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La France: un régime à parti unique

L'on s'est souvent moqué en France des régimes se disant démocratiques mais n'autorisant qu'un seul parti. Même si quelques petits partis marginaux peuvent subsister, seul le parti majoritaire est autorisé par le pouvoir central à parler au nom du peuple. Ce fut le cas du parti national- socialiste dans l'Allemagne nazie. Une telle situation est encore fréquente dans de nombreux pays. Ce sont les régimes communistes qui en donnent le plus d'exemple, la Chine et malgré quelques atténuations récentes, la Russie actuelle en tout premier lieu.
Les constitutionnalistes dans ces pays expliquent que l'objectif n'est pas d'imiter un régime parlementaire à l'occidental, critiqué pour son impuissance, mais doter le pouvoir central d'un minimum de correspondants dans le corps politique, afin d'éviter qu'il ne se transforme en dictature. Le parti dit communiste y dispose d'assez de liberté pour exercer un certain contre-poids face aux institutions gouvernementales.

Manifestement, c'est dans un système de cette nature que la France est en train de se transformer. Le président de la République, Emmanuel Macron, entend désormais se doter à lui seul des trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Il autorisera cependant des « représentants du peuple » choisis par lui et soigneusement contrôlés à partager la préparation à certaines décisions, l'exécution de celles-ci ne lui échappant évidemment pas.

C'est le parti dit République en Marche (REM) qui jouera désormais ce rôle d'alibi, pour ne pas parler d'idiot utile. Macron n'a eu aucun mal à garnir REM de nombreux parlementaires recrutés parmi les anciens partis, si grand est l'attrait du pouvoir. Quant aux nouveaux venus, ils n'oublieront pas de qui ils ont tenu leurs avantages. Ils ne feront rien pour se mettre en travers de l'action présidentielle.

La nouvelle majorité ne sera pas là pour présenter des idées ou un programme, mais seulement pour se mettre au service d'Emmanuel Macron et de ce qu'il faut bien appeler sa clique.

Macron, qui t'a fait roi?

Pour paraphraser Augustin nous pourrions demander à Macron « Quid regem fecit? ». Pour nous, comme déjà exposé ici, ce ne furent pas ses talents, aussi grands et indéniables soient-ils, qui lui ont permis d'accéder au pouvoir qu'il exercera désormais sur la France. Ce ne furent pas non plus les indéniables erreurs et défauts caractériels ayant handicapé ses concurrents les plus sérieux, au sein de la France Insoumise et du Front national, responsables du nombre considérables d'abstentions, c'est-à-dire du refus du combat.

Ce furent les représentants français du grand capital financier international, comme ceux soumis au contrôle de l'Etat profond américain pour qui la France, encore trop réticente aux injonctions de l'Union européenne et de Washington, représentait un obstacle à faire disparaitre.

Ils y ont finalement réussi en portant pour 5 ans Macron et la REM au pouvoir. On ne voit pas qui aujourd'hui pourrait s'opposer à leur dessein. Cinq ans c'est long, et c'est en tous cas suffisant pour faire disparaître tout ce qui restera d'opposition en France, y compris dans les « réseaux sociaux »





22/06/2017


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