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Algérie. Quel avenir ?

Les perspectives que pourraient avoir les Algériens de sortir sans trop de dommage de la crise actuelle ne sont pas très encourageantes.

Il paraît évident que la récente décision attribuée à Bouteflika de ne pas se présenter à une candidature à la présidence, sans qu'aucun autre candidat crédible ne se soit manifesté, ouvre une période d'instabilité. Il avait dit (ou l'on a dit qu'il avait dit) que vu son âge et son état de santé, il renonçait. Il aurait pu s'en apercevoir plus tôt. C'est en fait devant les manifestations de grande ampleur et ininterrompues de la jeunesse que le gouvernement dirigé par le premier ministre Ahmed Ouyahia lui a fait prendre cette décision.

Immédiatement après, ce gouvernement a démissionné et un cabinet de transition a été mis en place, composé de « technocrates «  et dirigé par un certain Nouredine Bedoui, précédemment ministre de l'intérieur. Mais aucune décision n'a été annoncée concernant la date d'une future élection présidentielle et surtout la date d'une conférence nationale qui serait chargée d'élaborer un projet de nouvelle constitution. Il va de soi que dans l'intervalle la lutte entre potentiels dirigeants, déjà en cours, ne fera que s'accentuer, contribuant à une augmentation de l'instabilité.

Dans le même temps, la baisse tendancielle des prix du pétrole, qui reste la seule ressource à l'exportation du pays, ne permettra pas de décider de nouveaux investissements susceptibles de diversifier l'économie. Il aurait fallu les faire depuis plusieurs décennies, mais les dirigeants se sont montrés incapables de mettre en œuvre de telles politiques industrielles.

Les manifestants ne demandent plus aujourd'hui un changement de gouvernement, mais un véritable changement de régime. Cependant aucun accord n'apparaît encore entre les différents organisations de l'opposition sur ce que que devrait être ce changement de régime.Les seuls qui se font entendre sont les islamistes, pour qui l'Algérie doit devenir une république islamiste n'ayant évidemment rien de démocratique. Il faut rappeler qu'existe en Algérie un parti islamiste dit modéré, le Mouvement de la Société pour la Paix. Il est prévisible qu'il sera vite débordé par des islamistes n'ayant rien de modéré, tels que Al-Qaeda au Maghreb Islamique dont l'ambition est de mettre en place un Califat régi par la Charia. Celui-ci ne manquera pas de combattants résolus à instaurer le terrorisme en Algérie même, en Tunisie, au Maroc et bien évidemment en Europe.

Tout aussi inquiétantes sont les manœuvre de la CIA et des intérêts industriels américains pour mettre la main sur les ressources pétrolières du pays. Ils encouragent les islamistes, de façon à déstabiliser le gouvernement actuel. Ceci leur permettra d'intervenir pour s'installer en Algérie et dans le Sahel. Plus généralement, une crise politique d'ampleur en Algérie provoquera des migrations massives vers l'Europe. Celles-ci mettront en difficulté les pays européens, supprimant la résistance que ceux-ci pourraient opposer à une remonté de l'influence américaine.

Note

Voir aussi ci-dessous l'analyse beaucoup plus complète du Général Delawarde

Algérie - R...pdf(99.26 ko)télécharger
19/03/2019

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