Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Marine Le Pen

Marine Le Pen. La révélation? La participation de Marine Le Pen le 09 février à l'Emission Politique de France Inter a précisé selon nous son profil de candidate favorite aux élections présidentielles françaises.

Elle s'est montrée très a l'aise dans les débats, connaissant bien les questions, malgré quelques approximations. Elle a été respectueuse de ses contradicteurs, souriante et avenante. Sur le fond, elle a exposé un programme qui, à quelques points près, correspond aux exigences de tous ceux qui aujourd'hui voudraient voir la France sortir de la domination américaine et s'affranchir progressivement du carcan, lui aussi atlantiste, de l'Union européenne et de l'euro. Les médias, toujours très soumis aux pouvoirs actuels, lui reprochent à l'envi certains « reniements », comme en ce qui concerne le fait qu'elle refuse désormais la peine de mort. Mais il y a des reniements qui grandissent ceux (ou celles) qui acceptent de s'y livrer.

Elle n'a d'ailleurs pas à ce sujet dit qu'au cas où elle serait élue, elle provoquerait immédiatement un Francexit, mais qu'elle consulterait les électeurs par référendum, ce qui n'a rien de contraire à la démocratie. Elle se bornerait dans un premier temps à renforcer les frontières nationales contre les manœuvres du 1% des plus favorisés, lesquels détiennent 99% des richesses mondiales.

Concernant l'islamisme, sur lequel une majorité des Français voient dans le Front National le seul recours sérieux, elle a répondu aux attentes, en réaffirmant son opposition absolue. Mais elle ne l'a pas fait au nom du catholicisme, comme un certain François Fillon, mais au nom de la laïcité, valeur essentielle de la République française.

Nous pourrions ici lui reprocher trop de vague concernant la relance indispensable des investissements productifs. Celle-ci ne se fera pas seulement par l'augmentation des revenus des consommateurs, mais par un programme d'investissements publics systématiques reposant en grande partie sur la renégociation de la dette et l'appel aux épargnes nationale aujourd'hui stérilisées par les spéculations bancaires et boursières.Mais aujourd'hui il lui reste assez de temps avant les élections pour approfondir ces points

Elle n'a pas assez non plus précisé les alliances internationales que la France une fois sortie de l'Union européenne devrait négocier pour ne pas rester isolée. Mais l'on sait que sur ce sujet, elle est la seule candidate aujourd'hui à préconiser un rapprochement avec la Russie.

Ajoutons que si elle était élue président de la République, elle pourrait donner de la France un autre visage que celui d'un pays entièrement gouverné par les hommes et pas nécessairement les plus compétents d'entre eux.

Bien sûr, elle ne pourrait pas gouverner convenablement si l'appareil du FN restait aux mains de la vieille garde Le Péniste rejetée presque unanimement par les Français. Il faudrait que de nombreux éléments compétents provenant tant de la droite républicaine que de la gauche ou de l'extrême gauche, la rejoignent et lui permettre de disposer des cadres nécessaires. Mais on peut penser que, devant l'incohérence, pour ne pas dire l'inanité, des programmes de ces concurrents déclarés, cela se ferait facilement.


NB. Cet article ne reflète pas nécessairement le point de vue de tous les membres de notre comité de rédaction.

10/02/2017

A LIRE AUSSI
Les articles du même type
Europe Solidaire