14/06/2023. Comment voit la coquille Saint-Jacques ?

La coquille Saint-Jacques européenne Pecten maximus, vit habituellement dans les eaux tempérées de la Manche. Elle présente une singularité peu connue : elle dispose implantée tout long de son « manteau » ( l’organe qui entoure les tissus mous de la coquille Saint-Jacques, et qui sécrète sa coquille externe) d’une rangée d’« ocelles », des yeux élémentaires de couleur bleu-vert. Elle en possède environ 200. https://theconversation.com/cette-coquille-saint-jacques-vous-regarde-167727

Les biologistes ont longtemps considéré que les ocelles d’une coquille lui permettaient de capter les différences de luminosité dans son milieu ambiant, au mieux certains mouvements lents. Récemment, les résultats d’une étude menée par des chercheurs israéliens ont prouvé que les ocelles de la coquille présentent une complexité remarquable par comparaison à l’œil humain.

Ces yeux élémentaires sont dotés ainsi à la fois d’une lentille et d’un miroir concave, tel un télescope, qui focalisent les sources de lumière sur une double rétine permettant la création d’images complexes. La première rétine réagirait à des éléments relativement sombres et en mouvement, déclenchant des réflexes de défense ou de fuite. Les images produites par la seconde rétine restent quant à elles plus énigmatiques pour l’instant, mais on sait qu’elles concernent davantage la périphérie du champ de vision : elles pourraient fournir des informations utiles pour contrôler et guider les mouvements de la coquille Saint-Jacques lorsqu’elle se déplace rapidement, par hydropropulsion, ou encore lui permettre d’évaluer les caractéristiques statiques de son habitat.

Source

SCIENCE VOL. 358, NO. 6367
The image-forming mirror in the eye of the scallop 

We typically think of eyes as having one or more lenses for focusing incoming light onto a surface such as our retina. However, light can also be focused using arrays of mirrors, as is commonly done in telescopes. A biological example of this is the scallop, which can have up to 200 reflecting eyes that focus light onto two retinas. Palmer et al. find that spatial vision in the scallop is achieved through precise control of the size, shape, and packing density of the tiles of guanine that together make up an image-forming mirror at the back of each of the eyes.

Abstract

Scallops possess a visual system comprising up to 200 eyes, each containing a concave mirror rather than a lens to focus light. The hierarchical organization of the multilayered mirror is controlled for image formation, from the component guanine crystals at the nanoscale to the complex three-dimensional morphology at the millimeter level. The layered structure of the mirror is tuned to reflect the wavelengths of light penetrating the scallop’s habitat and is tiled with a mosaic of square guanine crystals, which reduces optical aberrations. The mirror forms images on a double-layered retina used for separately imaging the peripheral and central fields of view. The tiled, off-axis mirror of the scallop eye bears a striking resemblance to the segmented mirrors of reflecting telescopes.


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