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Le fichage par Internet des individus en Chine

Une émission de France 2 le 24/04 à 20h a attiré l'attention sur la façon dont les autorités chinoises utilisent un Internet en voie de généralisation pour identifier les individus et constituer des fichiers intéressant ceux auxquels la police s'intéresse.

Des techniques très avancées, notamment la reconnaissance optique des visages de manifestants dans les lieux publics, sont de plus en plus utilisées.

Le journal Le Monde avait publié en avril 2018 un article détaillé sur cette question , (accessible seulement par abonnement). Depuis, avec la croissance accélérée de l'Internet en Chine, il est certain que le fichage high-tech, pour reprendre son terme, s'étend à des régions de plus en plus nombreuses. C'est le cas dans les innombrables villes chinoises et grands ensembles d'habitation se généralisant dans les zones économiquement en croissance. Potentiellement, une bonne moitié du milliard de citoyens chinois sera directement concernée.

Il va de soi que l'Internet de 5e génération dont l'opérateur chinois Huawei est en train de se donner une maitrise mondiale, notamment dans le cadre de ce que l'on appelle l'Internet des Objets, fournit pour cela des outils très efficaces. Huawei ne se cache d'ailleurs pas d'être directement financé par le gouvernement chinois. Il n'a pas de concurrent mondial sérieux, même aux Etats-Unis pour le moment.

Officiellement, la police chinoise utilise ces techniques pour identifier et empêcher de nuire des escrocs économiques ou de simples individus refusant par exemple de payer leurs achats ou de rembourser leurs emprunts.  Comme chaque citoyen sera doté d'une carte d'identité « intelligente » indispensables pour la plus petite des transactions, il est devenu courant pour la police d'y faire mentionner des avertissements tels que « mauvais payeur » qui permet au commerçant de refuser de vendre aux individus ainsi fichés.

Mais c'est d'abord la police  politique qui est la plus utilisatrice de cette méthode. Dorénavant, comme l'indique l'article, des mentions telles que « Danger pour la sécurité nationale » sont produites par le réseau lorsqu'une personne utilisant sa carte d'identité est obligée de la montrer. Inutile de dire que cette personne  est ensuite interdite de toute procédure officielle, autrement dit condamnée  à une sorte de réclusion.

Les Chinois semblent trouver cela normal. Les interviews faits pour l'émission de France 2 montrent que les personnes interrogées estiment que pour éviter d'être ainsi fiché, il suffit de bien se comporter. Mais si bien se comporter signifie, notamment dans le domaine politique, à se conduire conformément à ce que désire le gouvernement, il va de soi que les conditions d'une dictature complète sont potentiellement réunies. 

On considère, non sans raisons, que la Chine sera appelée, notamment dans le domaine de ce que l'on nomme le BRI (Belt and Road Initiative) autrement dit les Nouvelles Routes de la Soie, à coopérer économiquement avec de nombreux pays. L'Europe en fait déjà partie, notamment l'Italie. On ne voit pas comment éviter dans ces conditions, Huawei aidant, qu'elle n'exporte pas ses méthodes de fichage à l'occasion des relations avec ces pays.

Les services compétents en Europe, notamment en France, commencent à étudier des contre-mesures. Mais celles-ci seront d'application limitée, sauf à interdire toute transaction avec la Chine.

Par ailleurs, il faut se rendre compte que les méthodes de fichage par Internet sont encore dans leur enfance en Chine. Elles sont utilisées à bien plus grande échelle et sans que personne ne s'en offusque, dans le monde occidental. Les grands américains de l'Internet, ou GAFAS, possèdent déjà des fichiers détaillés sur chaque citoyen. Ils utilisent des données personnelles que chacun s'empresse de leur confier, sous prétexte de transactions en ligne. Ces données sont des mines inépuisables pour les polices, et notamment pour les services américains  tels que la CIA et la NSA.

25/04/2019

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