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Chef des armées? Oui mais pour quoi faire?

Le Chef d'Etat Major des Armées Pierre de Villiers était totalement dans son rôle en protestant contre la réduction du Budget de la Défense décidée apparemment de son propre chef par Emmanuel Macron. Il a protesté contre le programme de 800 millions d'économies imposées par Macron sur le budget 2017.
Ceci au moment où, cette même année, les charges de la défense n'ont cessé de croitre, compte tenu des différents théâtres où les forces armées sont engagées, celui de la lutte contre le terrorisme n'étant pas le moindre. De l'avis de tous ceux qui connaissent un peu la question, la moitié sinon plus des véhicules est non opérationnelle. Le défilé du 14 juillet ne doit pas faire illusion. Un coup de peinture dissimule fort bien des mécaniques à bout de souffle. Quant aux hommes, tout au moins dans l'armée de terre, ils sont eux-aussi à bout de souffle. Maintenir le niveau de sécurité actuel sera très difficile. Faire face durablement à une aggravation des attaques serait impossible.

On a reproché son propos à Pierre de Villiers. Mais il avait eu lieu à huis clos, devant la Commission de la Défense de l'Assemblée nationale. Il y a eu une fuite. Celle-ci fut en fait la bienvenue, car toute la presse a rapporté les propos du Chef d'Etat-Major et si l'on en croit les observations des lecteurs, le public a dans l'ensemble réagi très favorablement. Par ailleurs, nul ne peut penser que la promesse d'Emmanuel Macron consistant dans les prochains exercices à augmenter le budget de la Défense de 2 milliards pourra être tenue. Les promesses n'engagent que ceux qui y croient.

Macron ne sortira pas grandi de cet évènement, quelles que soient les décisions prises lors de la convocation du général à l'Elysée. Loin d'aborder la question en comité fermé, il a voulu faire une démonstration publique d'autorité. Or pour s'opposer en public aux militaires, la qualité de Chef des armées conférée constitutionnellement au Président de la République ne suffit pas. Macron n'a pas le passé ni les références de Charles de Gaulle quand il a fait rentrer dans le rang les militaires représentants de l'OAS.

Les faits qu'il n'a jamais servi et qu'il n'a pas vraiment étudié les problèmes de stratégie que doit affronter la France et son armée sont connus de tous. Quelle que soit la décision qu'il prendra finalement, son prestige de Chef de l'Etat n'en sortira pas grandi. Dans les conflits ou difficultés à venir, chacun d'entre nous en supportera les conséquences pendant toute la durée du quinquennat.

Faut-il ajouter que dans cette affaire, la ministre des Armées, Florence Parly, que nul n'a jamais entendue sur rien, sera plus inaudible que jamais.



17/07/2017

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