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L'Iran désormais décidée à courir le risque d'une guerre avec les Etats-Unis

En abattant un drone de l'US Navy envoyé manifestement dans son espace aérien pour surveillance, l'Iran a décidé qu'elle ne voulait plus se soumettre à la guerre économique imposée par Washington qui tente de bloquer ses exportations de pétrole et qui menace de sanctions les entreprises et les pays souhaitant continuer à négocier avec Téhéran.

Même si ce blocus n'est pas absolu, du fait que les pays du Moyen-Orient allés de l'Iran refusent en principe de s'y soumettre, il exerce des effets dévastateurs sur l'économie iranienne et suscite, en Iran même, une opposition de plus en plus vive au président Rohani dit modéré, notamment parmi les « Gardiens de la Révolution » inscrits par Washington sur la liste des organisations terroristes.

Donald Trump savait sans doute qu'en autorisant le survol de l'Iran par ce drone, il obligerait cette dernière, et plus particulièrement les Gardiens de la Révolution, soit à continuer de se soumettre, soit à réagir sur un plan militaire. C'est cette dernière solution qui vient d'être retenue par Téhéran en abattant le drone et en s'en cachant pas.

En fait, l'Iran a tout intérêt à pousser les Etats-Unis à des interventions militaires contre ses sites stratégiques. Les Iraniens savent très bien que, même si les « faucons » de la Maison Blanche font tout leur possible pour pousser Donald Trump à cette guerre, celui-ci ne la déclarera pas. Engagé dans la campagne électorale pour sa réélection, il serait politiquement suicidaire pour lui qu'une telle guerre entraîne la mort de quelques uns des militaires américains présents au Moyen-Orient.

De plus, l'Iran qui contrôle grâce de nombreuses petites unités navales bien entraînées tout le trafic pétrolier dans le Golfe Persique, déciderait inévitablement d'attaquer ces pétroliers à titre de riposte, sans mentionner des attaque directes contre les sites pétroliers. La crise dans l'approvisionnement en pétrole de l'Occident en résultant, serait inévitablement reprochée à Trump.

Par ailleurs les alliés de l'Iran dont celle-ci dispose au Liban, en Syrie, en Irak, au Yémen et en Afghanistan ont déjà fait savoir qu'ils réagiraient par des actes de guerre contre les Etats-Unis et ses propres alliés au Moyen-Orient, notamment l'Arabie saoudite, en cas de guerre totale provoquée par Washington dans la région. Enfin Donald Trump n'ignore pas qu'en s'en prenant militairement à l'Iran, il entraînerait comme Moscou l'a toujours assuré une réplique militaire des Russes, pouvant dégénérer en guerre mondiale.

Dans ces conditions, il a été surprenant de voir Donald Trump avec l'affaire du drone courir le risque d'une réponse militaire des Iraniens. Le rétropédalage auquel vient de se livrer Trump n'a par contre rien de surprenant. Seuls les faucons de la Maison Blanche le lui reprocheront.

Par contre, le président américain sait désormais qu'en poursuivant le régime des sanctions économiques contre l'Iran, sans compter divers actes militaires d'hostilité, il risquerait de provoquer l'entrée en guerre de Téhéran, avec toutes les conséquences que nous avons évoquées ci-dessus. Le bon sens voudrait qu'il reprenne le chemin de relations diplomatiques normales avec ce que certains nomment sans excès de sympathie  le « régime des Mollahs ».

P.S. Rappelons que le RQ-4C, dernière version du Global Hawk, est un appareil de la taille d'un Boeing 737, coûtant  plus de $200 millions et considéré comme le système aérien d'intervention le plus avancé de l'arsenal américain

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US Navy RQ-4A Global Hawk . Il ne s'agit pas des dernières versions, telle le RQ-4C. 

Note

Bon article précisant que les Etats-Unis ne peuvent pas faire grand chose militairement contre l'Iran
https://theduran.com/what-real-options-does-the-united-states-have-versus-iran/

 

22/06/2019


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