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Maduro réélu au Vénézuela

Le 20 mai 2018 se tenait l'élection présidentielle vénézuélienne.  Nicolas Maduro a remporté 67,7% des suffrages, Il est donc largement en tête devant son principal opposant, Henri Falcon, qui a obtenu 21,2% des voix.

L'élection a de fait été marquée par un fort taux d'abstention – environ 52%, le plus important depuis 1958. Selon le décompte officiel, le président sortant a obtenu 5 823 728 suffrages sur 8 603 936 de votes. Le scrutin s'est déroulé alors qu'une partie de l'opposition avait appelé au boycott. Nicolas Maduro  a donc obtenu 5 823 728 suffrages sur 8 603 936 de votes.

Comme il fallait s'y attendre, tous les gouvernements sous l'influence des Etats-Unis, y compris la France, ont dénoncé la « dictature ». Certains ont renouvelé leur appel à des interventions y compris militaires. Nous avons nous-mêmes sur ce site indiqué que l'hostilité américaine tient principalement au fait que Maduro, comme son prédécesseur Chavez, persiste à ne pas livrer le contrôle de ses considérables gisements pétroliers et gaziers aux géants du pétrole américain.

Ceux-ci comptaient sur la prise en main du pays par une oligarchie vénézuelienne financée à grands renforts de dollars. Mais celle-ci, bien que très influente, n'a pas réussi à acheter les votes des électeurs pauvres de Caracas et autres villes, Elle a dénoncé le fait que Maduro ait acheté leurs voix en distribuant des paniers-repas aux bons électeurs.

C'est de la plaisanterie. La misère indiscutable dont souffre la société vénézuélienne tient au véritable blocus économique qui livrent l'ensemble des Etats voisins et des Etats-Unis. Aucun pays dans ces conditions ne pourrait conserver un niveau de vie correct. Le blocus s'est poursuivi jusqu'à la veille des élections.

Le 15 mai en  effet, soit cinq jours avant l'élection présidentielle, l'entreprise américaine Kellogg's fermait les portes de son usine de Maracay (ville proche de Caracas), invoquant la «détérioration économique et sociale du pays .  Le  groupe agro-alimentaire américain a précisé qu'il reviendrait «une fois que les conditions du pays le permettraient]». On ne peut pas  être plus clair. Nicolas Maduro a quant à lui dénoncé un départ visant à «effrayer le peuple» et a décidé de mettre l'usine abandonnée sous « contrôle ouvrier ». Mais ceci ne suffira pas pour recréer de l'activité.

Logiquement, la Russie ou la Chine, alliées politiques de Maduro, devrait l'aider économiquement. Mais ce ne sera pas rapidement, et non sans contreparties. Tout au plus peut-on attendre d'elles qu'elles ne laisse pas faire une intervention militaire américaine...et encore. Le Venezuela est loin géographiquement de l'Eurasie. 

Il faudrait pourtant méditer sur le sort du Brésil, récemment encore membre éminent du BRICS (B pour Brésil), et retombé sous le contrôle de l'Empire américain et de ses pétro-dollars .

Pour information, 21/05 au soir

https://francais.rt.com/international/50851-14-pays-groupe-lima-rappellent-ambassadeurs-venezuela

21/05/2018


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