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16/07/2021 A quoi sert le Parlement Européen?

Selon son statut le Parlement européen comprend 705 députés élus au suffrage universel direct. Il comporte 27 commissions. Durant les séances plénières, les députés votent les lois européennes et prennent position sur des questions intéressant les politiques européennes.

Ceci ne doit pas faire illusion. Le Parlement européen est l'organe le moins puissant de l'Union européenne, moins puissant que la Commission, le Conseil et la Cour de justice. Il ne remplit aucune des fonctions d'un vrai parlement, celui de soutenir un gouvernement au pouvoir tout en le soumettant au contrôle démocratique.

Sa vraie fonction est ailleurs : il est censé donner une façade démocratique à une Union européenne qui est fondamentalement bureaucratique. Son impuissance explique son intérêt disproportionné pour les affaires étrangères. Incapable de peser sur les vraies décisions prises au niveau européen, il entreprend une activité de substitution en votant, à chaque plénière, des textes sur d'autres pays du monde sur lesquels il a encore moins de pouvoir qu'en Europe, voire aucun.

Cette semaine c'est l'Afghanistan, Cuba, le Sri Lanka, le Maroc, la Biélorussie et,la Russie qui seront condamnés. Les Nations unies et les Etats-Unis feront aussi l'objet de débats et de votes. Mais toutes ces résolutions et condamnations sont parfaitement inutiles. Nul gouvernement n'en tient compte.

Dans les dossiers concernant la Russie, seuls s'expriment avec un minimum de fermeté les eurodéputés polonais et baltes. On ne trouve jamais une résolution sur la Russie rédigée ou proposée par un Allemand ou un Français, bien que ces pays aient leur propre vision des rapports euro-russes qui est différente de celle des Polonais et Baltes sous contrôle américain.

Dans le monde réel, ce sont les grandes puissances qui prennent les décisions, Paris et Berlin en premier lieu. Concernant les dossiers russes, le Parlement montre une impuissance jugée par beaucoup comme suspecte. La résolution du mois dernier qui appelait à un changement de régime en Russie illustre bien ce problème. Elle a été rédigée par un ancien premier ministre lituanien, Andris Kubilius, qui consacre la totalité de son activité parlementaire au combat médiatique contre l'Etat russe.

Le caractère illusoire d'une grande partie de l'activité du Parlement européen est bien mise en exergue par la résolution de Andris Kublius, qui sera votée en commission en juillet et en plénière plus tard cette année. Dans son texte, Kubilius exhorte le Parlement européen à ne pas reconnaître les résultats des élections législatives russes qui auront lieu en septembre.

Ressortissant balte, Kubilius sait parfaitement que la non-reconnaissance par les puissances occidentales de l'annexion des pays baltes par l'URSS après la Seconde Guerre mondiale n'a eu absolument aucun effet sur la réalité de cette annexion, pas plus d'ailleurs que les décisions du même Parlement européen consistant à reconnaître Juan Guaido comme président du Venezuela en 2019, ou de ne pas reconnaître Alexandre Loukachenko comme président biélorusse l'an dernier.

Dans la question sensible du gazoduc Nord Stream 2 permettant aux pays européens d'importer du gaz russe, le Parlement combat avec acharnement ce gazoduc, alors même que le gouvernement américain semble sur le point d'abandonner son opposition à celui-ci. Si le gazoduc est terminé, comme cela semble maintenant probable, il livrera du gaz aux Européens alors que leur Parlement s'y sera toujours opposé.

16/07/2021

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