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En finir avec la précarité de la condition étudiante. Oui mais comment ?

Rappelons qu'un étudiant de 22 ans s'était  « immolé » par le feu (lire suicidé) devant un restaurant universitaire de Lyon le 8 novembre 2019.

Il est toujours entre la vie et la mort à l'hôpital. En difficulté financière - il avait perdu sa bourse en «triplant» sa deuxième année de licence à l'université Lyon 2 , il avait expliqué son geste dans un message où il alertait sur la précarité étudiante.

Cet événement avait provoqué de nombreuses manifestations, parfois accompagnées de violences, provenant de diverses organisations étudiantes sur des campus à Paris, Lyon où Lille. Voir entre autres un article du Figaro daté du 12 novembre.

Il est indéniable que la situation des étudiants est de plus en plus précaire depuis quelques années, notamment pour ceux qui ne réussissent pas rapidement à obtenir un diplôme ou à être recrutés dans une fonction correspondant en principe à leurs titres universitaires. Les plus nécessiteux peuvent obtenir des bourses, mais celles-ci ne peuvent être renouvelées plusieurs années de suite en cas d'échecs. Dans l'ensemble cependant, il faut admettre que depuis les années 1950, le statut des étudiants a été progressivement amélioré par diverses mesures législatives. Faudrait-il donc que tous ceux se trouvant en difficultés financières se suicident à grand bruit pour attirer l'attention sur leur statut de précarité ?

Il faut rappeler que les suicides proviennent de personnes dites suicidaires, ayant différentes raisons de passer un jour à l'acte. Le risque suicidaire est bien connu en psychiatrie. On lira à ce sujet un article de Psycom. Il en est de même du suicide proprement dit. Celui-ci, et c'est heureux, ne provient qu'exceptionnellement de personnes ayant des difficultés économiques ou d'insertion sociale. Elles pratiquent d'autre méthodes moins spectaculaires pour faire connaître leurs difficultés ou faire aboutir leurs revendications. Sinon, ce serait des dizaines de milliers de suicides, sinon plus, que l'on enregistrerait annuellement en France.

Ceci dit, les syndicats et organisations étudiantes peuvent légitimement revendiquer une amélioration de la condition des étudiants. Cependant celle-ci se heurtera vite à des limites dont la plupart ne tiennent pas à une mauvaise volonté des gouvernements. Ces limites sont bien connues. Le nombre des jeunes gens qui choisissent de passer le baccalauréat et qui y réussissent est de plus en plus élevé, au contraire au contraire de ceux qui se limitent à des études professionnelles non sanctionnées par le baccalauréat. Ces derniers trouvent relativement facilement des emplois, au contraire des bacheliers. Les bacheliers recherchent, après un troisième cycle d'études supérieures, des emplois très qualifiés et bien rémunérés. De tels emplois se révèlent aujourd'hui en nombre insuffisant pour permettre d'employer l'ensemble des étudiants, même lorsqu'ils réussissent convenablement leurs études.

Depuis longtemps, des bourses leur permettent de mener des études supérieures lorsqu'ils sont reconnus par l'Université comme étant dans une situation de précarité justifiant l'attribution de telles bourses. Encore faut-il que les bénéficiaires de bourses réussissent leurs études. Une bourse peut généralement être renouvelée une année en cas d'échec, mais pas au delà. Sinon, les bourses apparaîtraient comme un encouragement à la paresse intellectuelle et au chômage en résultant.

Il est certain qu'aujourd'hui le nombre des emplois justifiant des études de troisième cycle pourrait être augmenté. Mais ceci ne pourrait pas être faits dans le domaine des activités de type littéraire correspondant aux études conduites, non sans plusieurs échecs, par le suicidé de Lyon. Une forte demande existe dans le domaine des activités industrielles, technologiques ou scientifiques. Un certain nombre de postes correspondant à ces activités restent d'ailleurs souvent longtemps vacants, faute de candidats qualifiés.

Les pouvoirs publics pourraient certainement permettre aux entreprises publiques ou privées de recruter davantage à ces niveaux de qualification. C'est ainsi le cas dans le domaine des industries numériques ou des activités de type spatiale. Mais leurs possibilités en ce domaine restent limitées, compte tenu de la vive concurrence provenant notamment de la Chine, compte tenu aussi des difficultés budgétaires actuelles en France et en Europe.

N'en disons pas davantage ici, pour ne pas encourir le reproche d'une inadmissible insensibilité de cœur.

 

15/11/2019

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