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L'Europe doit-elle protéger ou fermer ses frontières ? Pourquoi, Comment ?

Dans le 4e volet de l'émission de France Culture 1) l'animatrice a donné la parole à Etienne Balibar, présenté dans Wikipedia comme un philosophe (né en 1942) d'obédience marxiste. Son dernier ouvrage, publié en 2018, s'intitule Libre parole. Il a toujours milité pour ce que l'on appellerait aujourd'hui l'ouverture des frontières aux sans-papiers, et leur accueil sans restrictions dans les sociétés européennes.

On pourra réécouter l'interview. Etienne Balibar y présente l'immigration non comme un danger mais comme un enrichissement. L'argument n'est pas nouveau. C'est celui de tous ceux qui s'opposent aux efforts des gouvernements européens pour contingenter strictement l'émigration légale et pour combattre l'immigration clandestine. Sur le plan d'une morale reposant sur l'idée que l'espèce humaine est une et qu'il ne faut pas y introduire de distinctions présentées comme racistes parce qu'opposant les hommes selon leur appartenance ethnique et leur situation économique, il peut se justifier. Mais il présuppose l'idée que les humains vivent dans un monde idéal où tous se considéreraient comme frères et accepteraient de partager les ressources dont ils disposent aujourd'hui de façon très inégalitaire.

C'est évidemment une vue de l'esprit, d'inspiration initialement religieuse, pouvant séduire au plan d'une morale laïque, mais que contredisent toutes les observations anthropologiques et géopolitiques. Dans le cas spécifique de l'Europe aujourd'hui confrontée à la perspective d'un émigration africaine aujourd'hui très marginale mais qui ne cessera d'augmenter dans les 50 prochaines années, elle ne résiste pas aux objections.

Sans reprendre ici tous les arguments du mouvement français Génération identitaire qui dit lutter contre l'islamisation et l'immigration massive menaçant la France et toute l'Europe, il faut bien admettre, comme nous l'avons souvent rappelé ici, que l'Europe n'est peuplée que de 550 millions environ de personnes, se disant en majorité de race blanche, tandis que l'Afrique l'est aujourd'hui d'environ 2 milliards de personnes se disant en majorité de race noire. De plus la population européenne autochtone n'augmentera que faiblement dans le demi-siècle, voire diminuera. Au contraire, avec un taux de fécondité unique au monde d'environ 6 enfants par femme, la population africaine devrait atteindre 4 milliards durant cette période.

Par ailleurs, les sociétés européennes sont globalement bien plus économiquement favorisées (selon le terme devenu à la mode) que les société africaines. Elles n'ont pas du seulement cet avantage à l'exploitation coloniale de l'Afrique, comme le disent les nationalistes africains, mais à 2.000 ans de travail agricole et industriel dont les Européens n'appartenant pas aux classes dominantes ont payé personnellement le prix. Il est concevable qu'ils hésitent aujourd'hui à le partager avec les Africains.

Ceci admis, il faut aussi se placer dans la perspective inéluctable d'un réchauffement climatique et d'une désertification qui dans les prochaines décennies frappera bien davantage semble-t-il le continent africain que le continent européen. Les futures générations d'Africains seront donc de plus en plus incitées à se réfugier en Europe. Ils ne s'y présenteront pas comme producteurs mais comme consommateurs. Les pays européens subissant la révolution numérique n'auront en effet pas besoin de main d'oeuvre, mais de spécialistes des nouvelles technologies et d'ingénieurs, ce que ne pourraient pas être sauf à la marge les Africains souffrant, contrairement à d'autres régions du monde, en Asie notamment, d'un retard quasiment irrattrapable dans ces domaines.

On déduira de ce qui précède que l'Europe subira dans les prochaines décennies la pression d'une immigration de masse provenant du continent africain. Elle se chiffrera sans doute en dizaines, voire centaines de millions. Les Européens devront-ils ouvrir leurs frontières et devenir ainsi en grande partie africains, perdant tout ce qui fait encore la spécificité et les avancées dont ils se targuent. Aujourd'hui, ils répondront en majorité par la négative, quelques soient les arguments développés par un Etienne Balibar ou ses successeurs. Mais se rendent-ils compte ce que signifiera protéger, sinon fermer les frontières, face à des millions d'Africains décidés à les forcer ? D'autant plus que ces derniers seront de plus en plus armés par des puissances comme l'Amérique, qui verraient d'un bon œil la destruction d'une Europe considérée comme une rivale à leur domination. D'autant plus également que ces envahisseurs seront de plus en plus inspirés par un islam de combat considérant que l'élimination des incroyants a toujours été la première des obligations prescrites aux vrais croyants par la charia.

Avec un regard un peu pessimiste, on pourra considérer que l'Europe deviendra dans les prochaines décennies un terrain de guerre permanente avec des envahisseurs se situant non seulement aux frontières extérieures mais aux multiples frontières intérieures, notamment dans les banlieues des grandes villes. On pourrait d'une certaine façon se rassurer en considérant que dans ces prochaines décennies, sinon plus tôt, l'espèce humaine se sera globalement éliminée de la surface du globe par son incapacité à utiliser autrement que pour la guerre les nouvelles ressources technologiques que lui permettra le développement scientifique.

Références

1)  France culture Philosophie des frontières

Voir aussi Génération identitaire

 

 


 

 

16/01/2019

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