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Les Big Data et l'IA feront-ils découvrir des faces actuellement cachées de l'univers ?

L'article publié en mars 2019 par Quanta magazine intitulé How Artificial Intelligence Is Changing Science et référencé ci-dessous, met l'accent sur le fait que l'utilisation des nouveaux outils d'expérimentation et d'observation à la disposition des chercheurs produisent chaque jour une véritable avalanche de terabytes de données (Big Data)

Ces quantités ne cessent d'augmenter. Pour les traiter et en tirer des connaissances utilisables, les chercheurs sont obligés de faire appel à l'Intelligence Artificielle (AI) et plus précisément aujourd'hui aux réseaux de neurones artificiels. Ceux-ci peuvent remplacer avec beaucoup plus d'efficacité le cerveau humain dans un nombre croissant de fonctions. Si l'humanité ne s'est pas auto-détruite dans les prochaines années, l'on pourrait espérer que les Big Data et l'AI vont dans les prochaines décennies révéler ce que l'on appeler ici des faces encore cachées de l'univers.

Il est évident qu'aujourd'hui, la science ne sait pas grand chose de ce qu'est l'univers au delà des observations expérimentales actuelles. Il en est ainsi en astronomie et à plus forte raison en cosmologie. Il est impossible de savoir si le cosmos est infini ou fini, ou simplement combien il contiendrait de galaxies et amas de galaxies au delà de celles observables. L'on sait mal encore comment il est apparu et surtout comment il finira. A une toute autre échelle, nul ne peut dire si l'univers contient ou non d'autres particules que celles recensées dans l'actuel Tableau des Particules Elémentaires.

Concernant la vie dans l'univers, même si l'on sait caractériser la Vie sur la Terre, rien ne permet encore de savoir si cette vie existe sur d'autres planètes extérieures au système solaire, ou si celles-ci hébergent des formes de vie différente. Il en est de même concernant ce que l'on nomme chez l'homme, faute de mieux, la conscience. Existe-t-il d'autres systèmes conscients sur d'autres planètes ? Certains vont jusqu'à se demander si l'univers ne serait pas intrinsèquement conscient. Cette hypothèse très intéressante ne peut évidemment pas être étudiée, faute de moyens d'observation.

On objectera que ni les Big Data ni l'IA ne peuvent aujourd'hui apporter de réponses à ces questions fondamentales. Cependant, ces méthodes scientifiques devraient permettre d'obtenir des débuts de réponse en utilisant plus efficacement les données expérimentales. Ainsi en astronomie, dans le domaine des ondes gravitationnelles, les chercheurs livrés à eux-même ne peuvent pas tirer grand parti des données dont ils disposent pour identifier les événements recensés par des détecteurs tels que LIGO et VIRGO, dès lors que ceux-ci se produisent à des intervalles aléatoires ou sont noyés dans les bruits. L'IA est au contraire capable de distinguer, dans l'ensemble des données produites en abondance chaque jour par ces détecteurs, celles qui présentent une pertinence suffisante pour permettre d'affiner les hypothèses théoriques. Il en sera évidemment de même dans tous les autres domaines de la recherche scientifique.

Bien plus, l'IA permettra de franchir ce que l'on nomme les barrières disciplinaires. Celles-ci font qu'un chercheur est enfermé dans sa discipline et n'a pas les moyens de transférer à des collègues d'autres disciplines des données ou des hypothèses pouvant les intéresser. Les chercheurs de plus en plus nombreux qui souhaitent à partir de leur propre domaine accéder à des recherches pouvant les intéresser feront appel à l'IA pour explorer avec le maximum de pertinence les résultats d'autres recherches, dès lors qu'ils auront été mis sur le web à disposition de la communauté scientifique sous forme de Big Data et de réseaux de neurones artificiels adéquats.

Il serait légitime de se représenter ces chercheurs, les Big Data produites par leurs recherches et les réseaux d'IA permettant d'y accéder et de les mobiliser comme un vaste cerveau global intelligent qui depuis quelques années se serait établi sur Terre. Si d'autres entités conscientes et intelligentes existaient dans l'univers sous forme de cerveaux globaux intelligents, à commencer dans les galaxies proches de la Voie Lactée telles qu'Andromède, elles ne manqueraient pas de les découvrir un jour et d'essayer d'entrer en contact.

Si elles avaient essayé de le faire dans les siècles passés, elles n'auraient obtenu aucune réponse et en auraient conclu que la Terre n'était pas peuplé d'êtres conscients et intelligents organisés en cerveau global puissant. Si elles essayaient à nouveau d'entrer en contact dans les prochaines décennies, et si répétons-le l'humanité, par manque global d'intelligence, ne s'était pas détruite d'ici là, elles ne pourraient pas faire les mêmes conclusions.

Référence

Quanta Magazine https://www.quantamagazine.org/how-artificial-intelligence-is-changing-science-20190311/

 

18/03/2019


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