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Radicalisation islamique. Comment lutter contre elle?

Le Sénat a publié le 9 juillet un rapport et des propositions sur cette question. On le trouve sur le site du Sénat, sous le titre Rapport de la commission d'enquête sur les réponses apportées par les autorités publiques au développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre

Voir Rapport 

On y lit notamment :

Créée le 14 novembre 2019 à l'initiative du groupe Les Républicains, la commission d'enquête sur les réponses apportées par les autorités publiques au développement de la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre a conduit ses travaux pendant huit mois. Elle a organisé 58 heures de réunions, entendant 67 personnes, hommes et femmes du milieu associatif, chercheurs, acteurs institutionnels et responsables politiques dont le ministre de l'intérieur, le ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse, la ministre des sports et le secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

À l'issue de ses travaux la commission entend présenter un constat sur la réalité de la radicalisation islamiste dans notre pays et les mesures juridiques et politiques qui doivent permettre de lutter contre ce phénomène qui vise à soumettre une partie de la population à des normes prétendument religieuses et à la séparer du reste de la Nation.

Elle formule à cette fin des propositions destinées à doter les pouvoirs publics des outils nécessaires à son action, à renforcer l'information de tous les acteurs, à mettre en cohérence leur action et à protéger les enfants et les jeunes contre le radicalisme que ce soit dans l'éducation, dans leurs activités associatives et dans le sport.

«Une minorité de la population française de confession musulmane tend à adopter un comportement dont l'intransigeance prend prétexte de la religion», et vient heurter les valeurs de la République, indique le texte «Ces mouvements partagent un point commun : la volonté d'instaurer le "califat", c'est-à-dire le règne de Dieu sur terre», et nourrissent dans certains quartiers, de banlieues notamment, un «séparatisme» dangereux, sans toutefois quantifier ou détailler leurs agissements. Parmi eux figurent les djihadistes, principaux acteurs de la vague d'attentats qui a fait plus de 250 morts en France depuis 2015. Mais la commission vise également des mouvements musulmans rigoristes qui se disent non violents comme les salafistes (près de 40 000 estimés en France) ou les Frères musulmans (50 000), précisant n'avoir pas pu faire témoigner leurs responsables pour répondre à ces accusations.

L'interdiction de territoire aux idéologues cadres des Frères musulmans est d'ailleurs l'une des 44 mesures préconisées par le rapport pour lutter contre la radicalisation islamiste au sein de l'Etat, des associations, des écoles et dans le sport. Pour mieux «prendre en compte la dimension sectaire de l'islamisme», la commission prône le rétablissement de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), transférée en décembre dernier sous la seule autorité du ministère de l'Intérieur.

Elle demande également une augmentation des moyens de l'Etat pour mieux détecter les comportements ou discours «déviants», en renforçant le renseignement territorial et la police des cultes, et enfin une meilleure formation des élus et responsables locaux à leur détection. Elle réclame de rendre plus facile la fermeture des lieux ou associations diffusant des discours discriminatoires, haineux ou violents, ainsi que le non renouvellement des conventions signées avec des pays étrangers pour la formation des imams destinés à prêcher en France. Elle souhaite des contrôles accrus sur les écoles hors contrats, les élèves scolarisés à domicile, et sur ceux qui sont appelés à encadrer les jeunes en général – y compris dans le sport, où elle demande l'interdiction de toute propagande politique, religieuse ou raciale.

Une grande naïveté

Tout ceci traduit une prise de conscience indispensable bien que tardive des dangers multiples découlant de la radicalisation islamique. Mais beaucoup reprochent déjà au rapport sa grande naïveté. Il ne suffit pas d'évoquer des dangers. Il faudrait également demander une forte augmentation des moyens de l'Etat permettant de les combattre, notamment en termes de renseignement. Or le rapport est peu précis, sinon muet à ce sujet.

De plus, certaines propositions sont irréalistes. Ainsi la Commission semble attendre que les Frères Musulmans, organisation terroriste en principe interdite, aillent se faire bien docilement se connaître des autorités.

09/07/2020

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