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JCPOA. La Chine attend avec impatience le retrait des Européens

Aujourd'hui tout laisse craindre que les signataires européens du JCPOA (accord sur le non prolifération du nucléaire iranien), soit l'Allemagne, la France et la Grande Bretagne, cèdent au chantage de Trump :  ou bien vous dénoncez comme moi cet accord, ou vous exposerez à nos sanctions.

 Ceci veut dire que les entreprises européennes qui continueraient à investir en Iran et y commercer seraient nécessairement "sanctionnées" par les Américains Il s'agirait d'abord de  l'interdiction d'opérer aux Etats-Unis, mais aussi d'encourir des amendes considérables si ces mêmes entreprises, où que ce soit, utilisaient le dollar  comme moyen de paiement international – ce qu'elles font toutes. Il s'agit du privilège dit d'extraterritorialité que s'est arrogé Washington pour imposer ses choix politiques aux entreprises non-américaines.

Les entreprises européennes directement visées sont non seulement Airbus, Daimler ou Total (dans le marché considérable du pétrole et du gaz) mais des dizaines de PME ayant décidé de profiter de l'ouverture du marché iranien pour y entrer. Nous avions précédemment montré 1) que personne aux Etats-Unis ne prend au sérieux les propos de certains responsables européens concernant leur volonté de rester dans le JCPOA. Le choix entre le vaste marché américain et le petit marché iranien est tout fait.

Rohani à Moscou et Pékin

Actuellement le premier ministre iranien Hassan Rohani cherche à s'assurer du maintien des signataires dans le JCPOA. Il a pris contact avec les gouvernements européens concernés, sans recevoir de garanties concluantes. Mais il a été ou sera prochainement à Moscou et Pékin, autres signataires du JCPOA.

Rohani est réaliste. Il sait que si pour le moment les perspectives de commerce entre l'Iran, la Russie et la Chine sont modestes, elles deviendront sous peu considérables, dès lors que les entreprises européennes auront été obligées de se retirer 2). Ceci tient principalement à la volonté de la Chine de devenir un partenaire majeur de Téhéran, tant à l'exportation qu'à l'importation.

A l'exportation, les entreprises chinoises sont prêtes à fournir le marché iranien. Ainsi dans le domaine de l'industrie aéronautique où les appareils chinois seront rapidement équivalents en qualité et en prix à ceux d'Airbus. A l'importation, la Chine se dit preneuse de tout ce que pourra fournir l'Iran notamment dans les domaines de l'énergie, des matières premières et de l'agriculture.

Par ailleurs, comme l'a récemment rappelé Vladimir Poutine, Russie et Chine pourront rapidement commercer avec l'Iran non plus en dollars mais dans une monnaie de compte commune qui pourra facilement être mise en place.

Tout ceci montre que si l'Europe veut continuer à se suicider en acceptant de se soumettre indéfiniment aux volontés américaines, la Russie et la Chine n'attendent que cela.

Notes

1) http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=3033&r_id=&t=Trump.%20Les%20menaces%20de%20r%E9torsion%20europ%E9enne%20font%20bien%20rire%20outre-Atlantique

https://russia-insider.com/en/europe-may-fold-china-and-russia-see-opportunity/ri23472

 

16/05/2018


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