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Le chantage occidental à la crise humanitaire en Syrie

L'avancée des forces de Bashar al Assad dans la région d'Idlib provoquerait selon des estimations approximatives l'exode sur les routes de centaines de milliers de civils fuyant les bombardements. De plus la situation est aggravée par les menaces d'intervention militaire de la Turquie qui n'hésite pas elle-aussi à bombarder.

De nombreuses diplomaties s'indignent et souhaitent une intervention de l'ONU. La France a dénoncé la plus grande crise humanitaire qu'ait connu la région.

Mais que veulent ces moralisateurs ? Que Bashar al Assad renonce à reprendre le contrôle d'une partie du territoire syrien où subsistent encore de nombreux combattants de l'Etat islamique, à juste titre considérés comme des terroristes? Faut-il laisser ce dernier continuer à faire de la région d'Idlib un bastion à partir duquel ses activités terroristes pourront se poursuivre en menaçant toute la région ?

En fait, ce que l'Occident reproche à la Syrie est de bénéficier du soutien de la Russie. C'est à elle que l'on impute la crise humanitaire. Les Etats-Unis, qui par les médias qu'ils contrôlent dénoncent cette dernière ont financé et armé les rebelles. Il n'est pas exclu qu'ils continuent à le faire. Quant à Erdogan, le président turc, il soutient et finance ses propres rebelles, dans l'objectif de s'approprier une grande partie de cette région et d'empêcher Bashar al Assad d'en réprendre la propriété.

La Russie n'a jamais caché qu'elle soutenait le gouvernement syrien. Celui-ci l'aide à lutter contre le maintien des intérêts américains dans la région, notamment autour des gisements pétroliers de Deir es-Zohr. Or le complexe industriel pétrolier américain n'a aucune envie de laisser ni la Syrie ni la Russie reprendre le contrôle de cette zone stratégique. La Syrie, par ailleurs, en ayant concédé à Moscou l'usage des bases militaires de Heimim et Tartous, contrarie l'omniprésence navale et aérienne de l'armée américaine en Méditerranée orientale.

Le chantage occidental actuel à la crise humanitaire n'a aucun souci humanitaire. Il s'agit de faire reculer Bashar al Assad en permettant aux Américains de reprendre en toute tranquillité leurs activités économico-militaires dans une région stratégique. A la fin de la seconde guerre mondiale, l'aviation anglo-américaine américaine a massivement bombardé la ville allemande de Dresde où pourtant l'armée nazie n'avait pas d'implantation. Il en est résulté plus de 35.000 morts parmi la population civile  Nul ne s'en est ému aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Il fallait bien gagner la guerre.

La meilleure façon de faire cesser la crise humanitaire en Syrie ne consiste pas à demander à l'ONU d'exiger l'arrêt des combats. Elle consiste à cesser d'appuyer les rebelles terroristes qui s'y trouvent encore.

21/02/2020

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