Le spatial a-t-il un rôle bénéfique pour la construction européenne ?
Un consortium européen regroupant 16 entreprises et personnalités provenant de 13 pays européens vient d’être créé après appel à candidature sous le nom de IMAGINE
Son objectif est d’évaluer comment une utilisation judicieuse des activités futures permises par l’exploitation de l’espace sous- orbital ou de l’espace super orbital pourrait permettre de développer des politiques assurant une meilleure intégration européenne et la diminution des inégalités territoriales et politiques
Quatre scenarios visant l’année 2048 et impliquant l’espace profond ont été envisagés pour permettre la réduction de ces inégalités. Un premier scenario nommé Silver Citadel postule qu’en 2048 l’Europe a réussi à former un seul ensemble géopolitique. Le populisme a cédé la place à une solidarité paneuropéenne. Les politiques sont proposées par des systèmes d’Intelligence Articielle intégrés . L’Europe a réussi, face aux Etats-Unis, à la Chine et la Russie, à devenir un acteur spatial de premier plan. La protection de l’environnement terrestre est devenue sa priorité. Les industries et activités polluantes sont reléguées dans des stations spatiales en orbite proche ou au delà. Mais pour que ces politiques profitent à tous, le système central de gouvernement par l’IA doit permettre aux régions les moins favorisées de s’exprimer et d’être entendues.
Le second scenario, nommé Green Guardian, tient compte du fait que les catastrophes climatiques en cours doivent mettre en priorité le soutien aux activités de survie. En ce sens, les zones urbaines doivent faire de plus en plus de place à des campagnes maintenues vertes artificiellement. Les économistes ne doivent plus mettre en priorité le profit mais un bien-être partagé. Dans ce cas les technologies satellitaires prennent une importance croissante. C’est notamment le cas des centrales nucléaires spatiales. En contrepartie, l’accès à l’espace des région les moins favorisées doit être garanti.
Dans le troisième scenario, dit Silicon Scaffold, l’Union européenne est de plus en plus divisée entre autorités régionales et locales.Des corporations transnationales assument l’essentiel des responsabilités gouvernementales. Les individus peuvent choisir d’être citoyens d’institutions numériques privées localisées dans l’espace profond. De nouvelles inégalités naissent des différences de capacités digitales entre les acteurs.
Enfin, dans le quatrième scenario, Patchwork Rainbow les régions et villes les riches font montre d’un égoïsme fondamental. Elles ne partagent pas leurs possibilités d’accès et de vie dans les nouveaux espaces numériques. Dans les régions les moins favorisées on constate la persistance d’industries lourdes et d’une agriculture intensive. L’accès à l’espace et la possibilité d’y externaliser leurs activités les plus polluantes sont réservés aux plus riches.
