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Concevoir des robots capables d'apprendre seuls à devenir intelligents

Les vidéos diffusées par la firme américaine Boston Dynamics, spécialisée dans la création de robots, ont stupéfié des millions de personnes. On y voit des robots quadrupèdes ou bipèdes, sur le mode humain, accomplir différentes tâches plus complexes les unes que les autres.

Pour le robot bipède, la plus remarquable est la marche. La bipédie a été acquise par les premiers australopithèques après des millions d'années d'évolution.

Elle met en effet un œuvre une somme considérable de muscles, de nerfs et de commandes nerveuses, dont certaines ne sont pas encore complètement comprises. Mais ces robots font bien plus que marcher, Ils montent par exemple des escaliers, ouvrent et referment seuls des portes, ramassent un objet à terre. Aussi remarquables que soient ces exploits, ils sont télécommandés par un opérateur humain, proche ou distant. Celui-ci il est vrai ne donnent que des ordres globaux, monter, tourner, mais seuls les robots seraient incapables de le décider pour leur compte.

Boston Dynamics, qui travaille, la chose à noter, pour la défense, veut aller plus loin. Les robots, dit Marc Raibert, fondateur de l'entreprise, ne seront vraiment devenus intelligents sur le mode humain, que lorsqu'ils ils sauront faire ce que sait faire très tôt un jeune enfant, imiter un adulte ou prendre seuls des décisions même simple telles que ramasser un jouet qu'ils ont laissé tomber au sol.

Dans l'immédiat, ils devront faire des travaux trop risqués ou dans des sites inaccessibles par un humain. A terme, dans les 20 prochaines années au plus tard, ils devront se comporter seuls comme un secouriste humain en cas de désastre, ce qui suppose de nombreuses initiatives à prendre. Au combat (ce sur quoi Boston Dynamics ne donne pas de détails), ils devront pouvoir relayer soit remplacer des combattants humains. Plus pacifiquement, ils devront se comporter dans des habitats un peu luxueux comme de véritables maîtres d'hôtel, décidant seuls de tout ce qu'il convient de faire.

Pour tout ceci, ils devront être dotés de ce que l'on nomme l'intelligence générale. Il sera impossible de faire écrire par des humains les milliards d'instructions nécessaires aux robots dans cette perspective. Les chercheurs du laboratoire de Sergey Levine à Berkeley sont en train d'en développer les prémisses. Ils se sont donné deux stratégies. La première est l'apprentissage par l'imitation. Le robot doit apprendre à imiter seul les tâches simples qu'il voit faire par un humain. La seconde est l'apprentissage par renforcement ( reinforcement learning). Le robot doit apprendre à prédire ce que sera la conséquence d'une action simple qu'il sait déjà faire, s'il est obligé à l'accomplir dans des circonstances plus difficiles. S'il y réussit, il mémorisera ce qu'il a appris afin d'y avoir recours dans de nouvelles tâches. Le tout devra se faire sans l'intervention d'un opérateur humain.

Actuellement, ce sont des robots placés dans le laboratoire et ne s'y déplaçant pas qui commencent à apprendre tout ceci. L'objectif, on le conçoit, est d'obtenir des robots bipèdes et dotés de mains artificielles, leur permettant évoluer et de travailler seuls en dehors du laboratoire. Ceci est en cours. La nécessité d'obtenir des robots du type dit humanoïde est essentielle. Si l'on veut qu'ils apprennent à se comporter comme des humains, ils doivent leur ressembler le plus fidèlement possible.

Il va sans dire que les chercheurs en psychologie et sciences cognitives restent sceptiques. Il ne sera jamais possible d'obtenir des créatures disposant de capacités intelligentes analogues à celles que les h.sapiens ont mis des milliers d'années à acquérir.

Références

Wikipedia Boston dynamics

Video Le robot Atlas

Video Autres robots de Boston Dynamics

Voir aussi vidéos diffusées par Boston Dynamics

Note au 03/03
Alain Cardon écrit

La seule façon de définir des systèmes intelligents est de construire
un système psychique artificiel, avec une mémoire organisationnelle,
un proto-soi et un soi qui traite et ressent les émergences produites
valant pour des représentations, et essentiellement en se basant sur
les concepts développés et produits par le langage. C'est le langage
développé par les humains dans sa structure cérébrale qui a permis de
passer du singe aux sapiens qui pensent, qui planifient leurs actions
à toutes les échelles, en utilisant sans cesse des mots et des phrases
sur ses émotions et ses appréhensions sensibles. Il y a toutes les
abstractions, tous les concepts, toutes les manipulations
conceptuelles et tous les raisonnements dans le langage humain qui
fait être l'humain et les sociétés humaines.
Et on étudie depuis 50 ans en IA les modélisations cognitives utilisant des mots, des phrases
et des raisonnements, pour les programmer et faire des systèmes qui
déduisent, qui planifient, qui contrôlent et qui s'améliorent
d'eux-mêmes. Il est temps que les scientifiques qui font des
recherches fondamentales en IA disent bien où on en est dans ce type
de modélisation profonde et très puissante, et ne plus se limiter aux
robots de type infantile qui font des petites actions et qui
augmentent lentement leurs petites aptitudes et qui sont
principalement des objets commerciaux. On n'en est plus là. Et tous
les systèmes informatisés sont communicants par réseau, un robot isolé
ça n'existe plus vraiment et la corporéité d'un système robotisé est
augmentable sans problème pendant qu'il fonctionne. Et faire un
système qui pense c'est faire un méta-système de systèmes qui pensent
et communiquent ensemble en utilisant une corporéité considérable et
qui sont, en quelque sorte, télépathes grâce aux réseaux hertziens.

02/02/2019


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