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Ecologie. Le fromage, aussi dévastateur que la viande pour l'environnement

Ceux qui sont soucieux d'épargner à la planète les coûts considérables que représente pour les ressources terrestres la consommation de viande, sans pour autant s'astreindre à être des végétariens, pensent pouvoir faire un choix intermédiaire en consommant du fromage. Mais des études plus approfondies montrent qu'il n'en est rien.

La viande de boucherie, de plus en plus consommée dans les pays dont le niveau de vie s'élève, est considérée par beaucoup d'environnementalistes comme représentant d'abord avec l'abattage un véritable crime pour les animaux. De plus, et surtout, ils font valoir que pour élever un bœuf jusqu'à l'âge adulte, il faut consacrer des ressources considérables en aliments d'origine agricole, sans mentionner ce qui demeure comme prairies en cas d'élevage itinérant. Ces ressources auraient un bien meilleur rendement alimentaire si elles étaient consacrées à la production d'aliments consommés directement par les humains.

Certains de ceux  qui ne veulent pas s'obliger à être des végétariens absolus pensent trouver une voie intermédiaire en consommant des fromages. C'est sans doute la raison qui explique les chiffres de production de plus élevés de fromages de toutes origines dans le monde. Ceci non seulement en Europe où la consommation de fromages se répand rapidement, pour rejoindre le niveau de celle de la France, pays traditionnellement fromager, mais en Asie. Celle-ci, avec ses quelques 2 milliards et demi d'habitants, consomme de plus en plus de fromages, importés ou produits sur place.

Or un minimum de réflexion devrait montrer que pour obtenir du fromage, il faut du lait, et que celui-ci est produit par des vaches laitières. Les vaches laitières doivent évidemment être nourries avec des végétaux ou dérivés produits par l'agriculture. Elles rejettent des quantités considérables de méthane, puissant gaz à effet de serre. Quant au bien-être des animaux, c'est un mythe. Des grossesses à répétition, artificiellement provoqués, diminuent leur durée de vie des deux tiers. Elles vivent dorénavant dans de véritables usines à lait qui sont des bagnes. En fin de vie, elles sont impitoyablement abattues et vendues en boucherie. Les jeunes veaux mâles sont tués dès la naissance.

L'industrie du fromage produit aujourd'hui 22 millions de tonnes par an, contre 15 millions en 2000. Dans des pays comme la France, la consommation de fromages par personne est de 27 kg par an. Mais celle d'autres régions du monde la rejoignent rapidement. Ceci veut dire que la production de lait dans le monde, de 480 millions de tonnes en 1970, est aujourd'hui de 800 millions. Selon une étude publiée par l'Université d'Oxford et portant sur 200.000 personnes, les végétariens sont les plus grands consommateurs de fromage au monde, dépassant largement qui se nourrissent de viande ou de poisson ou qui se limitent aux produits laitiers simples tel le yoghourt.

On fera valoir que toutes les sortes de consommation de protéines ont un impact lourd sur l'environnement. Même les futures protéines de synthèse ne seront pas indemnes de reproche. Il faudrait limiter la natalité et réduire la population globale. Mais ceci ne se fera jamais à horizon de la fin du siècle, du fait notamment de la croissance démographique en Afrique sub-saharienne. C'est la prolifération de l'espèce humaine qui est responsable de la disparition des autres espèces moins consommatrices ainsi que de celle des végétaux sauvages. Faut-il rappeler que le nombre des chasseurs-cueilleurs de l'âge de pierre, selon une étude récente, s'est longtemps limité en Europe à 1.500 individus au total.

Pour en savoir plus
Voir NewScientist : The truth about cheese: The terrible costs of our favourite food.

PS.
Nous n'avons pas ici connaissance d'études de même nature concernant les régimes alimentaires basés sur la volaille et les oeufs. Ceux-ci sont très répandus en Afrique et en Asie. Mais on ne voit pas a priori en quoi ils seraient plus favorables pour l'environnement que ceux mentionnés dans cet article.

 

 

19/02/2019


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