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19/01/2021 Faut-il parler de « scandale Sanofi » ?

Au moment où le laboratoire pharmaceutique français Sanofi est encore incapable de proposer un vaccin efficace contre le Covid 19,  il va supprimer 400 emplois non pas dans ses services administratifs, mais en recherche et développement R&D. Ceci lui permettra de réaliser deux milliards d'économie d'ici à 2022.

Selon Olivier Bogillot, le président France de Sanofi. «Il va y avoir environ 1 000 départs en France, sur un calendrier de trois ans, dans différentes parties de l'organisation, dont la R&D. Il s'agira en principe de départs volontaires ». Mais on peut douter que les chercheurs de Sanofi veuillent quitter l'entreprise en pleine épidémie. Ceci d'autant plus que Sanofi ne devrait pas fournir de vaccin efficace avant fin 2021.

La CGT a dénoncé «quinze années de plans d'économie successifs chez Sanofi. Comme résultat, Sanofi a perdu la course au vaccin contre le Covid après avoir bénéficié de 1,5 milliard d'euros de crédits d'impôts divers depuis dix ans».

Il est surprenant qu'aujourd'hui le gouvernement français ne s'oppose pas à ces suppressions d'emplois. Même si certains chercheurs voulaient se retirer, il serait possible de faire appel à de jeunes diplômés de l'université, qui aujourd'hui craignent avec la crise de ne pas trouver de travail.

Actuellement, en France, avec la décision gouvernementale d'encourager la vaccination chez de plus en plus de personnes, des ruptures de stocks ont été signalées concernant les vaccins américains Pfizer et Moderna. Si Sanofi n'avait pas renoncé pour raison de profit à tenir un premier rang dans la course mondiale aux vaccins, un vaccin Sanofi disponible aujourd'hui aurait pu permettre de remédier à ces pénuries. Il ne s'agit plus seulement de profit capitaliste. Des milliers de vie sont en jeu.

Ceci confirme une opinion de plus en plus répandues en France, selon laquelle des recherches vitales de ce type devraient être conduites dans les universités ou dans le secteur publique hospitalier, plutôt qu'abandonnées aux géants de l'industrie phamaceutique. Les budgets publics disposent des ressources nécessaires, à condition de retarder des domaines moins prioritaires.

Ceci s'impose de plus en plus du fait que les épidiémologues prévojent l'apparition de nouvelles pandémies peut-être plus meurtrières dans les années prochaines. 

 

19/01/2021

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