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Poutine en difficulté à Moscou pour son manque de réaction

Tout le monde sait désormais, grâce aux échos donnés par les médias, que le 17 septembre 2018, vers 23 h, un avion militaire russe de reconnaissance du type Il-20 avait subitement disparu des radars russes, alors qu'il retournait à sa base de Khmeimim en Syrie.

Selon le ministre russe de la défense, à la même heure précise, quatre F-16 israéliens envoyait des missiles air-sol, comme ils ont pris l'habitude de le faire, sur des objectifs militaires syriens à Lataquia. Le ministre Russe n'a pas accusé les F-16 israéliens d'avoir attaqué volontairement l'Iliouchine. Il s'est borné à dire que les F-16 avaient suivi de près l'avion russe, pour s'abriter derrière l'écho bien plus important qu'il envoyait aux radars syriens. Ils voulaient seulement bombarder une base syrienne de défense anti-missiles équipée de missiles S-200 acquis précédemment de la Russie. Les missiles syriens ont détruit par erreur l'Iliouchine, qui a été abattu avec 15 militaires russes à bord, tous tuées.

Peu après, Moscou a accusé les avions israéliens d'avoir été à la source de l'incident, mais il ne les a pas accusé d'avoir délibérément détruit l'Il 20. Le lendemain, Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse tenue à l'occasion d'une visite de Victor Orban, n'a pas mis en cause directement les avions israéliens. Il s'est borné à offrir ses condoléances aux familles des victimes. Il a promis que les Russes feraient toutes investigations utiles sur le cas, tout en indiquant que les chasseurs israéliens selon lui n'avaient pas attaqué l'avion russe, mais que la chute de celui-ci avait résulté d'une suite de circonstances tragiques.

La Russie a-t-il dit allait en conséquences prendre toutes mesures nécessaires pour renforcer la sécurité des bases russes.

La prudence extrême de Poutine dans cette affaire a provoqué l'indignation d'une opposition nationaliste de plus en plus déterminée. Elle a parlé d'un effacement du Président devant l'Occident, voire d'une trahison. Mais elle n'a pas dit clairement ce qu'elle aurait attendu de lui. Devait-il faire attaquer par l'aviation russe une base aérienne israélienne, voire ordonner l'attaque d'un de ses appareils entrant dans l'espace aérien syrien? Compte tenu de la complicité d'Israël avec Washington, ceci aurait pu être considéré par ce dernier comme une agression russe, justifiant une riposte militaire américaine. Un enchaînement catastrophique aurait pu en découler.

On a dit aussi dans d'autres cercles militaires russes que Poutine cédait aux injonction du « lobby juif » fortement représenté en Russie par des citoyens russes restés en bonne relation avec Israël dont ils avaient émigrés. Si cela était le cas, cela fragiliserait considérablement le Kremlin et Poutine au regard de l'opposition nationaliste russo-russienne.

Dans ces circonstances on peut craindre que Netanyahu, très largement téléguidé par les Américains, ne décide de faire attaquer directement par son aviation les deux bases russes en Syrie, quitte à provoquer de nouvelles pertes humaines russes. Ou bien Poutine continuera à prendre cela avec prudence, et ce sera sa chute politique assurée, ou bien il fera bombarder directement des objectifs militaires israéliens, passant aux yeux du monde comme n'hésitant pas à provoquer une troisième guerre mondiale.

Note au 20/09

L'article référencé ci-après traduit du quotidien pan-arabe Raim al Youn préconise qu'au minimum, la Russie et la Syrie abattent tout avion militaire israélien pénétrant sans autorisation préalable dans l'espace aérien syrien. Nous avons évoqué ci-dessus cette hypothèse, en ajoutant que Poutine n'oserait sans doute pas le faire, compte tenu d'une réaction violente de Washington. Mais après tout, en droit international, un pays n'est pas autorisé à commettre une action militaire sur le territoire d'un autre, sans exposer à des répliques de même nature.
L'article évoque aussi la nécessité de fournir à la Syrie des anti-missiles de dernière génération, ce que Moscou n'avait pas voulu faire jusqu'à présent. Peut-être reviendra-t-il sur ce refus. Mais ces anti-missiles sont d'un maniement difficile, et demanderaient initialement des équipages russes.

http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i70862-atwan_isra%C3%ABl_a_humili%C3%A9_poutine

Voir aussi un article de Stephen Bryen, expert (américain) en technologie militaire, qui suggère que l'Iliouchin a été abattu non parce que des chasseurs israéliens se cachaient dans son « ombre », mais du fait de l'incompétence des artilleurs syriens. Ce n'est certainement pas impossible. Mais l'argument fait le jeu de ceux qui aux Etats-Unis cherchent toujours à opposer les Russes à leur allié Bashar.

http://www.atimes.com/article/russian-plane-was-shot-down-by-syrian-air-defense-unit/?

 

19/09/2018

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