Les industriels sont enfin parvenus à un accord pour le coûteux et complexe projet d’avion de combat européen dit SCAF, ou Système de Combat Aérien du Futur, après plus d’un an d’oppositions entre Dassault et Airbus, soutenu par l’Allemagne. « Après des négociations intenses, un accord entre industriels a pu être atteint pour la prochaine phase du programme » de Système de combat aérien du futur a indiqué le ministère allemand de la Défense dans un communiqué diffusé à Berlin. »L’accord politique sur le SCAF est un grand pas en avant et – surtout dans le contexte international actuel – un signal important de l’excellente coopération entre la France, l’Allemagne et l’Espagne », a réagi la Présidence française de la République
L’avion de chasse du futur se trouvera au cœur d’un système de combat aérien interconnecté à base de drones pilotés par Intelligence Artificielle (IA). En 2040, si tout se passe bien, une meute de drones de combat pilotés par IA et ravitaillé en carburant automatiquement escorteront un nouvel avion furtif européen dit de sixième génération, le seul appareil piloté par un humain. Celui-ci sera assisté par un copilote virtuel installé dans le cockpit. Cette intelligence artificielle pourra prendre en charge certaines tâches pour que le pilote puisse mener sa mission avec moins de pression mentale.
Au même moment, une cinquantaine de drones plus petits pesant entre 100 et 200 kilos, dont certains seront spécialisés dans le brouillage des radars, seront largués d’un A400M. L’ensemble se dirigera immédiatement vers les positions ennemies pour saturer leurs défenses. Tous seront interconnectés.
Après avoir fait le plein, de leur côté, les drones ailiers de l’avion furtif viendront le précéder. Lourdement armés, ces drones de plusieurs tonnes seront connectés à l’essaim d’aéronefs qui mène sa mission de saturation des défenses et de brouillage. Leur rôle sera d’assister les troupes au sol amies et compléter le nettoyage des systèmes de défense ennemis au sol et en l’air. Avec l’accord des militaires au sol, l’IA de ces drones ira les détruire de façon autonome. Tous seront interconnectés et tous se synchroniseront pour agir de la façon la plus efficiente depuis leurs positions respectives. Mais aucun d’eux ne ne pourra ouvrir le feu si un opérateur humain leur interdit de le faire
À l’issue de cette première opération de nettoyage , les troupes au sol avanceront et le SCAF continuera à les assister pour identifier ces menaces et pour les frapper.
Le SCAF, un système de systèmes
Ce scénario futuriste est presque pour demain, avec comme chef d’orchestre de ce système le NGF pour New Generation Fighter, le futur remplaçant du Rafale. Tout tourne autour de cet aéronef avec l’assistance des IA, le combat collaboratif en « cloud », différents types de drones et d’autres engins hétérogènes en l’air, auxquels s’ajouteront progressivement d’autres éléments supplémentaires au sol et sur mer. Synchronisés en temps réel, ils mèneront tous leur mission de façon interconnectée et fluide.
Ce n’est pas de la science-fiction militaire, cet ensemble porte déjà le nom de Scaf, pour Système de combat aérien du futur. Pour les militaires, le Scaf n’est donc pas qu’un avion, mais un système global incluant des drones et autres aéronefs aux tâches variées et complémentaires. On devrait même y intégrer le Rafale en version F5. Cette version de l’avion de chasse de Dassault devrait être opérationnelle dès 2030 et disposera, elle aussi, de capacités de combat collaboratif avec le drone européen Eurodrone, ainsi que des aptitudes à la guerre électronique. D’ailleurs, le standard F4.1 du Rafale actuel a déjà la capacité d’échanger des données avec ses ailiers.
Le développement de l’engin et de ses systèmes reposera sur sept piliers. Pour chacun d’eux, un industriel pilotera le développement avec ses partenaires. Ainsi, la conception de l’avion sera dirigée par Dassault accompagné d’Airbus et d’Indra. La motorisation sera pilotée par Safran avec pour partenaires, MTU Aero Engines et ITP Aero. Pour ce qui est des drones, Airbus prend la main, accompagné de MBDA et Satnus. Pour les autres parties du programme SCAF et notamment la connectivité, le « cloud » et les capteurs, on retrouve les mêmes sociétés avec quelques spécialistes, dont Thales ou encore FMCS.
Maintenant que les feux sont au vert pour avancer concrètement sur la feuille de route, il faudra patienter jusqu’à 2040 pour voir cet ensemble interconnecté prendre l’air. Cette échéance est déjà très optimiste.
