Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Homo deus, une brève histoire de l'avenir par Yuval Noah Harari

Yuval Noah Harari, né le 24 février 1976, est professeur d'histoire et auteur du bestseller international Sapiens : Une brève histoire de l'humanité. Initialement spécialiste d'histoire médiévale et militaire, passé par Oxford, Yuval Noah Harari enseigne à l'Université hébraïque de Jérusalem.



Albin Michel été 2017

Commentaire par Jean-Paul Baquiast 18/09/2017

Traduction française de Homo Deus, A brief history of tomorrow

 


Rappel. Voir notre présentation du premier livre de l'auteur, Sapiens, une brève histoire de l'humanité
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2015/161/harari.htm

Bref commentaire

Le premier livre de l'auteur, Sapiens, que nous avions présenté en son temps (voir référence ci-dessus) rassemblait en près de 500 pages une grande quantité d'informations concernant l'origine et le présent de l'espèce humaine. Yuval Noah Harari avait laissé entendre qu'il proposerait ensuite son point de vue sur l'avenir de l'humanité, à la lumière de l'explosion en cours des technologies numériques.

C'est désormais chose faite avec la sortie de Homo Deus, que l'auteur a été invité à présenter à Paris. Il a rencontré à l'Elysée à Emmanuel Macron, qui s'est fait complaisamment photographier avec lui.

Dans ce livre, qui a rencontré un vif succès, il prédit que les avancées de l'intelligence artificielle et de la numérisation en masse des données, allaient générer des inégalités sans précédent dans l'histoire de l'humanité, à l'intérieur des sociétés, mais aussi entre les nations.

Le fossé entre ceux qui maîtrisent ces technologies et ceux qui n'y auront pas accès sera non seulement plus grand qu'actuellement entre les pays industriels et les autres, mais que surtout il ne pourra plus jamais être comblé.

En particulier, il insiste sur le fait que la matière première de l'avenir seront les données, et notamment nos données personnelles, captées en masse aujourd'hui par les GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple) les grandes entreprises américaines du recueil et de la commercialisation de l'information. Il voit ainsi la naissance d'une nouvelle religion, qu''il appelle un peu maladroitement le "dataïsme".

Allant plus loin, Harari prédit que les développements de l'intelligence artificielle IA et des biotechnologies risquent de produire une couche de "surhommes augmentés" qui vont dominer le monde, et transformer le reste de l'humanité en "classe inutile". Une démonstration étayée par de nombreux exemples tirés des avancées technologiques et des changements de société qu'elles impliquent.

Les propos du livre, qui a connu un succès mondial, ont suffisamment attiré l'attention pour que Emmanuel Macron reçoive l'auteur à l'Elysée, où il s'est fait complaisamment photographier avec lui, quelques jours après avoir confié au mathématicien et député LREM Cédric Villani une mission sur l'IA.

Lorsque l'on ne connait pas bien encore le sujet, la lecture du livre est à conseiller, malgré sa densité. Pour nos lecteurs, familiers de ces question depuis la création de notre site en 2000, il n'apportera pas d'informations nouvelles. Ceci non seulement en ce qui concerne les technologies impliquées mais leurs conséquences géopolitiques, avec une domination prévisible non seulement des Etats-Unis mais de la Chine., la Russie ayant du mal à suivre, sauf dans le domaine militaire.
Pour l'avenir au delà des prochaines décennies, nous avons proposé une vision assez pessimiste.

cependant, nous avions depuis longtemps pour notre part indiqué que la question pourrait être abordée un peu différemment. Quand le robot évoluera en devenant intelligent, sinon conscient, ce ne sera pas face à un humain qui demeurerait inchangé. Celui-ci se transformera progressivement pour rester en phase avec les nouveaux interlocuteurs. Il en résultera une synthèse qu'il deviendrait urgent d'essayer de comprendre.

Mais les futurs humains, dits souvent posthumains, qui en résulteront, ne constitueront qu'un pourcentage infime d'une population de Terriens qui atteindra prochainement les dix milliards. Il s'agira de quelques milliers de favorisés, ayant disposé des moyens économiques considérables leur permettant d'accéder aux nouveaux outils technologiques. Les autres demeureront dans le statut qui a depuis toujours été celui de l'humain, un peu au dessus de celui de l'animal dit supérieur mais pas beaucoup plus.

Ceci veut dire que, pour les futurs posthumains, les humains actuels seront de plus en plus considérés comme des soushumains.

...Faut-il préciser que pour l'auteur, l'Europe n'existe pas en matière d'IA.

18/09/2017

Europe Solidaire