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La destitution de Trump en vue

Avec la nomination par le département de la Justice de l'ancien directeur du FBI Robert Mueller, pour enquêter sur les liens présumés de l'équipe de campagne de Trump avec la Russie, la guerre menée contre Donald Trump pour provoquer sa destitution (impeachment) prend de plus en plus d'ampleur.
Face à cette guerre, il faut s'étonner de l'incroyable naïveté de Trump. Il s'est félicité de cette nomination qui permettra rapidement, selon lui, de faire la lumière sur l'inexistence de ces liens. Il ne s'est pas rendu compte, apparemment, que Robert Mueller se prépare à enquêter pendant des semaines à charge contre lui, soulevant ou inventant de plus en plus d'affaires engageant la responsabilité de Trump, que celui-ci sera incapable de démentir.

Devant une commission du Congrès, le vice ministre de la Justice (Deputy Attorney General Rod Rosenstein) a d'ailleurs affirmé que l'enquête ne se limitera pas à rechercher des éléments relevant du contre-espionnage, mais qu'elle devra prendre une forme accusatoire en terme de droit pénal intérieur. Chacun a compris que ce seront l'équipe de Trump et Trump lui-même qui pourront être mis en examen. Si des faits prétendument graves sont évoqués, la procédure de destitution de Trump pourra être immédiatement déclenchée, par les Démocrates d'abord mais vite rejoints par beaucoup de Républicains.

En cas de destitution, ce sera le vice-Président Mike Pence qui sera appelé à la Maison Blanche. Or celui-ci, proposé, là encore naïvement, par Trump pour se concilier l'establishment, est parfaitement réactionnaire. Il est l'opposé direct de Trump. Il fera le contraire de tout ce qu'a proposé Trump, notamment en vue d'une détente avec la Russie. L'on sait à Washington que, sans même attendre les résultats de l'enquête de Mueller, Mike Pence multiplie de façon non officielle les mises en causes de son Président.

Dans un article de Nicholas Kristof publié par le New York Times daté du 17 mai, celui-ci, comme son journal, ennemi déclaré de Trump, affirme que la présidence Trump pourrait dorénavant se désintégrer, ouvrant une période très dangereuse pour la nation https://www.nytimes.com/2017/05/17/opinion/trump-russia-mueller-special-counsel.html?ref=topics&_r=0

Il demande que les membres du cabinet de Trump, James Mattis, HR Mac Master, John Kelly, comme le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, soient mis désormais sous surveillance, vu qu'ils se comportent « comme des enfants ». Il recommande en terme voilés aux auteurs de la cabale contre Trump de faire appel aux militaires pour restaurer l'ordre.

Les autres médias, notamment le Washington Post, tiennent le même discours quasi insurrectionnel. Il n'est pas nouveau. Le 22 mars, dans le Times, l'éditorialiste Thomas Friedman avait déjà envisagé cette possibilité https://www.nytimes.com/2017/03/22/opinion/calling-on-a-few-good-men.html

Un coup d'Etat militaire « pacifique » contre Donald Trump a toujours été envisagé par le lobby militaro-parlementaire ayant inspiré la candidature d'Hillary Clinton. Aujourd'hui la machine destinée à détruire le président paraît de plus en plus enclenchée.

Posons une nouvelle fois la question: Trump s'en rend-il compte et si oui, qu'envisage-t-il de faire pour se défendre? Il n'est plus, hélas pour lui, dans la télé-réalité.

PS. 19/05, 22h Concernant Mueller, voir un point de vue différent de Alexandre Mercouris dans TheDuran
http://theduran.com/counsel-mueller-disappoint-democrats-media/







19/05/2017

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