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La Russie redevient l'ennemie par nature de l'Amérique

Mitt Romney, pour l'emporter dans sa compétition avec Barack Obama, n'a pas hésité à relancer les pires ressorts de la guerre froide, quand il a proclamé à la convention républicaine de Tampa que la Russie était « l'ennemie géopolitique n°1 des Etats-Unis ».


Il ne fait qu'officialiser ce que chacun peut constater. Le soutien permanent aux résurgences des révolutions Orange, les agressions constantes menées au nom des droits de l'homme par des officines russes financées par la CIA et autres agences, auxquels s'ajoute la volonté d'imposer contre vents et marées aux pays européens de s'intégrer dans un BMDE prétendu dirigé contre l'Iran et manifestement dirigé contre la Russie, montrent bien que la Russie reste pour les Etats-Unis l'ennemi à abattre. La raison en tient selon nous à ce que le lobby politico-militaro-industriel américain ne supporte toujours pas la force de frappe nucléaire qu'a conservée la Russie. Cet arsenal, bien que très dégradé, fait de celle-ci la seule puissance au monde, encore aujourd'hui, capable le cas échéant de s'opposer militairement à l'Empire américain.


Qu'importe, dira-t-on, si Romney, comme probable, n'est pas élu. Obama remettra de l'ordre dans tout cela. Il aura déjà suffisamment de fil à retordre avec le monde arabo-musulman dont il continue avec persévérance à se faire un autre ennemi géopolitique. Mais ne nous y trompons pas. Si Obama est élu, ce serait avec la bénédiction du même lobby politico-militaro-industriel américain que courtise aujourd'hui Romney. Il se gardera bien de le décevoir en ne reprenant pas le refrain anti-russe clairement claironné par ce dernier.


Pour le moment Vladimir Poutine semble prendre cela avec philosophie (voir http://rt.com/politics/putin-romney-obama-washington-moscow-elections-943/), comme si l'antagonisme de l'Amérique ne le surprenait pas, faisant partie si l'on peut dire de l'état d'un monde avec lequel la Russie est habituée depuis des décennies à composer. Les Européens cependant ne pourront pas rester entre deux chaises. Ils devront clairement choisir leur camp, comme Poutine d'ailleurs, habilement, les y inviter.


Où bien ils persisteront à jouer les « toutous » de Washington, y compris en continuant à dépenser des sommes démesurées pour implémenter leur part du BMDE, ou bien ils rechercheront sans détour les voies d'une coopération stratégique explicite avec la Russie et, plus largement, avec les autres composantes du BRIC. Ceci voudra dire, y compris dans l'immédiat au Moyen-Orient, se désolidariser enfin des positions américaines – dont les conséquences catastrophiques apparaissent par ailleurs de plus évidentes. Qu'en pense l'Allemagne? Et qu'en pense la France?


Sur ce sujet, voir aussi « Le cadeau de Romney à Poutine » http://www.dedefensa.org/article-le_cadeau_de_romney_poutine_17_09_2012.html

17/09/2012
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