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Coronavirus. Le rôle des malades dits supercontaminants

Au 1er août 2920, l'actuelle pandémie au coronavirus continue à s'étendre, y compris en Europe, malgré les mesures barrières et les confinements généralement mis en oeuvre sur ce continent.

Les épidémiologistes cherchant à comprendre ce phénomène inquiétant ont identifié depuis longtemps des porteurs de virus dits asymptomatiques contre lesquels on ne se protège pas faute de percevoir leur rôle en tant qu'agent contaminant. Depuis quelques mois, ils étudient le rôle bien plus inquiétant d'individus infectés dites supercontaminants (superspreaders) qui peuvent répandre le virus dans la population à une bien plus grande échelle que les malades ordinaires.

Dans la mesure où l'on prévoit aujourd'hui une deuxième vague de l'épidémie, succédant au ralentissement actuel, celle-ci devrait en grande partie résulter du rôle joué par de tels malades supercontaminants. Il est donc essentiel de mieux les définir, afin de s'en protéger plus efficacement.

Il était jusqu'à présent considéré qu'une personne contaminée pouvant contaminer 2 ou 3 autres personnes avant d'être détectée et isolée. On emploie le terme de « reproduction number » ou R number pour estimer ce nombre. Dans les cas courants le R number est situé entre 2 ou 3. Mais désormais on y ajoute le terme de « epidemic K number » ou paramètre de dispersion désignant le nombre des contaminations produites par un malade avant qu'il ne soit détecté. Pour un malade ordinaire, K est estimé à 0,1. Autrement dit 80% des cas sont produits par 10% de malades contaminants. Chez les supercontaminants, il est estimé à 10. Le supercontaminant peut infecter 10 personnes avant d'être détecté. Ce sont eux qui, en période d'épidémie, produisent des foyers d'infection ou « clusters » à partir desquels le virus se répand dans la population.

On constate qu'aujourd'hui, alors que le nombre des contaminations diminue dans la population générale, de nouveaux clusters apparaieent régulièrement dans un certain nombre de villes. Celles-ci comportent notamment des banlieues très peuplées, où les résidents ne prennent pas toutes les précautions nécessaires pour limiter l'expansion du virus. Il en est de même aujourd'hui des manifestations festives pouvant rassembler des centaines de personnes célébrant la fin des mesures de confinement qui étaient indispensables pour bloquer la diffusion du virus. Ce sont les malades supercontaminants qui sont en général responsables de ce phénomène. 

Mais il est pratiquement impossible d'identifier les supercontaminants afin de s'en protéger plus efficacement. En conséquence il reste nécessaire d'éviter les occasions leur permettant de pouvoir contaminer les personnes saines. Ceci signifie que les réunions à plusieurs dans des espaces clos tels que des salles de spectacles ou dans des restaurants fermés sur l'extérieur seront toujours à éviter. Les réunions en plein air et ne rassemblant qu'un petit nombre de personnes resteront longtemps préférables.

Reference: Research Square 21 mai 2020 DOI: 
10.21203/rs.3.rs-29548/v1 

https://europepmc.org/article/ppr/ppr165671

Superspreading events have characterised previous epidemics of severe acute respiratory syndrome coronavirus (SARS-CoV) and Middle East respiratory syndrome coronavirus (MERS-CoV) infections. Using contact tracing data, we identified and characterized SARS-CoV-2 clusters in Hong Kong. Given a superspreading threshold of 6-8 secondary cases, we identified 5-7 probable superspreading events and evidence of substantial overdispersion in transmissibility, and estimated that 20% of cases were responsible for 80% of local transmission. Among terminal cluster cases, 27% (45/167) ended in quarantine. Social exposures produced a greater number of secondary cases compared to family or work exposures (p<0.001) while delays between symptom onset and isolation did not reliably predict the number of individual secondary cases or resulting cluster sizes. Public health authorities should focus on rapid tracing and quarantine of contacts, along with physical distancing to prevent superspreading events in high-risk social environments.

 

 

03/08/2020

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