Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

La Vague Rose en Amérique du Sud l'emportera-t-elle sur la Vague Conservatrice ?

On appelle Pink Wave (vague rose) la façon dont un certain nombre de gouvernements latino-américain se sont engagés depuis quelques années dans des réformes de type socialiste, visant à éliminer l'ultra-libéralisme imposé par les Etats-Unis à cette partie du monde que, en application de la doctrine de Monroe, ils considèrent toujours comme leur appartenant de droit.

La Conservative Wave, dite aussi Blue Tide, regroupe les gouvernements qui n'ont pas jamais voulu lutter contre l'hégémonie américaine ou qui sont retombés sous son emprise.

L'opinion semble-t-il la plus répandue dans le reste du monde est que la Pink Wave a toujours été extrêmement minoritaire. La démission et la fuite au Mexique du président bolivien Evo Morales lors de son quatrième mandat, sous la pression des classes dirigeantes américanisées, de l'Eglise, de l'armée et de la police qu'il n'avait pas osé purger des éléments les plus corrompus par les dollars de la CIA, est considérée comme signant la fin de la Pink Wave. Celle-ci serait désormais représentée par le seul Vénézuéla et encore, tant que celui-ci ne tombera pas à son tour sous les assauts des Conservateurs.

Mais ce point de vue serait erroné. Si les gouvernements demeurent encore en place, de massives contestations émanant des citoyens les plus politiquement influent, compromettent leur survie. Depuis quelques mois, l'on a pu constaté des soulèvements populaires en Equateur contre le président Lenin Moreno cherchant à imposer des « réformes » dictées par le Fonds Monétaire International (FMI) aux ordres de Wall Street. Celles-ci sont en fait en fait des mesures d'austérités pesant sur les seules classes populaires. De même des soulèvements ont explosé au Chili contre la hausse des prix des transports publics décidée par le président Sebastián Piñera et s'élevant contre les « réformes néolibérales » imposées par celui-ci, mettant en évidence le fait que système économique chilien est considéré comme le plus inégalitaire du monde.

On notera également l'élection récente en Argentine du « péroniste » (autrement dit interventionniste)  Alberto Fernández contre le président néolibéral Mauricio Macri qui se représentait pour un second mandat. Les élections présidentielles en Uruguay prévue pour le 24 octobre 2019 devraient voir le succès du gauchiste Daniel Martinez. La libération au Brésil du président Lula destitué au prétexte de corruption n'a pas été due à la mansuétude de l'actuel président Jair Bolsonaro mais à la crainte de manifestations massives provenant des anciens électeurs de Lula.

Ceci ne veut pas dire que les Etats latino-américain s'efforçant d'échapper à l'ordre néo-libéral imposé par le FMI et la Banque Mondiale pourront continuer à le faire longtemps , ou que d'autres pays pourraient rejoindre la Vague Rose. Washington tient en réserve d'autres formes de guerre, par exemple la « guerre hybride » faisant appel notamment à la cyber-guerre qui peut incapaciter totalement un Etat refusant de se soumettre. De même, des « révolutions de couleur » montées avec les classes dirigeantes, telle que celle ayant provoqué la chute en Ukraine du gouvernement légitime présenté comme trop proche de Moscou, sont toujours à craindre. Il est à prévoir que plus des possibilités de Vague Rose se préciseront dans le continent sud-américain, plus ces offensives américaines au service de la Vague Conservatrice seront à craindre.

14/11/2019

Europe Solidaire