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Mariage Renault-Nissan et Fiat-Chrysler : victoire ou défaite française ? 

L'annonce de cette fusion, présentée comme un « mariage entre égaux » ne devrait tromper personne. Il s'agit d'un nouvel échec de la France, coupable de n'avoir pas de politique industrielle en soutien de ce qui lui reste de très grandes entreprises.

Ce reproche majeur doit d'abord être adressé à Emmanuel Macron, qui a laissé faire, sinon encouragé cette opération.

Elle est présenté comme ambitionnant de créer un leader de l'automobile, le futur groupe devenant le troisième constructeur mondial, ayant dit-on ainsi atteint la « taille critique », notion qui n'a pas de sens précis. D'ores et déjà cependant, la fusion entraînera d'importantes suppressions d'emplois en France. Bruno le Maire, ministre de l'Economie, prétend « exiger » des garanties de l'emploi. Mais il ne disposera d'aucun moyen pour faire aboutir cette exigence.

On dit que l'opération ouvrirait le marché américain à Renault. C'est une plaisanterie quand on connaît la politique protectionniste de Donald Trump, dont beaucoup d'électeurs se recrutent dans le secteur automobile, déjà de toutes façons occupé par Chrysler. Par ailleurs Renault n'est guère en mesure aujourd'hui de défendre ses intérêts, ayant du mal à sortir de l'affaire Carlos Gohn. Il faut rappeler que ce dernier, ayant une vision gagnante pour l'entreprise française, a été au prétexte de ne pas intervenir dans les procédures judiciaires japonaises, parfaitement abandonné par le gouvernement français. Or il avait eu un différent grave avec Emmanuel Macron du temps où celui-ci était ministre de l'Économie et avait imprudemment décidé sans l'accord de Carlos Gohn une montée en capital de l'Etat français dans le capital de Renault Nissan.

On a tout lieu de craindre en fait que Renault ne subisse le sort des Chantiers de l'Atlantique STX, dont l'italien Fincantieri est parvenu à prendre le contrôle avec le concours de l'État français. Il faut rappeler aussi que Lafarge, leader mondial du béton, avait été racheté par son concurrent suisse Holcim. De même Technip l'a été par son jeune concurrent américain FMC Technologies, sans oublier l'ex-géant mondial des télécoms, Alcatel-Lucent, racheté en bourse avant d'être démantelé par le finlandais Nokia, alors en perte de vitesse.

Là aussi, le ministre de l'Économie de l'époque, Emmanuel Macron, avait pour des raisons peu claires laissé faire, sinon encouragé ces opérations.

30/05/2019


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