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La Biélorussie, la « dernière dictature d'Europe »

​​​​​​En Biélorussie, dirigée de façon dictatoriale depuis 26 ans par Alexandre Loukachenko, seul à détenir le pouvoir et qualifié pour cette raison d'autocrate, des émeutes violemment réprouvées ont été observées dans plusieurs villes, et notamment dans la capitale Minsk, depuis l'élection présidentielle du 9 août.

Celle-ci est considérée à juste titre comme truquées par de nombreux électeurs du fait d'une majorité annoncée de 80 % des suffrages alors que l'opposition revendique au moins 60 % des voix. Dans un pays où sur le mode de l'ancienne Russie soviétique, les opposants n'osent pas s'exprimer par crainte de poursuites diverses, procès, emprisonnements, ce pourcentage de 60% d'opposition montre que désormais les adversaires d'Alexandre Loukachenko osent enfin s'exprimer ouvertement.

Cependant la candidate de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, à laquelle le pouvoir reconnaît 10% des voix, alors que ce pourcentage serait beaucoup plus élevé, n'a pas osé demeurer dans le pays du fait des menaces incessantes qu'elle reçoit en provenance de l'entourage d'Alexandre Loukachenko. Elle a fui en Lituanie.

La répression des manifestations de protestation s'est traduite, non seulement par un mort parmi les manifestants, mais par des milliers d'arrestations,dont celle de nombreux journalistes venus de la Russie voisine et dont l'on est désormais sans nouvelles. Les autorités biélorusses ont par ailleurs bloqué l'accès à internet et donc aux réseaux sociaux. Ceci qui rend désormais difficile de connaître l'état de l'opinion. 

Nul ne peut aujourd'hui prévoir comment évoluera la situation. Il est très probable que Loukachenko se maintienne au pouvoir, en renforçant sa dictature. Il dispose à cette fin de l'appui de la police et d'une partie de l'armée, dont il avait précédemment désigné les chefs et qui demeure aux ordres. L'autocrate se dit le champion de l'indépendance du pays contre les « visées impérialistes » de la Russie. En effet, depuis l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014, que Loukachenko n'a pas reconnue, le président biélorusse s'était peu à peu imposé comme un intermédiaire politique et économique entre la Russie et l'Union européenne.

Aujourd'hui les Occidentaux sont obligés de condamner les fraudes du scrutin. Mais iront-ils à s'opposer beaucoup plus directement à Loukachenko ? C'est peu probable de peur de le rapprocher de la Russie et de la Chine, comme il a menacé de le faire.

Vladimir Poutine pour sa part, a officiellement félicité l'autocrate de sa victoire, mais il est clair qu'il ne souhaite pas aujourd'hui s'encombrer d'un allié si compromettant. Par ailleurs, il n'a aucun besoin de se rapprocher de la Biélorussie qui est en crise économique permanente. Aux yeus des Européens, il préfère aujourd'hui présenter la Russie comme le premier pays au monde ayant réussi à mettre au point un vaccin contre le coronavirus.

Voir aussi à la date du 11 août 2020

https://www.ouest-france.fr/europe/bielorussie/bielorussie-l-opposante-tikhanovskaia-en-exil-6934846

ainsi que https://www.lemonde.fr/international/article/2020/08/11/manifestations-en-bielorussie-a-ce-stade-loukachenko-n-a-pas-l-intention-de-plier_6048704_3210.html

12/08/2020

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