Il n’avait ni patte ni ailes Il ressemblait plutôt à une grosse éponge transparente. C’était le cténophore dit aussi comb Jelly
La question de savoir quelle était la première espèce complexe à abandonner le milieu marin pour vivre durablement sur terre vient de recevoir une réponse de chercheurs de l’université de Californie (États-Unis) et de l’université de Vienne (Autriche). Ils ont publié leur découverte dans la revue Nature, le 17 mai 2023 par un article dont nous republions ci-dessous les références et l’abstract.
Selon eux, cette espèce marine carnivore est apparue sur Terre il y a un demi-milliard d’années et s’y serait développée. Elle est plus souvent connue sous le nom de Comb Jelly
Les cténophores se déplacent à l’aide de leurs cils Ceux-ci sont répartis en rangées et diffractent la lumière qu’ils reçoivent. Selon leur position, ils font apparaître différentes couleurs par iridescence (comme on peut en voir apparaître sur une bulle de savon). Certaines espèces (il en existe 200 au total) émettent directement de la lumière par bioluminescence.
Pour arriver à la conclusion que les cténophores étaient les premiers animaux à avoir vécu sur Terre, les chercheurs ont étudié la structure de leurs chromosomes. Cela les a notamment conduits à comprendre qu’ils étaient apparus avant les éponges, des invertébrés qui jusque-là passaient avant les cténophores dans l’ordre animal.
Selon les scientifiques, la génomique de ces derniers se rapproche davantage de celle des non-animaux. Ils se seraient donc ramifiés avant que les réarrangements ayant mené aux éponges ne se produisent
Référence
Published: 17 May 2023
Ancient gene linkages support ctenophores as sister to other animals
- Darrin T. Schultz,
- Steven H. D. Haddock,
- Jessen V. Bredeson,
- Richard E. Green,
- Oleg Simakov &
- Daniel S. Rokhsar
Nature volume 618, pages 110–117 (2023)
Abstract
A central question in evolutionary biology is whether sponges or ctenophores (comb jellies) are the sister group to all other animals. These alternative phylogenetic hypotheses imply different scenarios for the evolution of complex neural systems and other animal-specific traits1,2,3,4,5,6. Conventional phylogenetic approaches based on morphological characters and increasingly extensive gene sequence collections have not been able to definitively answer this question7,8,9,10,11. Here we develop chromosome-scale gene linkage, also known as synteny, as a phylogenetic character for resolving this question12. We report new chromosome-scale genomes for a ctenophore and two marine sponges, and for three unicellular relatives of animals (a choanoflagellate, a filasterean amoeba and an ichthyosporean) that serve as outgroups for phylogenetic analysis. We find ancient syntenies that are conserved between animals and their close unicellular relatives. Ctenophores and unicellular eukaryotes share ancestral metazoan patterns, whereas sponges, bilaterians, and cnidarians share derived chromosomal rearrangements. Conserved syntenic characters unite sponges with bilaterians, cnidarians, and placozoans in a monophyletic clade to the exclusion of ctenophores, placing ctenophores as the sister group to all other animals. The patterns of synteny shared by sponges, bilaterians, and cnidarians are the result of rare and irreversible chromosome fusion-and-mixing events that provide robust and unambiguous phylogenetic support for the ctenophore-sister hypothesis. These findings provide a new framework for resolving deep, recalcitrant phylogenetic problems and have implications for our understanding of animal evolution
