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Avant la rencontre à Brégançon le 19 août de Vladimir Poutine et Emmanuel Macron

Verra-t-on à l'occasion de cette rencontre la résurgence d'une alliance stratégique franco-russe ?

Pour Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, c'est un retour à la politique du réel. «C'est une tentative très utile pour sortir la France et si possible l'Europe d'une impasse, d'une guerre de positions stérile engagée depuis des années, avec des torts partagés des deux côtés, notamment depuis le troisième mandat de Vladimir Poutine, et qui a abouti à une absurdité : nous avons des rapports plus mauvais avec la Russie d'aujourd'hui qu'avec l'URSS pendant les trois dernières décennies de son existence !»

Verra-t-on cependant cette rencontre inaugurer une nouvelle alliance stratégique franco-russe ? Ce terme d'alliance stratégique ne signifie pas que France et Russie deviendrait des alliées au sens plein, comme l'est la France avec les autres pays de l'Union européenne. Il s'agirait seulement de conjuguer des efforts politiques, diplomatiques, voire économiques sinon militaires, pour permettre aux deux pays de s'imposer en Europe et dans le monde en termes de puissance autonome. Ni Emmanuel Macron ni Vladimir Poutine ne le disent explicitement, mais un des objectifs serait de contrer la politique américaine visant à faire de l'Europe une avant-garde docile dans sa lutte toujours recommencée contre la Russie.

La France et la Russie ont toujours eu des relations fragiles mais tenant à un fil solide, tant durant la seconde guerre mondiale que durant la Guerre froide. Charles de Gaulle avait beaucoup surpris à l'époque en affirmant la nécessité d'une alliance franco-russe, ceci malgré le caractère diabolique prêté à la Russie soviétique d'alors. Depuis les relations dans le domaine de la recherche scientifique, de l'industrie, de l'économie et aujourd'hui de la lutte contre le changement climatique se sont multipliées. 

Emmanuel Macron avait fort mal pris le refus récent d'Angela Merkel d'une proposition visant à relancer du couple franco-allemand qu'il avait récemment formulée. L'Allemagne avait ainsi confirmé que malgré sa puissance industrielle récemment acquise, elle voulait demeurer ce qui avait été qualifiée de « puppet » de l'Amérique au sein d'une Alliance Atlantique qui lui était toute dévouée.

Les optimistes se demandent si aujourd'hui Emmanuel Macron ne serait pas un Charles de Gaulle sans le vouloir explicitement

 

 

17/08/2019

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