Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Si la pandémie se développe, elle exigera une coordination mondiale pour éviter une catastrophe

Cette coordination supposera un déploiement international des ressources médicales et pharmaceutiques disponibles dans les Etats du monde déjà mobilisés. Autrement dit, ils ne pourront pas garder pour leur seul usage la production et l'utilisation de ces ressources.

Les premières de ces ressources comprennent les moyens de diagnostic permettant d'identifier les porteurs de virus. Viennent ensuite les produits pharmaceutiques ayant montré, sans guérir à proprement parler, qu'ils pouvaient limiter la gravité de l'infection. Très vite s'imposera l'appel aux médecins et personnels soignants. En dernier lieu se fera sentir le besoin d'équipements hospitaliers, fussent-ils sommaires, pour héberger les patients les plus atteints. 

Il va de soi que ceci ne concerne que les aspects médicaux. Comme la généralisation de l'épidémie entraînera une désorganisation progressive des économies, les produits alimentaires les plus primordiaux se feront rapidement rares. Les pays les moins développés seront les premiers à en souffrir, mais aucun n'y échappera.

Les gouvernement mondiaux tenteront pour diverses raisons, notamment pour ne pas être accusés d'incompétence, de minimiser ces risques ? Il y a quelques jours, Donald Trump avait déclaré que les risques de pandémie étaient grossièrement exagérés. Probablement voulait-il conserver pour les seuls Etats-Unis les ressources dont dispose potentiellement la première puissance économique mondiale. Cependant ces propos ont suscité l'indignation. Très vite, la réalité s'imposera à tous.

Dans ce cas, il paraît vain d'espérer qu'une coordination internationale puisse s'organiser. Chaque Etat gardera pour lui les moyens de lutte dont il dispose, faisant valoir qu'ils sont déjà insuffisants pour son propre usage. Si comme il est probable, l'épidémie s'étendait au Moyen Orient, en Afrique et d'autres pays pauvres, la perspective déjà évoquée par l'OMS de voir le tiers de la population mondiale frappé par le virus deviendrait une réalité. Peut-être même s'agirait-il de plus d'un tiers.

Constater qu'aujourd'hui une coopération internationale se met en place entre les laboratoires peut être rassurant. D'ores et déjà l'ADN du virus a été décrypté, ainsi que les cellules du corps humain les premières affectés. Des médicaments déjà existants, tels que la chloroquine ou le sapilavir pourraient ralentir la progression du coronavirus. Plus sérieusement, un sérum voire un vaccin pourraient être rendus disponibles d'ici les 6 prochains mois. Mais ceci ne doit pas rendre excessivement optimiste. Produire ce vaccin en quantités suffisantes pour protéger en temps utile les 7 milliards d'individus composant la population mondiale relève de l'illusion.

Le seul élément d'optimisme est que la mortalité à ce jour est restée faible. Mais si les populations meurent de faim, notamment du fait de la non-coopération internationale, le résultat final sera tout autant catastrophique. Si une petite partie des trilliards de dollars dépensés par les Etats-Unis dans le domaine du budget militaire avait été affectés à la recherche médicale, notamment en matière de virologie, l'actuelle épidémie aurait sans doute pu être arrêtée dès son apparition.

 

 

27/02/2020

Europe Solidaire