La Chine n’est pour le moment que la 3e puissance nucléaire du monde, loin derrière la Russie et les Etats-Unis. La Russie et les États-Unis, avec 5.244 armes nucléaires disponibles, possèdent 90 % des armes nucléaires mondiales. Arrive ensuite la Chine, avec ses 410 ogives.
Mais celle-ci ambitionne de devenir la première puissance économique mondiale. Pour cela elle compte réaliser onze grands programmes économiques, dont certains sont déjà engagés.
Des pluies et des neiges artificielles sur le Tibet
Le plateau tibétain étant le plus gros pourvoyeur en eau douce d’Asie (les principaux fleuves de la région y prennent leur source), la Chine tente d’y installer le plus grand dispositif d’ensemencement des nuages au monde. A terme, plusieurs dizaines de milliers de soufflantes utiliseraient le vent pour faire monter des particules d’iodure d’argent dans le ciel et provoquer des précipitations.
Ambition : Faire pleuvoir 10 milliards de m3 d’eau par an (7 % des besoins de la Chine)..
Un réseau géant de réseaux de transports en Afrique
En 2015, Pékin a signé un protocole d’accord avec l’Union africaine pour aider à bâtir et à financer un immense maillage d’infrastructures (autoroutes, voies ferrées à grande vitesse, liaisons aériennes) entre les 54 capitales des pays africains. Résultat le plus visible aujourd’hui, 6 200 km de voies ferrées déjà aménagées ou en cours en Afrique orientale et centrale (Soudan, Ethiopie, Kenya, Angola, Nigeria…).
Mieux exploiter l’Arctique
Satellites d’observation braqués sur la région, missions d’exploration scientifique, investissements dans des exploitations de gaz… la Chine avance ses pions dans le cercle polaire arctique. En effet, elle mise sur le développement de la nouvelle route maritime du Nord-Est (pour gagner 15 à 20 jours de transport) et compte sur le réchauffement climatique pour que s’ouvre une route transpolaire encore plus courte.
Les routes de la soie à grande vitesse
Lancé en 2013, un tentaculaire réseau d’infrastructures (autoroutes, ports, voies ferrées, ponts, pipelines, télécoms…) est en train de voir le jour en Asie et en Asie centrale. Déjà rejoint par 71 pays, ce chantier e devrait s’étendre jusqu’aux continents européens et africains. Coût total estimé : au moins 1 000 milliards de dollars.
Mieux maitriser le plus long fleuve d’Asie, le Mékong
La Chine a déjà construit dix barrages (d’une capacité totale de 20 gigawatts) sur la portion chinoise du Mékong. Et elle en prévoirait neuf autres. En aval, la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam s’inquiètent de la raréfaction des poissons et de l’appauvrissement des terres (qui ne reçoivent plus les sédiments du fleuve), donc de la sécurité alimentaire des 60 millions de paysans vivant de pêche et de culture sur les rives du Mékong et de ses affluents.
Ambition : Fournir de l’électricité aux mégapoles et aux usines de l’est de la Chine.
Une armada de centrales nucléaires flottantes
Le premier des vingt réacteurs atomiques installés sur cargo que la Chine projette de faire circuler en mer de Chine méridionale devrait être opérationnel d’ici à 2020. Une zone sujette aux typhons, où transite un tiers du commerce maritime mondial… Et sous haute surveillance des marines américaines, philippines et vietnamiennes, en raison de conflits territoriaux sur les îles Spratleys et Paracels.
Ambition : Alimenter en l’électricité les îlots transformés en bases militaires et les plateformes pétrolières chinoises de la zone.
Un nouveau détroit en Thaïlande
Objet : Percer un canal de 135 km au travers de l’isthme de Kra, qui sépare la Thaïlande de la Malaisie, une idée folle ? Des entrepreneurs chinois la promeuvent pourtant, car elle raccourcirait de 1 200 km la route maritime entre la mer de Chine méridionale et l’océan Indien, par laquelle transitent 80 % des importations chinoises de pétrole. Coût : environ 24 milliards d’euros.
Ambition : Accélérer les temps de transport, court-circuiter le détroit de Malacca, saturé et contrôlé par la marine américaine.
Objectif Mars !
La Chine l’a montré avec sa sonde Chang’e 4 envoyée sur la face cachée de la Lune début 2019 : elle n’en est plus à rattraper son retard sur les Américains et les Russes, elle veut gagner la bataille de l’espace. Mieux, son regard s’est déjà fixé sur Mars. Son objectif ? Préparer la voie à une base permanente : envoi d’un premier robot Rover dès 2020, missions de collecte d’échantillons (sol, rochers…) entre 2025-2030, enfin mission d’astronautes dans les années 2030.
Ambition : Coloniser la planète Mars et y chercher des matières premières.
Des panneaux solaires géants dans l’espace
Depuis 2008, les scientifiques chinois étudient une technologie permettant de capter de l’énergie solaire à partir d’une station orbitale, et de l’envoyer en continu sur la Terre. Les défis à relever sont nombreux, à commencer par le lancement d’un satellite de plus de cinq tonnes dans l’espace.. Américains, Russes et Japonais travaillent sur des projets similaires qui, s’ils fonctionnaient, fourniraient à la planète une énergie inépuisable.
Ambition : Envoyer une station solaire orbitale d’ici à 2050.
Dominer les télécoms
Pas de 4G sans la Chine ! En matière d’équipements de télécommunication, les groupes chinois ont distancé leurs concurrents occidentaux. Et comptent bien faire de même pour la future 5G. Inquiets de voir ce secteur hautement sensible dominé par des entreprises proches du pouvoir chinois, les Etats-Unis comptent les exclure du marché de la 5G et incitent leurs alliés à en faire autant.
Ambition : Dominer la téléphonie du futur.
Planter des milliards d’arbres pour contrer l’avancée du désert
Le district de Duolun, situé au sud-est du désert de Gobi, a toujours été sec. Mais des décennies de surexploitation agricole et de surpâturage en ont transformé des portions entières en désert aride. Coupables : le changement climatique, mais surtout la croissance de la population. Il faudra replanter ici comme dans une grande partie du territoire
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On notera que, le 31 mai 2021 , « pour faire face à la forte baisse du taux de natalité et au vieillissement de la population dans le pays », la Chine a annoncé porter la limite du taux de natalité à trois enfants par famille. La mesure a été formellement adoptée le 20 août 2022.
