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Que va faire Israël après les élections du 17 septembre?

Vu le rôle essentiel joué par Israël dans la politique américaine visant à reprendre le contrôle du Moyen-Orient, on doit s'interroger sur les conséquences de l'échec du premier ministre sortant Benjamin Netanyahu lors des élections législatives du 17 septembre.

Netanyahu s'était fait remarquer ces derniers mois comme un activiste (un faucon) dans la préparation d'un affrontement avec la Syrie, l'Iran et la Turquie, soutenues par la Russie. Mais bien plus largement, il avait tenté d'enrôler les intérêts militaro-industriels américains dans cette lutte, malgré les résistances de Donald Trump. Nul ne s'était dissimulé que derrière cette politique, le contrôle des réserves pétrolières de l'est-méditerranée était aussi en jeu. On ajoutera que les liens scientifiques et économiques entre Tel-Aviv et Washington sont tels que les deux pays se revendiquent souvent comme des colonies économiques l'un de l'autre.

Aucun des deux partis arrivés en tête lors des législatives ne peut former une coalition selon les résultats quasi définitifs du scrutin publiés vendredi 20 septembre par la commission électorale. Le parti centriste Bleu-blanc de Benny Gantz obtenu 33 sièges, contre 31 pour le Likoud de Benjamin Netanyahu. selon la commission électorale, qui a précisé que les résultats définitifs seraient donnés après le décompter les votes de 14 bureaux où des irrégularités avaient été signalées. La troisième plus grande formation issue du scrutin de mardi est la Liste arabe unie qui a obtenu 13 sièges, devant les 9 sièges du parti ultraorthodoxe séfarade Shass. Le parti ultraorthodoxe ashkénaze Yaadout Hatorah (Judaïsme unifié » a obtenu 8 sièges, comme la formation laïque nationaliste de l'ancien ministre Avigdor Lieberman. Puis vient la liste de droite radicale Yamina avec 7 mandats, le Parti travailliste qui obtient 6 sièges et la liste de gauche du Camp démocratique avec 5 sièges.

On ne manquera pas de souligner, non sans raisons, qu'Israël peut se présenter comme une démocratie politique à l'occidentale. Ce n'est pas le cas des Etats voisins, ni même de la Russie. Cependant, aussi démocratique qu'il soit, au moins en apparence, l'Etat Juif reste inspiré par la religion dominante, le judaïsme, même si les musulmans et les chrétiens y sont aussi présents. De ce fait, Benjamin Netanyahu n'avait jamais caché que derrière les intérêts qu'il défendait, se posait la question de la survie de la religion juive, intéressant quelques millions de citoyens, entourée par 300 millions de musulmans, dont un nombre croissant se trouvent radicalisés par les tenants d'un Islam de combat. Beaucoup répètent à l'envie qu'Israël n'a pas de place légitime au Moyen Orient et qu'il doit disparaître.

De plus, vu les soutiens qu'apportent à Israël les nombreux militants du judaïsme présents aux Etats-Unis, avec l'AIPAC, en Europe et même en Russie, on peut penser qu'avec ou sans Netanyahu, la politique internationale d'Israël ne changera pas. L'on n'est pas avec ce pays dans une situation comparable à celle des Etats occidentaux, où les questions religieuses ne jouent plus qu'un rôle mineur. Pour ces diverses raisons, qu'il considère comme une question de survie, Israël ne remettra pas en cause le soutien quasiment inconditionnel qu'il avait apporté jusqu'à présent à ce qu'il faut bien appeler l'impérialisme américain.

 

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20/09/2019

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