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Le FMI. N'en jetez plus, par pitié !

L'institution, dirigée par la française et ex-banquière Christine Lagarde, vient de faire connaître, dans les conclusions de sa revue annuelle de l'économie française publiée le 17 juillet, sa vision enthousiaste des politiques de réformes annoncées par le président français.
Le FMI avait depuis longtemps dénoncé ce qu'il appelait une politique française bloquant les possibilités de croissance. Soit un marché du travail manquant de souplesse, autrement dit protégeant excessivement les droits des salariés; des finances publiques grevées par une dette trop lourde autrement dit favorisant trop d'investissements publics; une fiscalité mal orientée, autrement dit  pénalisant excessivement les revenus les plus élevés.

Ce faisant, le FMI reprenait à l'égard de la France les « recommandations » qu'il adresse depuis toujours aux pays en difficulté. Il leur reproche sans le dire clairement un reste de nationalisme les empêchant de s'ouvrir suffisamment aux grands intérêts financiers, principalement américains, qui dirigent l'institution.

Or le FMI estime aujourd'hui que Emmanuel Macron s'engage dans une bonne direction pour remédier à ces maux qui freinent la croissance française. Le «solide mandat politique dont dispose Emmanuel Macron» rend possible «un paquet de réformes courageuses et complètes».

Une mention spéciale est accordée à Emmanuel Macron par le FMI en matière de finances publiques. La réduction drastique des dépenses annoncée par le gouvernement, qui affiche pour objectif de ramener le déficit public à 0,5% du PIB, est qualifiée d'«appropriée» par le FMI. Ce dernier précise qu'il est «vital de mettre en œuvre de profondes réformes de dépenses à tous les niveaux des administrations publiques, y compris les collectivités territoriales». Ces réformes devraient comporter sans doute, bien que le FMI ne le précise pas, une réduction considérable du budget militaire.

Sur le sujet du marché du travail, le FMI salue la réforme «vaste et ambitieuse» en faveur de la flexibilité des entreprises, ainsi que la refonte de l'assurance-chômage annoncée par l'exécutif. Même satisfaction concernant l'imposition du capital : les baisses de charges et d'impôts sur les sociétés et la réforme de l'ISF «devraient stimuler l'investissement et la croissance de l'emploi».

Le Parlement, doté d'une écrasante majorité de représentants du mouvement En Marche, se félicitera sans doute de cette bénédiction du FMI. Cependant tout ce qui reste à gauche hostile aux « réformes » Macron, notamment au sein des syndicats, et qui tentera de s'y opposer, trouvera là confirmation du fait que ce sont les grands intérêts financiers susnommés qui ont financé la campagne de Macron. Ceux-ci attendent désormais en retour du gouvernement français les politiques de régression sociale dont le FMI se fait le soutien dans le reste du monde capitaliste.

20/07/2017

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