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La ville mésopotamienne oubliée d'Irisagrig

Les guerres au Moyen-Orient, et notamment en Irak, entraînent de nombreuses destructions. Pour les archéologues, elles bouleversent des sites de fouilles qui depuis la fin du 19e siècle avaient permis de découvrir les restes de plusieurs villes anciennes.

On y avait également trouvé de très nombreux objets datant d'environ -1.800 à -2.000 et provenant des anciens royaumes de Mésopotamie. De tels objets avaient toujours fait l'objet de pillages par des trafiquants qui les revendaient sur les marchés de l'art européens et américains. Malgré ou à cause des conflits, de tels pillages se poursuivent, mais dans des conditions risquées qui rendent leur étude ultérieure difficile. Il s'agit évidemment de pertes irréparables pour les historiens de l'Antiquité pré-romaine.

Cependant un certain nombre de pays occidentaux dont les musées étaient entrés en possession de ces archéologies acceptent aujourd'hui de les rendre. Ce fut le cas aux Etats-Unis où, en juillet 2017, la chaîne d'habitat Hobby Lobby, basée dans l'Oklahoma, au sud des Etats-Unis, avait accepté de restituer les objets de l'époque mésopotamienne illégalement importés. Tous ont été remis à l'ambassadeur d'Irak aux Etats-Unis Fareed Yasseen, lors d'une cérémonie organisée par le bureau américain des douanes.

Les objets incluent de nombreux sceaux-cylindres et des tablettes rédigées en écriture cunéiforme, provenant pour beaucoup de la ville mésopotamienne d'Irisagrig et datant d'une période allant de 2100 à 1600 avant Jésus-Christ. Le contenu des tablettes est principalement juridique et administratif, mais un certain nombre d'entre elles sont religieuses. Elles proviennent d'une ville mésopotamienne appelée Irisagrig.

Les traductions ont montré divers liens avec une autre ville mésopotamienne datant de l'âge de bronze, mieux connue et nommée Garsana. Les tablettes d'Irisagrig correspondent à un intervalle de dates qui débute à la fin des tablettes de Garsana.  Les rois d'Our, ou Ur,  (Amar-Suen, Su-Suen et Ibbi-Suen) y sont mentionnés: ils apparaissent avoir séjourné plusieurs fois dans la ville. 

Les textes décrivent des itinéraires de messagers royales qui traversent Irisagrig vers Der pour aller vers l'Orient, généralement les villes de Kimaz, Hurtum, Harsi, Sigras, Zidahrum, Zitian et Simaski. Les chercheurs en ont déduit qu'il s'agissait probablement d'un axe correspondant à une route actuelle passant par Badra, Merhan, Amirabad pour aller au pays d'Elam. Beaucoup sont des listes de produits alimentaires servies aux coursiers. Des villes d'Assyrie y sont également mentionnées : Assur, Urbilum, Simurrum. Ainsi que d'autres plus en amont du Tigre: Simanum  et Kikuna 1).

Pour en savoir plus
voir LiveScience
https://www.livescience.com/62688-lost-city-of-irisagrig-ancient-tablets.html

Note 1)

Nous n'avons pas mentionné la ville de Jérimadeth (prononcer Jérimadait)  citée par Victor Hugo dans son poême Booz endormi

Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,

La raison en est, comme chacun sait, que cette ville n'a jamais existé. Ce nom avait été inventé par Hugo pour rimer avec "se demandait"

17/11/2019

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