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La chasse « hystérique » au nucléaire.

Un article que vient de publier le site américain non aligné Strategic Culture (voir référence ci-dessous) met en cause ce qu'il nomme la chasse hystérique aux centrales nucléaires qui anime beaucoup d'intérêts se disant anti-nucléaires.

Ces derniers font principalement appel aux dangers que représenteraient les réacteurs nucléaires par les radiations qu'ils émettraient à proximité ou bien entendu en cas d'accident dont l'effet serait comparable à l'explosion d'une bombe atomique. L'argument parait insuffisant pour justifier l'abandon du nucléaire. 

Dès les années soixante, la France avait décidé de se doter d'un parc important de centrales nucléaires. Or celles-ci, après plusieurs décennies de service, paraissent encore tout à fait capables de fonctionner sans risques. La plus ancienne d'entre elles, celle de Fessenheim, serait en cours de démontage, mais elle ne semble pas présenter de risques réels, sauf dans l'esprit des environnementalistes. Le nucléaire, comme l'avait bien compris en son temps Charles de Gaulle qui dès 1946 avait créé le CEA dit aujourd'hui Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternative, a permis à la France de ne pas importer de carburants fossiles, charbon et pétrole, dont elle était dépourvue. Il est impossible par ailleurs de mesurer les milliers de tonnes de CO2, principal gaz à contribuant au réchauffement climatique actuel, qu'elle a pu ainsi éviter de rejeter dans l'atmosphère.

Certes les gisements d'uranium naturel présents dans le Kazakhstan (39 %), le Canada (22 %), l'Australie (9 %), le Niger se montrent de moins en moins productifs et leur exploitation devient de plus en plus coûteuse. Mais face à cette échéance, d'importants investissements sont fait, notamment en France, pour produire dans quelques décennies, des sources d'énergie de substitution. Le CEA français est connu dans le monde entier, ainsi que son centre de recherche à Cadarache dans la région PACA.

Celui-ci étudie le nucléaire d'avenir dit électronucléaire de fusion. Il devrait être peu productif de déchets nucléaires difficiles à recycler. Autour de la fusion, qui se substituera à l'actuelle fission, des sources quasiment inépuisables d'énergie devraient être produites, concurrençant ainsi avec succès les énergies renouvelables. 

Aujourd'hui les intérêts dits anti-nucléaires qui promeuvent des énergies alternatives fournies notamment pas des éoliennes ou des hydroliennes fonctionnant aux courants marins, font une pression incessante sur le gouvernement pour qu'il finance le remplacement des centrales nucléaires par notamment des parcs d'éoliennes. Comme l'on pouvait s'y attendre, les habitants des zones rurales ou les agriculteurs obligés d'accepter de tels parcs, commencent à faire valoir les inconvénients considérables que ceux-ci représentent pour leurs activités, voire les risques d'accidents que les éoliennes de grande taille entraîneront nécessairement lorsqu'elles vieilliront, par exemple du fait de la perte d'une pale.

Le contre-exemple du Japon et de l'Allemagne

Il est heureux selon nous que jusqu'à présent Emmanuel Macron ait pu résister aux pressions des anti-nucléaires. Mais jusqu'à quand lui ou ses successeurs le feront-ils ? En tous cas, ils devraient pouvoir s'appuyer sur l'exemple désastreux qu'offrent des pays tels que le Japon ou l'Allemagne qui refusent le nucléaire. Au Japon, les anti-nucléaires qui ont toujours été populaires se sont vus renforcés par les accidents arrivés en 2011 à la centrale de Daaichi ou Fukushima à la suite d'un tsunami consécutif à un tremblement de terre qui avait fait 18.000 victimes. Mais ces pertes considérables se seraient produites de toutes façons, dans un pays très soumis au volcanisme. Aucun décès, sauf un cas, ne serait imputable aux radiations atomiques.

En Europe, infiniment moins sujette à de tels phénomènes, le risque est très petit. C'est notamment le cas en Allemagne. Pourtant, l'Allemagne, à la suite de l'accident de Fukushima, a décidé de sortir du nucléaire à partir de 2022. En attendant, elle importe de plus en plus de pétrole ou de gaz liquide de la Russie, de la Hollande et même des Etats-Unis. Elle est d'ailleurs l'objet de vives critiques provenant des milieux atlantistes du fait de l'aide qu'elle apporte ce faisant à la Russie, dont l'exportation de gaz constitue une ressource importante.

Elle devrait néanmoins perdre à cette date 11% de ses capacités énergétiques. Elle met en place de vastes surfaces supportant des panneaux solaires (cellules photovoltaïques) qui permettent d'obtenir de l'énergie à partir de la lumière solaire. Mais il semble que les déchets provenant de cellules devenues inutilisables après 25 ans de service représentent une quantité importante de pollution. On lira à ce sujet un article provenant du think tank Frontier Centre

L'article de Strategic culture, pour sa part, mentionne de nombreuses études montrant que la radioactivité à faible dose est universellement présente dans la nature et qu'elle serait nécessaire à toutes formes de vie. Nous renvoyons les lecteurs aux références qu'il propose.

Ajoutons en conclusion que la Russie et la Chine envisagent de développer à grande échelle l'énergie nucléaire, à côté d'autres sources. Elles se sont tournés à l'origine vers la France. Malheureusement, il semble que l'industrie française soit de moins en moins compétitive en ce domaine, vis-à-vis d'autres producteurs financés très largement par les budgets d'Etat et soutenus par leurs opinions publiques.

Référence

Strategic Culture https://www.strategic-culture.org/news/2019/09/10/japan-and-germany-hysterically-race-to-shut-down-nuclear-power-and-their-sovereignty/

Cet article, il va sans dire, a été présenté par les anti-nucléaires comme financé par les industries du pétrole et du charbon. C'est possible, sans être certain. Indiquons pour rassurer nos lecteurs, que nous n'avons reçu aucun euro ou dixième d'euro pour écrire notre propre article. 

14/09/2019

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