Le terme d’Hindenburg disaster désigne l’incendie qui détruisit complètement le 6 mai 1937 à Manchester Township (Etats-Unis) le ballon dirigeable allemand LZ 129 Hindenburg . Celui-ci était le plus grand et le plus lourd des dirigeables transatlantiques, construit par la Zeppelin Company (Luftschiffbau Zeppelin GmbH) et visant à concurrencer les paquebots sur la traversée de l’Atlantique Nord. Il prit feu en s’amarrant sur son mât d’accostage. L’accident fut responsable de 35 morts (13 passagers et 22 hommes d’équipage) sur les 97 personnes à bord. Il attira l’attention du monde entier sur le caractère explosif de l’hydrogène (dihydrogène) et la nécessité de le remplacer par d’autres gaz, notamment l’hélium, dans les « plus légers que l’air ».
Aujourd’hui l’hydrogène n’a rien perdu de sa dangerosité. Mais ses avantages sont tels que certains lui prédisent de devenir le carburant de demain. Trois grandes méthodes sont prévues pour le produire.
La plus connue est l’électrolyse de l’eau. Elle reste la plus efficace à l’échelle industrielle. La plupart des électrolyseurs sont de type alcalin, utilisant la potasse ou la soude comme électrolyte conducteur. L’électrolyse par membrane échangeuse de proton (PEM) offre une alternative. Elle utilise une membrane polymère qui joue à la fois le rôle de séparateur de gaz et d’électrolyte (voir https://www.hydrogene.discoverthegreentech.com/production-hydrogene/electrolyse/electrolyse-pem/
Selon un rapport de l’ONG International Council on Clean Transportation de 2020, l’électrolyse de l’eau devrait devenir un partenaire idéal des énergies renouvelables, intermittentes par définition. On envisage aussi l’électrolyse de la vapeur d’eau à haute température 700-800°. Un démonstrateur a été récemment installé à Rotterdam par la sociéte Sunfire en collaboration avec le CEA et Engie
Vient ensuite l’extraction de l’hydrogène naturel, qui correspondrait en importance, selon ses promoteurs, à l’extraction du pétrole. La société Natural Hydrogen Energy exploite un premier puits dans le Nebraska. Elle reste discrète à ce sujet, mais selon elle l’enjeu serait aussi important que ceux de l’énergie pétrolière au 20e siècle. En France, plusieurs sites ont été identifiés, notamment dans la région Nouvelle Aquitaine. L’hydrogène naturel s’y trouve souvent associé avec de l’hélium naturel.
Les cellules photoélectrochimiques constitueront une troisième source de production d’hydrogène décarboné. Elles utiliseront de l’énergie solaire recueillie en abondance par des panneaux photovoltaiques afin d’alimenter des photoélectrodes procédant à l’électrolyse de l’eau.
Une quatrième filière qui ne manquera pas de combustible consistera à chauffer des déchets divers ou de la biomasse à 100° dans une atmosphère appauvrie en oxygène. On parle de pyrogazéification. On obtient ainsi du méthane et de l’hydrogène. A Strasbourg le procédé alimente ainsi en hydrogène des bus urbains. Le sous produit est appelé le biochar et permet d’enrichir des sols en carbone.
Dans le même temps un réseau de distribution de l’hydrogène commence à se structurer au plan national entre les zones de consommation et les zones de production. Il pourra utiliser dans un premier temps des canalisations de gaz naturel reconverti.
