Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Des microbes plus âgés que les dinosaures qui redeviennent actifs

Des microbes ont survécu dans des sédiments marins vieux de 100 millions d'années. Aujourd'hui, remontés en surface, ils peuvent reprendre leur activité en laboratoire et s'y multiplier. Faut-il s'en réjouir ou s'en inquiéter ?

Depuis des décennies les scientifiques ont remonté des échantillons de sédiments marins se trouvant en profondeur au dessous de niveau de la mer. Ceci leur permettait de mieux comprendre les changements climatiques, la tectonique des plaques et la vie marine.

 

Dans l'article référencé ci-dessous et publié par Nature, une équipe de chercheurs en majorité japonais relatent avoir constaté que parmi des sédiments âgés d'au moins 100 millions d'années se trouvaient des bactéries (microbes) apparemment entrés en sommeil depuis des siècles et qui reprenaient vie en laboratoire et s'y multiplier à condition de bénéficier des conditions favorables.

Ces sédiments avaient été prélevés dans une région du Pacifique dite South Pacific Gyre, à des profondeurs de 100 mètres sous le fond marin et 6.000 mètre sous la surface. Cette zone ne présente que peu de conditions favorables à la vie, avec peu de nutriments disponibles. Elle était jusqu'à présent considérée comme dépourvue de toute vie. Les chercheurs ont donc cherché à comprendre comment dans ces conditions des microbes provenant de cette région pouvaient reprendre vie remontés à la surface et s'y multiplier.

Ils pensent que si ces sédiments se forment très lentement, au bout de quelques millions d'années, de l'oxygène peut s'y trouver enfermé et entretenir pendant des siècles des micro-organismes dits aérobiques, c'est à dire nécessitant de l'oxygène pour vivre.

L'équipe ne s'est pas posée la question de savoir si parmi ces micro-organisme ne se trouvaient pas des bactéries susceptibles de développer des infections dangereuses pour l'organisme humain, du fait que celui-ci n'avait jamais développé d'anticorps capables de les détruire. L'expérience dira ce qu'il en est. 

Référence

https://www.nature.com/articles/s41467-020-17330-1

Aerobic microbial life persists in oxic marine sediment as old as 101.5 million years
28 july 2020

Abstract

Sparse microbial populations persist from seafloor to basement in the slowly accumulating oxic sediment of the oligotrophic South Pacific Gyre (SPG). The physiological status of these communities, including their substrate metabolism, is previously unconstrained. Here we show that diverse aerobic members of communities in SPG sediments (4.3‒101.5 Ma) are capable of readily incorporating carbon and nitrogen substrates and dividing. Most of the 6986 individual cells analyzed with nanometer-scale secondary ion mass spectrometry (NanoSIMS) actively incorporated isotope-labeled substrates. Many cells responded rapidly to incubation conditions, increasing total numbers by 4 orders of magnitude and taking up labeled carbon and nitrogen within 68 days after incubation. The response was generally faster (on average, 3.09 times) for nitrogen incorporation than for carbon incorporation. In contrast, anaerobic microbes were only minimally revived from this oxic sediment. Our results suggest that microbial communities widely distributed in organic-poor abyssal sediment consist mainly of aerobes that retain their metabolic potential under extremely low-energy conditions for up to 101.5 Ma.

 

 

06/08/2020

Europe Solidaire