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La France écrasée de chaleur en 2100

2100 paraît loin aujourd'hui. Mais les enfants qui naissent aujourd'hui connaîtront cette date en tant que vieillards, dont certains seront encore alertes.

Le rapport de deux sénateurs français prévoit pour cette époque des hausses de température rendant la vie très difficile pour la France. De plus ces hausses se produiront progressivement tout au long du siècle. Dès les prochaines années elles devraient se faire sentir.

Ce rapport n'est pas public à ce jour, mais les principaux éléments en sont résumés sur le site Public Sénat Les propositions du Sénat pour adapter la France au changement climatique . Les rapporteurs ont  consulté pour ce faire différentes personnalités dont évidemment des scientifiques. Ils recommandent 18 mesures pour adapter la France à ce changement climatique. Fort sagement ces mesures ne visent que l'horizon de 2050. Nous ne les commenterons pas ici. Disons seulement qu'elles représentent un minimum indispensable. On trouvera sur Internet  la liste des propositions.

Inutile de dire que le lobby des climato-sceptiques  vivant des industries pétrolières ne manquera pas de contester le caractère scientifique du rapport.

Plusieurs remarques pourraient être faites ;

* Dans ce rapport, les sénateurs n'ont abordé que supeficiellement une question essentielle. Elle concerne l'autorité politique qui pourra faire des arbitrages entre intérêts opposés et qui, plus encore, qui pourra imposer les mesures se heurtant à des intérêts qui les combattront nécessairement. Le cas actuellement évoqué est celui des industries pétrolières et gazières qui refusent les diverses mesures, notamment fiscales, visant à privilégier les investissements en matière d'énergies moins polluantes, dites parfois éco-compatibles.

Leur puissance politique est telle qu'il faudrait mettre en place des agences dotées de pouvoirs exorbitants du droit actuel. De plus, quels majorités ou gouvernements oseront affronter, à supposer qu'ils acceptent de prendre le risque, les diverses industries contribuant à l'accélération du réchauffement. La capacité qu'elles ont déjà pour s'acheter les voix d'électeurs influents ne diminuera pas.

* On dira que ceci pourra se faire cependant sous la pression d'une majorité de citoyens ayant pris conscience des risques et décidés à obtenir les réponses nécessaires de la part des institutions. Mais les mouvements d'opinions nécessaires supposeront beaucoup de moyens d'information et surtout de mobilisation – autrement dit beaucoup d'argent. Ce ne sont pas les industries et les commerces intéressés dans le maintien du statu quo actuel que les fourniront. D'ores et déjà, il sera instructif de voir l'écho que recevra le rapport des sénateurs. On peut craindre qu'il soit rapidement oublié au profit de faits d'actualités plus journalistiques.

* Les mêmes questions et mesures évoquées par le rapport ne peuvent pas  intéresser que la France seule. D'ores et déjà il faudrait qu'elles soient reprises au niveau d'une autorité européenne suffisamment puissante pour poser ces questions et proposer ces solutions au niveau du continent européen tout entier. On peut douter que ce soit jamais le cas, vu les oppositions d'intérêts existants entre pays. Voir la façon dont le recours à l'énergie nucléaire est reçu dans des pays vivant du charbon et du pétrole est déjà significative. Le nucléaire sera longtemps pourtant une solution importante dans la lutte contre la production de gaz à effets de serre.

* C'est déjà au plan mondial que se pose la question de la coordination dans les mesures susceptibles de lutter contre le réchauffement. Cela ne devrait pas changer beaucoup à l'avenir. Or il n'existe pas, là encore, d'autorité compétente pour faire étudier les problèmes, s'entendre sur des solutions communes et moins encore les imposer. Quand on voit la façon dont les Etats-Unis actuellement aborde la question. Leurs gouvernements, au plan fédéral comme au plan des Etats, sont entièrement soumis aux intérêts pétroliers et gaziers. Par ailleurs, ils vivent en partie des dollars que leur versent les pays du Moyen Orient principaux producteurs de pétrole et qui n'accepteront jamais d'abandonner celui-ci.

* Au plan mondial également se pose la question de l'augmentation de la population. Si beaucoup de pays ont accepté aujourd'hui le contrôle des naissances, ce n'est pas le cas en Afrique, de plus en plus soumise à un Islam de combat. Or on prévoit que d'ici 2100 la population africaine passera inévitablement de 2 à 4 milliards d'individus. Comme ceux-ci devraient très probablement être chassés d'Afrique par l'échauffement climatique, des millions voire des centaines de millions d'entre eux se déverseront ailleurs et d'abord en Europe. Toutes les mesures qui auront été prises par les pays européens pour s'adapter au changement climatique seront réduites à néant.

Comment les sénateurs auteurs du rapport verraient-ils une réponse à cette question ? C'est pourtant aujourd'hui qu'il faudrait y réfléchir.

 

17/05/2019

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