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Démission d'Evo Morales en Bolivie

Le quasi-coup d'Etat qui a obligé le président bolivien Evo Morales à démissionner le 10 novembre 2019 ressemble fort à ce que les Etats-Unis s'efforcent depuis des mois mais sans succès d'organiser au Vénézuéla contre le successeur de l' "honni » Hugo Chavez, Nicolas Maduro.

​​​​​​Mais ce qu'ils n'ont pas encore réussi à faire à Caracas, malgré tous les dollars versés, notamment par la CIA, à l'opposition des partis d'extrême droite acquis à Wall Street, ils l'ont réussi le 10 novembre à La Paz. Non seulement Morales a démissionné, mais craignant pour sa vie, il a pris la fuite à l'étranger.

Sans doute était-ce parce que Morales n'était pas doté d'une popularité aussi grande que celle qu'avait conservé Maduro. Mais plus fondamentalement, alors que le Vénézuéla négocie des accords économique avec la Chine et est soutenu par Moscou, Morales n'avait pas osé s'engager aussi loin. Si bien que Washington, intervenant une nouvelle fois dans la vie politique en Amérique Latine, n'a pas voulu laisser l'exemple de Morales s'étendre parmi les Etats du continent où grandit actuellement une opposition populaire grandissante à l'égard de la domination économique et politique des Etats-Unis.

Evo Morales avait été réélu dès le premier tour de l'élection présidentielle du 20 octobre, mais l'opposition, qui conteste les résultats, au prétexte de fraudes (mais qui ne fraude pas dans la vie politique sus-américaine ?) avait lancé une série de manifestations, qui ont  rapidement donné lieu à des violences. Des incendies de bâtiments publics et de logements appartenant à des responsables du gouvernement ont été enregistrés.

Expliquant vouloir pacifier le pays, Evo Morales a tout d'abord proposé de nouvelles élections afin de lever les doutes, mais en vain. Trahi par l'armée puis par la police, le président socialiste a finalement consenti à renoncer à son quatrième mandat pour faire cesser les violences. Il a dénoncé un «coup d'Etat civil-politique-militaire». La situation ne s'est pas calmée pour autant, puisque des affrontements, des incendies ou encore des pillages sont survenus. Le domicile d'Evo Morales a été attaqué. L'ancien président a en outre fait savoir qu'il serait sous le coup d'un mandat d'arrêt de la police, alors que l'incertitude demeure à la tête de l'Etat.

Dans la capitale, le siège de l'ambassade du Venezuela a été occupé par des manifestants. L'ambassadrice du Venezuela a déclaré à l'agence de presse bolivienne ABI : «Equipés de dynamite, des manifestants cagoulés avec des boucliers ont pris l'ambassade du Venezuela en Bolivie. Nous sommes à l'abri, mais ils veulent faire un massacre. Aidez-nous à dénoncer cette barbarie». Le 11 novembre, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait condamné «catégoriquement le coup d'Etat survenu contre le frère président Evo Morales», de même que le chef d'Etat cubain, Miguel Diaz-Canel, qui a évoqué un «coup d'Etat violent et lâche de la droite contre la démocratie en Bolivie».

Le message envoyé non seulement par les classes dominantes mais en arrière-plan par Washington, est clair. Il serait vain d'espérer que puissent jamais, comme en Europe, s'installer sur le continent des gouvernements, on ne dira pas socialistes, mais défendant un certain nombre de politiques publiques. 

Ceci se comprend aisément si l'on considère que l'Amérique du Sud se révèle chaque jour plus riche que l'on ne croyait en gisements de pétrole et de minéraux rares. Les multinationales dominées par le capital américain n'y renonceront jamais – ceci même si l'exploitation de ces gisements se révèle chaque jour, comme en Amazonie, de plus en plus destructrice des milieux naturels.

Il faut rappeler par ailleurs que Morales, comme l'était Chavez, est « indigène ». Ceci veut dire qu'il est issu des classes, démographiquement majoritaires mais sous représentées politiquement, des populations sud-américaines d'origine. Les minorités blanches provenant de l'immigration européenne ou des Etats-Unis veulent absolument conserver le pouvoir. Des coups d'Etats, sans mentionner les meurtres, leur servent à cette fin dans tout le sous-continent américain.

Voir à ce sujet un excellent et très complet article publie par Russia Insider. Pourquoi le coup américain contre la Bolivie a réussi alors qu'elle avait échoué au Vénézuéla
https://russia-insider.com/en/politics/us-pulls-ukraine-style-coup-bolivia-why-intervention-worked-where-venezuelas-failed/ri27851

Note au 13/11

C'est le lithium, essentiel pour les batteries des véhicules électriques, qui est convoité aujourd'hui par les multinationales. La Bolivie en a d'importants gisements
https://www.counterpunch.org/2019/11/13/after-evo-the-lithium-question-looms-large-in-bolivia/

12/11/2019

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