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Démanteler Facebook...De qui se moque-t-on ?

Elizabeth Warren, candidate à la nomination démocrate pour la future élection présidentielle américaine, a la première annoncé qu'elle combattrait les GAFAs ou Géants de l'Internet Américains. Pour cela, elle les « éparpillerait » et « démantèlerait  » les plus importants d'entre eux. Chacun a compris qu'elle visait en priorité le plus géant d'entre eux, Facebook.

L'idée est reprise par un certain Chris Hughes, un des co-fondateurs de Facebook, qui en a démissionné. Dans une tribune publiée dans le New York Times, il déplore le pouvoir de Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, qui lui confère une influence énorme dans le secteur de l'innovation et de la concurrence. Il estime également que la liberté de choix dans le secteur commercial des utilisateurs de Facebook, leurs activités politiques et leur vie privée sont devenus  otages du fonctionnement de Facebook. Chacun sait en effet , même s'il ne le précise pas, que Facebook recueille un grand nombre d'informations personnelles sur les naïfs qui acceptent de communiquer par son intermédiaire.

Pour limiter le pouvoir de Facebook, Chris Hugues propose une « régulation ». A cette fin, il demande donc que le gouvernement américain « casse » le monopole de Facebook, en obligeant celui-ci de se séparer de ses deux acquisitions récentes, Instagram et WhatsApp, qui redeviendraient indépendantes. Il demande aussi que les pouvoirs publics mette en place d'une agence de supervision destinée à contrôler les initiatives de Facebook pouvant mettre en danger la démocratie. Il voudrait aussi une législation analogue au Réglement Général sur la Protection des Données européens, censé redonnant le contrôle de leurs données personnelles aux utilisateurs.

Facebook n'a pas tardé à réagir Dans un communiqué à CNN, Nick Clegg le vice-président à la communication et aux affaires juridiques explique que le réseau social « accepte qu'avec le succès, vient la responsabilité ». Mais « on ne renforce pas la responsabilité en appelant au démantèlement d'une entreprise américaine à succès ». Il appelle par contre à la mise en place (nécessairement au plan mondial), de nouvelles règles pour l'Internet. Inutile de dire qu'il sait parfaitement que cela ne se fera pas.

Zuckerberg à l' Elysée

Dans le même temps, on apprend que le 10 Mai, Mark Zuckerberg était reçu pour une deuxième fois par Emmanuel Macron. Après une première rencontre, Facebook avait accepté de recevoir une mission de fonctionnaires français chargés de mieux comprendre comment la plate-forme repérait et retirait des contenus postés par les internautes. Lors de cette seconde rencontre, l'un et l'autre se sont mis d'accord pour « réguler les contenus haineux en ligne ». Ce concept de « haine » plaît beaucoup à Emmanuel Macron. Mais il n'a aucun sens en terme de régulation public. S'il désigne seulement l'expression d'opposants politiques au président de la république, on peut tout craindre.

On déduira seulement de cette seconde rencontre que Mark Zuckerberg s'estimera plus que jamais  autorisé à censurer tous les échanges entre internautes ou tous les points de vue qu'il estimera contraires à ses intérêts. Plus que jamais il pourra recueillir des données personnelles sur les auteurs de « contenus haineux » et qu'il prétendra haineux, données dont il fera bon usage pour son compte ou qu'il se fera un plaisir de transmettre aux autorités.

Il est fait grand bruit aujourd'hui en France sur les fichiers de données personnelles que l'américain Monsanto recueille pour sélectionner des personnalités qu'il pourra utiliser comme lobbyistes en faveur de l'utilisation du glyphosate. La démarche de Monsanto est, à une échelle bien plus modeste, la même que celle de Facebook et autres GAFAs.

Inutile de dire que toutes les prétensions, à finalité politique ou commerciale, visant à éviter que des données personnelles ne soient recueillies et abusivement utilisées, sont de simples mensonges. Dans le monde qui se met en place de l'Internet des objets ou de la communication 5 G, les individus seront fichés et refichés sans aucun contrôle. Cela ne devrait pas empêcher les citoyens ayant des choses à dire ou à faire de le faire.

En France, sous l'occupation allemande, dans une société ou tout le monde dénonçait tout le monde, il n'y aurait pas eu de Résistance si certains n'avaient pas, au prix de leur vie souvent, couru le risque de résister. 

Note.

Sur ce sujet on pourra lire un article de La Quadrature du Net
https://www.laquadrature.net/2019/05/09/une-loi-contre-la-haine-anti-macron/

 

 

10/05/2019

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