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La fusion froide prendra-t-elle une importance stratégique ?

Le terme de fusion froide  désigne des réactions supposées nucléaires à température et pression ambiante.

L'expression est devenue populaire à la suite d'une expérience réalisée par les chimistes Martin Fleischmann et Stanley Pons en mars 1989. Cette expérience faisait appel à un petit générateur présenté comme nucléaire nucléaire de la taille d'une machine-outil qui a produit un dégagement de chaleur non explicable par la quantité d'énergie électrique reçue.

Cette chaleur avait fait fondre l'électrode apportant l'électricité. L'expérience a longtemps été considérée par la communauté scientifique comme reposant sur une illusion, voire être une véritable escroquerie destinée à attirer des financements. Cependant de plus en plus de démonstrateurs analogues à ceux utilisés par Fleischmann et Pons ont été réalisés depuis. Ils font généralement appel à des matières cristallines saturés d'hydrogène ou de son isotope non-radioactif le deutérium.

Les défenseurs du concept de fusion froide ont accusé de ce silence les multiples intérêts attachés, pour remplacer les réacteurs à fission actuels,  à la promotion des réacteurs nucléaires utilisant les techniques déjà expérimentées de la fusion nucléaire  dite aussi fusion chaude. Cependant aujourd'hui existent de plus en plus d'investisseurs, notamment aux Etats-Unis et au Japon, qui voudraient relancer la fusion froide considérée comme pouvant changer significativement la lutte contre le réchauffement climatique. Ils ont développé différentes technologies permettant potentiellement de faire de la fusion froide une réalité industrielle à des prix abordables.

Au Japon les promoteurs comportent principalement les Mitsubishi Heavy Industries, la compagnie Mitsubishi Estate Company, Toyota, Nissan, Tanaka Precious Metals et la Miura Corporation, principale productrice d'équipements de chauffage. Aux Etats-Unis, Google qui veut ne laisser passer aucune opportunité, finance une étude inter-universitaire sur la fusion froide et recrute de plus en plus de jeunes chercheurs intéressés par ce sujet. En Europe on cite parfois le projet ITER comme susceptible de produire de l'énergie nucléaire de fusion peu consommatrice mais il ne s'agira aucun cas de véritable fusion froide.

Le terme désormais employé pour désigner la science de la fusion froide est celui de Condensed Matter Nuclear Science. Une conférence internationale sur ce sujet vient de se tenir en septembre en Italie à Assise. Elle est dite 22nd International Conference on Condensed Matter Nuclear Science (abrégé en ICCF-22)

Le moins que l'on puisse dire est que celle-ci n'a pas fait en France, championne internationale de l'énergie nucléaire classique chaude, les gros titres de la presse. Nous reviendrons sans doute sur ce sujet ultérieurement .

Référence

Voir Fusion froide sur Wikipedia

Pour en savoir plus sur le Japon, voir https://www.asiatimes.com/2019/11/article/cold-fusion-japan-takes-the-lead/

Note

Rappelons que la fusion est considérée comme une méthode d'avenir, visant à remplacer les actuelles centrales à fission. Celles-ci sont considérées comme trop consommatrices en uranium et surtout dangereuses du fait qu'elles produisent de trop importants déchets radioactifs dont le stockage est de plus en plus difficile.

16/11/2019

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