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La panne de Galileo est-elle accidentelle ?

Le système global de positionnement par satellites européen Galileo 1) est en panne depuis le 11 juillet. La mise en service de celui-ci a été longue, et émaillées de divers incidents, pour ne pas dire accidents, notamment deux satellites non positionnés sur leur orbite prévue, qu'il a été très difficile de récupérer.

Mais c'est à ce jour la constellation complète des 26 satellites en orbite qui ne fonctionne plus. Autrement dit l'ensemble des utilisateurs maritimes, aériens et terrestres qui avaient commencé à s'en servir, sont obligés de recourir au système américain GPS 2) que Galileo devait concurrencer. Seul le sous-Système SAR de recherche et secours en mer a continué de fonctionner.

L'agence européenne en charge de sa gestion, la Global Navigation Satellite Systems Agency » ou GSA  3) n'a que très tardivement donné des informations sur cette panne. Aujourd'hui, l'agence européenne explique que les satellites ne sont pas en cause, mais que le problème provient de l'infrastructure terrestre, affectée par ce qu'elle nomme un incident technique 4). Le terme est bienveillant. Que de tels incidents techniques se renouvellent, et Galileo sera définitivement abandonné, soit au profit du GPS américain, soit à ceux à ceux des concurrents russe GLONASS et chinois Beidou entrés en service depuis quelques mois.

On peut espérer que l'enquête dite technique de la GSA n'omettra pas d'étudier l'hypothèse selon laquelle la panne aurait été provoquée par un agent intelligent jouant le rôle d'un cyber-terroriste introduit sur un réseau qui ne serait pas suffisamment protégé. Si l'hypothèse est étudiée, il est quasiment certain que, faute de preuve concluante, elle incriminera un cyber-terrorisme russe dont l'Otan, notamment, ne cesse de dénoncer les milliers d'attaques diverses, généralement déjouées mais présentées comme révélant la volonté de Moscou de détruire non seulement la défense européenne mais les réseaux civils de service mis en place dans les pays européens.

Nous ne pouvons pas évidemment ici discuter une telle hypothèse. Il serait curieux cependant que la Russie s'en prenne à Galileo. Elle ne peut espérer que les utilisateurs de ce dernier fasse appel en secours à GLONASS. Un peu de réflexion devrait au contraire faire étudier l'hypothèse selon laquelle Galileo aurait été piraté par un cyber-agent américain, mis en circulation par le Département de la Défense DOD, la CIA ou la NSA, afin d'aider à déconsidérer le concurrent européen du GPS américain.

L'enjeu serait en effet d'un grand intérêt pour les Etats-Unis. Il serait en premier lieu stratégique car toutes les communications militaires et civiles envisageant d'utiliser Galileo seraient rabattues sur le GPS américain dont les bonnes relations avec le DOD et la CIA sont connues de tous les services de renseignements. Mais il serait aussi commercial. Avec l'explosion prévue du recours au positionnement satellite dans le cadre d'une société devenant globalement numérique, le GPS américain aura un bel avenir, commercial ou politique. C'est ainsi que le dénommé « Internet des objets » prévoit de recourir au GPS pour localiser de tels objets, tels des gardes-manger, au sein même des immeubles afin de prévenir les cyber-grands magasins futurs du fait qu'ils peuvent envoyer des offres commerciales aux heureux possesseurs de telles cuisines numérisées.

Références

1) Galileo https://fr.wikipedia.org/wiki/Global_Positioning_System

2) GPS https://fr.wikipedia.org/wiki/Galileo_(syst%C3%A8me_de_positionnement)

3) GSA Global Navigation Satellite Systems Agency https://www.gsa.europa.eu/

4) GSA en date du 14 juillet : Galileo, the EU's satellite navigation system, is currently affected by a technical incident related to its ground infrastructure.

 

16/07/2019

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