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Priorités de la Commission européenne. Des objectifs mais sans moyens

Ursula von der Leyden est présidente de la Commission européenne depuis le 1er décembre 2019. Elle a précisé le 16 septembre 2020 pour le Parlement Européen les priorités pour 2021 que s'assignera la Commission sous sa présidence.

Bornons nous à constater que si ces objectifs sont très honorables, les moyens humains et budgétaires dont disposera la Commission pour contribuer à leur mise en œuvre, au delà de ceux des Etats-membres, n'ont pas été précisés par la présidente.

Ainsi, concernant la mesure la plus importante de ce programme, un plan de relance européen destiné à lutter contre la récession provoquée par l'épidémie de coronavirus, plan dit "NextGenerationEU", lancé fin mai 2020 et doté de 750 mrds d'euros, la Commission devra emprunter les moyens nécessaires sur les marchés financiers. 

De plus ce plan, le plus important jamais mis en place par l'Union, ne pourra exister qu'à condition d'être adopté à l'unanimité des Etats membres. Or les pays du Nord qui veulent un soutien constitué uniquement de prêts, s'opposent à ceux du Sud, qui n'acceptent que des subventions.

Il en sera de même des autres programmes présentés par Ursula von der Leyden : L'Union européenne de la santé, la protection des salariés et des entreprises face aux chocs externes, le renforcement de l'Union économique et monétaire, l'objectif 2050 du Pacte vert pour l'Europe, la création d'un plan commun pour l'Europe numérique.

Concernant la politique de santé face à l'actuelle épidémie, la Commission prévoit le renforcement du rôle et des pouvoirs de l'Agence européenne du médicament et de l'ECDC (centre de prévention et de contrôle des maladies), la création d'une agence de recherche et de développement biomédicaux avancés au niveau européen, un réexamen de la question des compétences en matière de santé de l'Union. De plus, organisé par la Commission et la présidence italienne du G20, un sommet mondial de la santé se déroulera en 2021 en Italie.

Sans être excessivement pessimiste, on peut craindre que ces différentes dispositions ne s'enlisent dans des discussions entre Etats-membres, concernant leur opportunité et les moyens devant y être affectés.

Ceci d'autant plus que les gouvernements de l'Union restent pour leur plus grande part sous le contrôle informel du capitalisme financier international basé aux Etats-Unis, ainsi que sous celui des Grands de l'Internet américain. Ceux-ci, dont Google est l'emblème, fabriquent des opinions publiques au service de leurs intérêts propres. 

Faut-il par ailleurs rappeler une fois de plus que l'Union européenne a été mise en place sous la pression de Washington, pour faire contrepoids à la Russie. Ainsi l'Allemagne, la première puissance économique en Europe, se montre incapable, malgré les bonnes intentions affichées par Angela Merkel, sa précédente présidente, de définir des politiques industrielles et stratégiques qui la rendent indépendante des Etats-Unis. Il en est de même de son successeur, Frank-Walter Steinmeier 

Voir

https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/ov/SPEECH_20_1655

 

17/09/2020

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