerre électronique qui semblent être très efficaces dans la pratique. Les Russes utilisent également la guerre électronique pour désorienter et neutraliser les drones ukrainiens.
Dans le même temps, l’armée russe déploie actuellement des bombardiers furtifs dans la zone de guerre. Les premiers vols ont démontré leur capacité à opérer au-dessus du territoire contrôlé par l’Ukraine sans être détectés. Si cette pratique se généralise, les Russes bénéficieront de la supériorité aérienne qui caractérise les opérations de guerre des États-Unis et de l’OTAN depuis plus de trente ans.
