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Yoshihide Suga,  nouveau Premier ministre japonais

 Après sa nomination à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD), qui est le parti politique au pouvoir, Yoshihide Suga a été désigné nouveau Premier ministre du Japon.

Il a bénéficié d'une large majorité au Parlement, que ce soit à la chambre basse (68% des suffrages exprimés) ou à la chambre haute (59% des suffrages exprimés). 

Agé de 71 an, il remplace celui dont il avait été un collaborateur discipliné et fidèle durant de longues années, Shinzo Abe, Ce dernier avait démissionné, atteint par la maladie. Tout laisse penser que sous sa direction, la ligne politique du Japon demeurera la même. Ainsi il vient de nommer ministre des finances Taro Aso, 80 ans, qui était vice-ministre des finances sous Shinzo Abe.

L'un et l'autre avaient défini et appliqué une politique économique dite Abenomics ou d'inflation contrôlée. Elle devait remettre le pays sur la voie de la croissance alors qu'il s'enfonce dans la récession. Elle s'était traduite par un plan de soutien à l'économie d'une centaine de milliards d'euros. Dans ce cadre la Banque du Japon a appliqué une technique d'"assouplissement qualitatif et quantitatif" consistant à injecter massivement des liquidités visant à relancer le crédit, l'investissement des entreprises et la consommation des ménages.

Par ailleurs Shinzo Abe avait promis une baisse de l'impôt sur les sociétés, une libéralisation du marché de l'électricité ou la modernisation d'un secteur agricole déclinant. Pour compenser le manque de main d'oeuvre masculine du au refus de laisser entrer des travailleurs étrangers, il avait encouragé le travail des femmes. A la suite de cette politique, le yen s'était considérablement déprécié face au dollar et à l'euro, ce qui avait facilité les exportations.

Cependant Shinzo Abe avait constamment refusé des politiques d'investissements publics pouvant relancer la croissance, face au refus des grandes entreprises japonaises qui ne veulent pas de la concurrence d'un secteur public renforcé. Il avait décidé en avril 2020 une hausse de la taxe sur la consommation. Celle-ci a freiné la consommation et provoqué une contraction de la croissance.

Sur le plan international, le Japon sous sa direction s'est toujours montré un fidèle soutien des Etats-Unis dans leurs affrontements avec la Chine et la Russie. C'est essentiel pour Washington qui sans l'aide notamment de la base de Futenma que la marine et l'aviation américaine ont pu établir à Hokkaido au nord de l'archipel, aurait du mal à y assurer une présence permanente. On notera que la population d'Hokkaido a plusieurs fois manifesté contre la présence de cette base, sans impressionner Shinzo Abe dont la police est très efficace.

Les firmes japonaises bénéficient en retour d'un appui diplomatique américain sans faille dans leurs efforts pour s'imposer comme des partenaires incontournables dans l'économie occidentale, notamment au sein de l'Union européenne. Rappelons que dans le domaine de l'automobile qui échappe désormais en grande partie aux entreprises américaines, le Japon produit aujourd'hui environ 10 millions de voitures par an. Les principaux constructeurs japonais sont Toyota, Honda, Nissan, Suzuki, Mazda, Daihatsu, Mitsubishi et Subaru. Elles sont réputées pour leur technologie (hybrides Toyota), mais aussi leur fiabilité.

Son âge avancé surprendra peut-être, ainsi que celui de Taro Aso. Mais au Japon, qui est un pays de vieux du fait que les carrières personnelles passent avant la famille, ils n'étonneront personne. 

Image. Cabinet de Suga. Celui-ci est au centre de la ligne du bas

18/09/2020

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