Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Un ministre indigne de l'être

C'est la première fois dans l'histoire qu'un chef, civil ou militaire, ayant perdu une bataille, explique qu'il n'en est pas  responsable mais que ce sont ses adjoints qui le sont.

C'est pourtant ce que vient de faire inénarrable Castaner qu'Emmanuel Dominique Macron avait jugé bon, pour d'obscures raisons sans doute inavouables, de nommer ministre de l'intérieur. Depuis les affrontements, les rixes et les destructions qui se sont greffés sur la manifestation des Gilets Jaunes aux Champs Elysées le 16 mars, il ne cesse de répéter sur toutes les tribunes qu'il n'en est en rien responsable. Les responsables selon lui étaient le préfet de police et d'autres hauts gradés dont il a incontinent obtenu la démission.

Il s'agit, comme nul n'en ignore désormais tellement ce limogeage a fait scandale, non seulement dans la police mais dans l'opinion, de celui du préfet de police Michel Delpuech (voir photo) de son directeur de cabinet et du chef de la DSPAP (Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne). Castaner les a démis de leurs fonctions, a-t-on dit, pour fautes graves, autrement dit pour incompétence.

C'était pourtant sous la responsabilité dudit Castaner et en application peut-on penser de ses instructions que ces hauts responsables se trouvaient placés et qu'ils avaient agi. Faut-il rappeler les fortes paroles du maréchel Joffre à propos de la victoire de la Marne : « je ne sais pas si j'ai gagné cette bataille, mais je sais bien, en cas de défaite, qui l'aurait perdue ».

Concernant les déprédations commises par des casseurs n'ayant rien de jaune le 16 mars, certains fonctionnaire de police osant s'exprimer sous le manteau expliquent que, s'ils ne sont pas intervenus plus tôt, c'était parce qu'ils avaient reçu l'ordre de laisser faire. Si Michel Delpuech n'était pas loyal, il pourrait expliquer la même chose. Il dirait de plus que l'ordre était venu du ministre de l'intérieur Castaner.

Or celui-ci, trop occupé sans doute à boire et à danser dans les cabarets, n'avait pas apparemment réfléchi aux conséquences de son l'ordre de non-intervention. C'est tout le gouvernement et au delà le président de la République qu'il met ainsi en cause. On ne manque pas d'ailleurs de se demander à quel moment ledit président se décidera à obtenir la démission de Castaner, au lieu de le laisser parader dans les médias. C'est sa propre responsabilité, au moins morale, qu'Emmanuel Macron met ainsi en jeu.

 

 

20/03/2019

Europe Solidaire