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TOTAL au Yamal

Le français Total développe avec la Russie l'exploitation du champ gazier géant du Yamal, en Sibérie arctique. L'enjeu est à la fois énergétique, technologique et géopolitique

La Conférence de Paris du 12 décembre 2017, dite One Planet Summit, a mis l'accent sur la contribution possible future des groupes industriels et financiers au développement des énergies renouvelables. On ne sait encore ce qui sera fait réellement parmi les nombreuses promesses et annonces évoquées.

Il est dommage cependant que lors de cette Conférence, l'accent n'ait pas été mis suffisamment sur les réalisations en cours du groupe énergétique français Total concernant l'exploitation du champ de gaz naturel géant du Yamal, en Sibérie arctique russe. Total est associé pour ce faire avec les groupes(50,1 %), Total (20 %), CNPC (20 %) et Silk Road Fund (9,9 %)

On rappellera que dans la lutte contre le réchauffement climatique, la substitution de gaz naturel au charbon et au pétrole encore abondamment utilisés jouera dans l'immédiat un rôle aussi important que les investissements dans le domaine des énergies renouvelables.

Il est évident que rien ne pourra dans les prochaines années freiner la demande d'énergie, notamment dans des pays très peuplés et en pleine croissance comme la Chine et l'Inde. Or pour le moment, ils font encore massivement appel à leurs gisements de charbon. En complément du charbon, ils importent du pétrole. Le charbon comme le pétrole sont de grands producteurs de CO2, gaz à effet de serre majeur.

L'utilisation de gaz naturel liquéfié, dit GNL ou LNG dans le jargon, permet de diminuer massivement le recours au charbon et au pétrole. La combustion du LNG produit certes du CO2 mais dans un moindre proportion que les autres sources d'énergie fossile. De plus elle génère moins de déchets et troubles environnementaux, tant en extraction qu'en transport. Elle est donc à encourager.

Concernant Yamal LNG, Total indique sur le site référencé ci-dessous que, lancé fin 2013, celui-ci est l'un des projets de LNG parmi les plus grands et les plus complexes au monde. Il fait également partie des plus compétitifs car bénéficiant des immenses ressources gazières à terre de la péninsule de Yamal en Russie. C'est avec les partenaires de Total, le russe Novatek et les chinois CNPC et Silk Road Fund, que ce gisement de gaz et de condensats de South Tambey bénéficiera des investissements prévus.

Ce projet vise à exploiter plus de 4 milliards de barils équivalent pétrole de réserves gazières. Pour ce faire, ce sont plus de 200 puits qui ont été forés et trois trains de liquéfaction d'une capacité de 5,5 millions de tonnes chacun qui ont été construits. Près de 16,5 millions de tonnes de LNG transiteront, chaque année, par le port de Sabetta. Toute la production est vendue à des clients européens et asiatiques, via des contrats de 15 à 20 ans.

Même si Total n'a pas la maitrise complète du projet, il y apporte des ressources notamment  en technologie et en prospection des marchés qui lui donnent un rôle directeur, très bien admis par le Kremlin. Le défi de Yamal LNG est triple. En terme de forage, il faut mettre au point des puits qui demeurent stables malgré les mouvements du permafrost. En termes de transport, il faut construire des méthaniers congélateurs brises glace de grande puissance, pouvant se déplacer de façon autonome. C'est ce que Total a fait avec le Christophe de Margerie (image) en cours d'essais, qui sera suivi d'autres.

Géopolitique. Un exemple à suivre

Mais c'est en terme de géopolitique et de diplomatie que le défi était le plus grand. Il fallait pour Total et pour le gouvernement français en appui discret refuser de tenir compte des « sanctions » imposées par Washington à ceux qui investissaient en Russie, ceci quelle que doit leur nationalité. La diplomatie européenne commence à protester contre cette mesure, véritable diktat imposé au monde par les intérêts américains confrontés à la concurrence internationale.

Dans le cas du gaz naturel, il s'agit de protéger contre une concurrence russo-européenne les marchés des grands américains du pétrole. Ajoutons qu'un moment Washington avait aussi tenté de protéger ses exportations de gaz de schiste. Mais les réserves de celui-ci étant en baisse rapide, la priorité devient moindre.

Total et avec lui plus discrètement le gouvernement français donnent au monde une leçon qui devrait être retenue: ne tenez aucun compte des « sanctions » américaines contre la Russie et plus tard de celle que Donald Trump prépare contre la Chine. Washington est et sera incapable de les faire appliquer concrètement. Si vous acceptez de verser les énormes amendes en dollar imposées par les tribunaux américains, ne vous en prenez qu'à votre lâcheté.

Références

* Total
https://www.total.com/fr/expertise-energies/projets/petrole-gaz/gnl/yamal-lng

* voir aussi un article plus détaillé en anglais
https://www.total.com/en/energy-expertise/projects/oil-gas/lng/yamal-lng-cold-environment-gas

 

14/12/2017

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