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Coronavirus et souveraineté du Royaume-Uni

Dès le début de l'épidémie le Premier ministre britannique Boris Johnson, aujourd'hui hospitalisé, avait déclaré que la Grande Bretagne affronterait seule la crise, sans faire appel à une coopération avec les autres Etats européens.

Ainsi il avait refusé de participer à une procédure d'achat en commun de ventilateurs et autres matériels manquant dans toute l'Europe Il avait précisé qu'ayant quitté l'Union Européenne, il procéderait seul en ce domaine.

Depuis, le 10 Downing Street a expliqué que ce refus apparent était du à une erreur administrative, ce qui était incroyable. Mais depuis déjà deux mois, Boris Johnson avait choisi la désastreuse politique d'immunité de groupe qui ne bénéficie qu'aux survivants. Il avait aussi refusé les mesures de restrictions des mouvements demandées par l'Organisation Mondiale de la Santé ainsi d'ailleurs que les tests massifs.

Il apparaît aujourd'hui que Boris Johnson était surtout occupé à préparer les multiples procédures accompagnant sa sortie de l'UE .sans accord avec celle-ci (no-deal Brexit) à la date prévue de juin 2020. Dans un discours du 3 février 2020, il avait expliqué que le Royaume pouvait faire seul face à la crise, évoquant le souvenir d'Horatio Nelson vainqueur seul des autres flottes européennes.

En fait, il obéissait à la pression des multinationales financières omniprésentes à la Bourse de Londres qui ne voulaient pas se trouver engagées, au prétexte d'épidémie, dans des contraintes leur imposant de renoncer ne fut-ce que marginalement aux principes du Libre Echange et de l'absence d'Etat régulateur. Elles voulaient et veulent encore conserver une totale liberté d'action, bien entendu dans le sens de leurs intérêts immédiats.

Aussi bien, dans son discours, Boris Johnson avait évoqué une ségrégation des marchés « pouvant causer des dommages économiques inutiles ». Le 17 mars, il vient d'être contredit par des chercheurs de l'Imperial College qui montrent, à partir de simulations informatiques, que sans des mesures de distanciation et de confinement obligatoires, le Royaume Uni pourrait rapidement enregistrer 250.000 décès au lieu des 5.000 actuels.

La situation de la Grande Bretagne, selon les statistiques officielles

Le dernier bilan des autorités britanniques, dimanche 5 avril, livre des chiffres de mortalité en légère baisse par rapport à la veille avec 621 décès supplémentaires du Covid-19. Le Royaume-Uni se rapproche de la barre des 5 000 morts depuis le début de l'épidémie avec à ce jour 4 934 décès. Le pays compte plus de 47 000 cas de coronavirus, soit près de 6 000 patients de plus par rapport à la veille. Le chiffre des cas et morts sont probablement sous-estimés, le Royaume-Uni ne recensant que les morts à l'hôpital sans tester systématiquement tous les cas suspects de Covid-19.

Face à l'ampleur que prend l'épidémie en Grande-Bretagne, la reine Elisabeth II a fait allocution solennelle le dimanche 6,  diffusée à la télévision britannique. "Nous vaincrons – et cette victoire sera celle de chacun d'entre nous", a lancé la souveraine de 93 ans. "Et ceux qui nous succéderont diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que les autres". Elle appelle ses concitoyens à tenir bon face à la situation. "Nous pourrions avoir à endurer plus encore", a-t-elle reconnu, alors que le Royaume-Uni déplore déjà près de 5 000 morts. "Mais des jours meilleurs viendront", a assuré Elisabeth II, en appelant les Britanniques à lutter avec "détermination" contre la pandémie. Il s'agissait seulement de la quatrième intervention extraordinaire d'Elisabeth II en 68 ans de règne. 

 Selon le Times, le Premier ministre Boris Johnson aurait reçu un traitement "à base d'oxygène". Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, premier ministre adjoint, le remplace « provisoirement »

Note au 06/04, 19h. On apprend ce soir que Boris Johnson a été hospitalisé dans un service de soins intensifs, son état s'étant brutalement détérioré. Nous lui souhaitons bien sûr une amélioration rapide.

 

06/04/2020

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