France
Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a publié, mercredi 28 juin, son cinquième rapport annuel. Celui-ci, intitulé « Acter l’urgence, engager les moyens » dresse une analyse des impacts du changement climatique et des limites de la prévention et de la gestion de crise en France, du suivi des émissions de gaz à effet de serre et des politiques associées, des budgets carbone, des leviers pour l’action climatique nationale et internationale, et présente la nouvelle méthode d’évaluation de l’action publique en France du Haut conseil pour le climat, ainsi que ses recommandations pour améliorer l’action publique en matière de climat.
Rapport complet https://www.hautconseilclimat.fr/wp-content/uploads/2023/06/HCC_RA_2023_.pdf
Nous en extrayons les points suivants
Partout sur le globe, les effets du dérèglement climatique se font ressentir. En janvier 2023, la synthèse de six grands jeux de données internationales réalisée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) montre que, sous l’effet de l’augmentation constante des concentrations de gaz à effet de serre et de la chaleur accumulée, les huit dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées au niveau mondial. Le changement climatique n’attend pas. Il est temps d’agir.
Depuis les années 1800, les effets du changement climatique s’intensifient sur l’ensemble du globe. Les activités humaines influent tragiquement sur les concentrations de gaz à effet de serre de plus en plus massives qui atteignent leur niveau le plus élevé depuis deux millions d’années.
Ainsi, l’une des conséquences directes est l’augmentation de la température à la surface du globe. Actuellement, elle est supérieure de 1,1 °C par rapport à la température enregistrée dans les années 1800. On considère également que la dernière décennie (2011-2020) est la plus chaude jamais enregistrée.
Pourtant, lors de rendez-vous internationaux dédiés au climat, scientifiques et évaluateurs gouvernementaux ont convenu de l’importance de contenir la hausse de la température globale à 1,5 °C afin de mieux prévenir les effets climatiques. Malgré cela, et sur la base des plans climatiques nationaux actuels, le réchauffement de la planète devrait atteindre 2,8 °C d’ici la fin du siècle.
Ainsi, d’un pôle à l’autre, on distingue chaque année un nombre de plus en plus important de catastrophes climatiques, qui sont également de plus en plus répétitives et de plus en plus destructrices pour les hommes et la biodiversité.
Essentiellement liées aux activités humaines, les causes du changement climatique sont multiples : hausse de la consommation de combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz, l’agriculture intensive, les engrais contenant de l’azote, la déforestation intensive, la surproduction…
Si de nombreuses personnes pensent que les effets du changement climatique se traduisent par des températures plus élevées, il est primordial de comprendre que les conséquences sont bien plus larges et plus graves. En effet, la Terre est un système où tout est lié, chaque changement a un impact à court ou long terme.
Ainsi, les conséquences du changement climatique se traduisent le plus souvent par des épisodes climatiques graves et de plus en plus longs sur l’ensemble du globe : sécheresses intenses, pénuries d’eau, incendies, élévation du niveau de la mer, inondations, fonte des glaces polaires, tempêtes catastrophiques et déclin de la biodiversité mais également des phénomènes migratoires importants souvent liés à des problématiques alimentaires ou des conflits pour la gestion des ressources naturelles.
Les 2 pôles en première ligne des bouleversements climatiques
Selon une étude réalisée par le CNRS, les régions polaires sont au cœur du changement climatique qui touche l’ensemble de la planète. En effet, c’est dans ces régions que les bouleversements climatiques sont les plus forts.
Diminution de la surface de la banquise, de son épaisseur, les effets visibles à l’œil nu sont importants. Chaque année, des millions de kilomètres carrés disparaissent.
L’amplification polaire du changement climatique, qui conduit les hautes latitudes à se réchauffer près de deux fois plus vite que les régions tempérées, entraîne la diminution progressive de certaines zones englacées.
Si l’on s’intéresse de plus près à la banquise arctique, les scientifiques se posent la question de savoir si celle-ci disparaîtra complètement dans la prochaine décennie. Les impacts vont plus loin : le réchauffement touche également en permanence les sols gelés. Habituellement gelés sur plusieurs centaines de mètres, ils dégèlent désormais même en dehors de la saison “chaude” sur un mètre de profondeur environ et présentent depuis quelques années des effondrements très nets, signes de dégel plus profond.
Pourquoi l’Afrique paie déjà le prix du dérèglement climatique
Alors que l’Afrique ne représente qu’environ 2 à 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle en subit les conséquences de manière disproportionnée.
En effet, les pays africains sont parmi les plus fragiles face au dérèglement climatique. Manque d’infrastructures, gestion de l’eau complexe, stress hydrique, système d’alerte insuffisant, insécurité alimentaire et déplacements de population importants sont autant de causes qui font que l’Afrique paie déjà le prix fort face aux impacts du dérèglement climatique.
Le rapport «État du climat en Afrique 2021» illustre comment les phénomènes météorologiques extrêmes
Des estimations montrent ainsi que le stress hydrique touche environ 250 millions de personnes sur le continent africain et pourrait entraîner le déplacement de 700 millions de personnes d’ici à 2030. De plus, d’ici à 2030, et selon toute probabilité, quatre pays africains sur cinq ne disposeront pas de ressources en eau gérées de manière durable afin de faire face à ces conséquences terribles.
Quels pays en font le moins pour lutter contre le changement climatique ?
Selon les chiffres publiés en 2023 du Climate Change Performance Index (CCPI), la France a été rétrogradée à la 28e place du classement. Elle fait moins bien que le Danemark, le Maroc ou l’Égypte dans la lutte contre le changement climatique. Ce classement annuel international de l’indice de protection climatique des principaux pays émetteurs des gaz à effet de serre analyse les données de 59 pays, Union Européenne comprise, responsables d’environ 90 % des émissions dans le monde.
On observe également que des pays comme l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis, la Russie, l’Australie, la Chine sont parmi les moins appliqués pour lutter contre le changement climatique.
