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La biodiversité élément de la souveraineté de l'Europe

Claude Figureau est botaniste et phytosociologue. Il a notamment dirigé le Jardin botanique de Nantes. Aujourd'hui il effectue de nombreuses missions, comme formateur mais surtout expert et consultant international tant auprès d'organismes publics que privés, au service de la biodiversité. Il voit dans celle-ci, à juste titre, un élément essentiel de souveraineté pour l'Europe. JPB


Historique


L'érosion de la diversité biologique n'est plus à démontrer. Entendons par là, la disparition d'habitats entiers et des populations d'espèces qui assurent le maintien de ces habitats. Les associations non gouvernementales internationales et nationales ont attiré l'attention des décideurs depuis de nombreuses décennies. En partant du constat que les ressources biologiques de la terre assurent le développement économique et social de l'humanité toute entière. Dès 1989 le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) va convoquer un panel d'experts pour étudier la possibilité d'une convention internationale. Le cadre de réflexion des experts a été défini ainsi « la nécessité de partager les coûts et les avantages entre les pays développés et ceux en voie de développement ainsi que les voies et moyens visant à soutenir l'esprit d'innovation des populations locales.» (CDB), leurs travaux vont être couronnés de succès avec l'adoption, le 22 mai 1992, du texte de la Convention sur la diversité biologique lors de la Conférence de Nairobi.

C'est au sommet de la terre à Rio le 5 juin 1992 que la convention est ouverte à la signature, elle le restera jusqu'au 4 juin 1993 et obtiendra 168 signatures. La Convention est entrée en vigueur le 29 décembre 1993, quatre-vingt-dix jours après la trentième ratification. La première réunion de la Conférence des Parties a eu lieu du 28 novembre au 9 décembre 1994 aux Bahamas. (cf. CDB) Toutes les nations d'Europe de l'époque ont été signataires de la convention sur la diversité biologique. Le terme contracté de biodiversité sera crée par Edward O.WILSON de l'université de Harvard (l'un des experts qui a participé à son élaboration). Ce terme fera très vite le tour de la planète et connaît aujourd'hui de nombreuses interprétations parfois très éloignées de ce qu'avaient élaborés les concepteurs de la convention et le concept de biodiversité est-il aussi très largement galvaudé.

Rappelons que les civilisations anciennes grecque et latine (Théophraste, Aristote, Pline l'ancien) se préoccupaient déjà de la nature et avaient déjà élaboré des systèmes de classification, cet héritage a nettement influencé la renaissance des sciences naturelles en Europe, d'abord en Italie avec CESALPIN, John RAY en Angleterre, J.-P de TOURNEFORT en France, le grand Charles LINNE, en Suède ...,Ce dernier influencera très nettement cette discipline, en donnant un statut à l'espèce et en inventant des systèmes de classification pour les trois règnes ( végétal, animal et minéral). Il sera aussi à l'origine d'une nomenclature scientifique binaire encore usité à ce jour.

A cette époque il y a un vrai projet politique en Europe sur l'exploration scientifique principalement végétale mais aussi animale et géographique car c'est à cette époque que le contour actuel des continents est enfin dessiné et connu. Point n'est besoin de rappeler ici le rôle qu'ont joué les pays d'Europe dans cette connaissance du vivant. Rappelons aussi que c'est en Europe que s'est organisée la conservation de nombreuses espèces principalement dans les jardins botaniques et les zoos. Les nombreux légumes qui garnissent nos assiettes ont été introduits durant cette période, Mais n'oublions pas les plantes médicinales et aussi les plantes décoratives qui font l'ornement des parcs et jardins actuels.

L'Europe va acquérir un développement rapide dès cette époque, Prenons l'exemple de la France avec une agriculture ancienne qui a fortement influencée l'ordre de la nature, les défrichements du moyen âge, et un nombre d'agriculteurs important puisqu'ils étaient 8 250 000 en 1900. L'exode rural commence alors et en 1954 il ne reste plus que 5 135 000 agriculteurs sur le territoire, en 1970 il n'en reste plus que 1,6 million et en 2000 ce ne sont seulement que 664 000 exploitations qui persistent. (PERCEE - ARESTE) L'industrialisation de l'agriculture a entrainé les remembrements qui permettront une meilleure exploitation des terres au grand dam des espaces naturels qui vont vite être cantonnés à la portion congrue des territoires principalement en France, ce qui se solde par d'importantes pertes d'habitats, auquel il faut rajouter le développement des routes autoroutes, voies ferrées, les barrages, l'extension de l'urbanisation etc.


La biodiversité

La diversité biologique est avant tout un concept qui met en lumière la variété et la variabilité de tous les organismes vivants, allant du plus petit microbe, jusqu'aux plus gros des animaux connus comme la baleine bleue.

La variabilité s'exprime d'abord au niveau génétique, c'est effectivement dans les gènes de chacune des espèces que s'effectue dans leurs populations le brassage génétique totalement nécessaire à la survie de l'espèce, Cette variabilité génétique est le moteur de leur évolution et par conséquent de leur capacité à s'adapter en fonction des changements de leur environnement. Aux limites de l'aire géographique occupée par chaque espèce se joue en permanence une réadaptation génétique pour maintenir l'espèce aux limites que lui impose son environnement. C'est aussi ce qui fait de chaque être vivant un organisme génétiquement modifié (par rapport à ses géniteurs).

Ensuite vient évidemment la variabilité des espèces, l'espèce est l'unité fondamentale du vivant, comme l'a démontré LINNE, elle est issue d'une très longue évolution commencée il y a plusieurs milliards d'année avec l'apparition de la vie dans les océans. Mais il faut entendre dans cette variabilité des espèces, la variété de leurs formes de vie, la diversité des complexes d'espèces qui s'associent pour former tantôt une prairie, une lande, une forêt etc. de leurs interactions, par exemple le rôle que jouent les plantes dans la formation des sols, et des processus écologiques que ces espèces influencent et dont ils sont les acteurs, (entendons là des populations de centaines ou milliers d'individus d'une même espèce qui côtoient des centaines d'autres espèces dans un même biotope). Cette description nous amène à la notion d'écosystème.

Mais avant de parler des écosystèmes il est important de se rappeler que tous les êtres vivants espèce par espèce forment des populations importantes. Evidemment nous les humains, sommes particulièrement intéressés par notre propre population dans laquelle nous nous reconnaissons en tant qu'humain, mais si nous réfléchissons que représentons-nous avec nos 6,5 milliards d'individus par rapport aux milliards d'individus qui constituent la population mondiale de fourmis, aux milliards d'individus que forment les milliers d'espèces de microbes, de virus, aux milliards de graminées des prairies etc. il faut donc nous rappeler que nous ne sommes qu'une population vivant parmi d'autres populations et que bien malheureusement nous perturbons sans nous en soucier, bien qu'elles assurent notre quotidien et assurent indéniablement notre survie.

Tous les éléments qui viennent d'être évoqués représentent le vivant (les biocénoses) des différents milieux (les biotopes) forment la mosaïque des écosystèmes de la planète, allant du plus petit que représente un micro écosystème sur un simple rocher ou les macro écosystèmes que sont les océans. L'ensemble de ces écosystèmes forme notre cadre de vie, définit notre biocénose dans un ensemble plus grand qu'est la biosphère.


D'où nous vient la biodiversité ?


Toute cette magnifique histoire dont l'homme est un acteur tardif a débuté il y a bien longtemps alors que le terre était sans doute un immense rocher qui se refroidissait lentement avec une atmosphère irrespirable. « Par ailleurs, on a pu penser que les conditions écologiques, en particulier la température, étaient plus extrêmes à l'époque où la vie est apparue sur Terre. On a aussi suggéré que la vie aurait pu apparaître à proximité de sources hydrothermales sous marines comme celles des rifts où l'on trouve des archaébactéries hyperthermophiles. Le mode de vie extrêmophile correspondrait alors aux conditions de milieu qui régnaient sur Terre il y a 3,5 à 3,8 milliards d'années » (D. Pol, PRAG) Il y a 2,5 milliards d'années commence l'histoire de la biodiversité avec l'apparition dans les océans de micro algues photosynthétiques (Cyanobactéries). Leur sortie des eaux est généralement admise au début du cambrien il y a 540 millions d'année. Nous devons aux Cyanobactéries la diversité des formes de vie actuelles elles sont en quelque sorte avec les archébactéries nos ancêtres.

Mais toute cette construction de la biodiversité ne s'est pas déroulée sans accroc. Les paléontologues nous enseignent qu'il y a eu de nombreuses crises qui se sont soldées par 6 grandes extinctions partielles remettant en jeux la biodiversité de l'époque. Cependant après chaque crise, la diversité est ressortie agrandie, augmentée en nombre parce que les nouvelles conditions ont permis à de nouvelles espèces d'apparaître. Qu'en sera-t-il d'ici 100 ans ? Il s'agit bien pour nous aujourd'hui d'un véritable défi pour essayer de mesurer et enrayer notre impact sur la destruction de la biodiversité.

E.- O.WILSON, au cours d'une communication lors du colloque sur la biodiversité de l'Unesco à Paris en 2005, a précisé que nous ne connaissons qu'une infime partie de la diversité planétaire. Et nous savons que se perdent chaque jour des espèces qui n'ont pas encore été découvertes, étudiées et décrites. Le rythme actuel sous la pression d'une seule espèce l'homme le rythme de disparition 1000 fois plus rapide qu'il y a 65 millions d'années. Évidemment ce sont des chiffres qu'il faut manier avec beaucoup de précaution car la résistance des espèces à des variations infimes du climat est encore assez mal connue.

En Europe les prospections naturalistes qui se sont déroulées du XVIIe au XXe et qui se poursuivent encore aujourd'hui permettent d'avoir une approche quantitative des espèces mais malgré tout certains groupes restent encore à dénombrer.


La biodiversité en Europe

Il est possible de définir les limites européennes du vivant à partir du travail des phytogéographes qui découpent la planète en plusieurs grands empires floristiques, (rappelons que le végétal forme les habitats et que les animaux en sont les habitants). L'hémisphère tempéré nord est compris en entier dans l'empire floristique Holarctique. Des végétaux et animaux ont une aire géographique holarctique comme notre prêle des champs qu'on retrouve en Amérique du nord et jusqu'au Japon

Si nous regardons par-dessus la terre en survol au dessus du pôle nord nous constatons que l'empire Holarctique est divisé en 10 régions. L'Europe est contenue presque entièrement dans la Région euro sibérienne, seule les zones méditerranéennes en sont exclues. Au sud, l'Europe se poursuit jusqu'aux limites méditerranéennes des continents, et correspond à une zone sud européenne sous influence méditerranéenne. Ce qui veut dire qu'il y a une rupture véritable et que les organismes vivants de cette région seront différents pour un certain nombre, alors que d'autres moins sensibles seront commun aux deux territoires

Mais les phytogéographes vont encore plus loin et divisent la région euro sibérienne en deux grands domaines, dont la frontière se situerait dans la vallée du Rhône en France pour se poursuivre vers le nord à travers la Belgique et dans la partie ouest de la Suède. A l'est de cette ligne imaginaire nous sommes dans le domaine Medio européen sous influence climatique continentale, alors qu'à l'ouest de cette ligne on entre dans le domaine atlantique, qui est sous influence climatique océanique, lequel se dégrade de plus en plus à mesure qu'il s'approche à l'est du domaine médio européen. Il y a donc une Europe souveraine en matière de biodiversité, partagée et protégée. L'Europe avec son réseau Natura 2000 s'est déjà organisé, a décrit une grande partie de ses habitats a publié des espèces et des espaces à protéger dans chaque état et pousse les états membres à conserver 15% de leur territoire en zone naturelle. Il est indispensable d'offrir ces surfaces au maintien des habitats et des espèces.

Anne KINZIG, du Département de biologie, (Université de l'Arizona) a proposé lors de sa communication dans l'Atelier 7 - Biodiversité et zones urbaines (Unesco à Paris en 2005) une vision inattendue de la terre vue du ciel la nuit. Ces images lourdes de sens montrent combien l'urbanisation de l'est des U.S. et la presque totalité de L'Europe et bien d'autres régions sont densément urbanisées et laissent peu de place à la nature. Si nous regardons encore très en détail, à partir des images proposées par Goggle earth, on découvre qu'entre les zones urbanisées, les espaces sont presque exclusivement des zones agricoles. Dans un tel contexte chaque parcelle d'espaces sauvages est à prendre en considération dans l'organisation du territoire, parce qu'il ne sera sans doute plus possible de vivre correctement sans suffisamment de biodiversité

Toujours d'après WILSON, les causes de la disparition de la biodiversité s'expriment à travers cinq lettres « H.I.P.P.O » . ». La lettre « H » représente la première cause au travers de la perte récurrente des habitats. Le « I », représente les espèces invasives qui posent déjà de nombreux problèmes dans bien des régions du globe. La libre circulation des êtres vivants végétaux et animaux marque l'arrivée d'espèces dites invasives, qui dans certains cas menacent des écosystèmes entiers. Le premier « P » pour les pollutions qui affectent principalement les espèces animales et dans une moindre mesure les plantes.

L'autre « P » met en évidence la démographie qui réduit progressivement les espaces par l'urbanisation nécessaire à la population. Enfin le « O » pour Over harvesting désigne la chasse et la pêche industrielle.


Que nous apporte la biodiversité?

On peut considérer que la biodiversité rend des services écosystémiques que l'on peut ranger en quatre grandes catégories

Tout d'abord les services  services d'approvisionnement : en nous fournissant les aliments, ressources génétiques, substances biochimiques, et la fourniture d'eau douce, les fibres, et du combustible

Puis on peut parler des services de soutien avec la production primaire, fourniture d'habitats, recyclage des éléments nutritifs, rétention et formation des sols, la Production d'oxygène atmosphérique et bien sur elle intervient dans le cycle de l'eau

Ensuite ce sont les services de régulation tels que la résistance aux invasions, herbivorisme, la pollinisation des plantes, la dispersion des graines donc des espèces, la régulation de l'eau, la lutte contre les parasites, la régulation des maladies humaines, la protection contre les orages, protection contre l'érosion, et l'épuration de l'eau

En dernier ce sont les services culturels tels que les valeurs spirituelles et religieuses

Les systèmes de connaissances, d'éducation et l'inspiration, les valeurs récréatives et esthétiques, le sentiment d'appartenance

Finalement toute cette vie bouillonnante concours au Bien être humain, à sa sécurité: élément de base pour une bonne qualité de vie, les valeurs culturelles et spirituelles qui nous permettent de vivre ensemble.

Pour illustrer ce propos je donne ici deux exemples intéressants qui portent sur les rapports entre la biodiversité des espèces sauvages pour l'alimentation et la pharmacie. Les cas du choux et de laitue. Ces deux plantes ont en commun, le fait qu'elles sont largement cultivées pour l'alimentation en Europe. Elles partagent aussi le fait que la culture les protège des parasites de toute forme par les traitements que leur applique les agriculteurs. Après de très nombreuses années de culture parce qu'elles n'ont plus de contact avec des parasites, elles finissent par perdre leur immunité et deviennent de plus en plus sensibles aux maladies, au point que les traitements phytosanitaires deviennent totalement indispensables, jusqu'au moment où il n'est même plus possible de les maintenir avec les traitements, tellement elles sont virosées. Il y de nombreux cas connus en agriculture et horticulture.

Prenons le chou, lors d'un programme d'amélioration devenu indispensable, il a fallu réinjecter des gènes de chou sauvage dans les choux cultivés. L'organisme chargé de ce travail s'est adressé à tous les jardins botaniques proches de la mer, leur demandant de collecter des graines de chou sauvage sur les côtes rocheuses, leur habitat naturel. Tous les jardins botaniques ont répondu qu'il n'y avait plus de chou sauvage dans leur région et l'on est arrivé au constat suivant : le choux sauvage avait disparu des côtes d'Europe à force de cueillette. Il n'y a que sur les côtes normandes à Etretat que persistaient quelques choux sur des falaises inaccessibles. Ce sont des alpinistes qui ont été dépêchés pour y collecter quelques graines afin de reprendre ce programme d'hybridation de variétés choisies afin de les rendre plus résistantes. Quant à la laitue ce fut plus facile de trouver dans la nature des pieds sauvages et de cette récolte est né la laitue à feuille de chêne caractère hérité de sa parente sauvage, la laitue scarole.

Dans un tout autre ordre d'idée, pour illustrer tout ce qu'on pourrait tirer de nos plantes européennes, je prendrai l'exemple de l'Angélique des estuaires, parce que c'est une des rares plantes très étudiée. Dans le cadre d'un plan de conservation dans l'estuaire de la Loire il était nécessaire d'effectuer de nombreux travaux, génétiques, biochimiques et écologiques. Cette espèce endémique de la France a un habitat fragile car elle colonise les berges des estuaires des grands fleuves de la façade atlantique. On connaît l'intérêt des estuaires pour l'économie qui engendre de nombreux aménagements. Cette espèce a fait récemment l'objet d'étude génétique afin d'organiser son plan de conservation dans l'estuaire de la Loire. En avant première sur les autres estuaires.

A l'occasion d'un travail de monographie sur le ombellifères, J.-P. REDURON, du conservatoire botanique de Mulhouse s'est intéressé à la biochimie de cette espèce. Voici quelques résultats. Les racines contiennent 27 composés biochimiques dont 15 sont des composés nouveaux. On trouve dans les racines des substances qui contrôlent l'environnement donc qui organisent autour de la plante son voisinage par une action sur les germinations des autres espèces et aussi de sa propre descendance en limitant sa surpopulation. Les feuilles contiennent 16 composés dont six potentiellement nouveaux et l'on y trouve une substance répulsive contre les insectes qui s'attaquent aux feuilles. Quant aux fruits ils contiennent 16 composés dont 1 potentiellement nouveau et l'on trouve du farnésène, une hormone d'alarme du puceron qui vise à débarrasser la plantes de ces parasites. Si l'on prend le cas de l'Angélique des estuaires elle est d'un grand intérêt phytochimique avec ses 22 molécules non connues plus celles qui ont un effet prononcé sur son environnement puisqu'elles jouent un rôle important, comme on l'a vu, elle est un acteur majeur de son écosystème grâce à ces substances interactives.

Peu d'espèce sur la quinzaine de mille présente en Europe bénéficient d'une telle recherche nous avons donc bien un vrai patrimoine non exploité qu'il faut protéger.

Biodiversité européenne, économie et société

Ces espèces vivantes qui occupent le territoire européen, représentent une somme considérable de gènes, et des milliers de molécules. Il en va de même dans chaque partie du monde.

Les grands groupes internationaux de l'agroalimentaire et en particulier les puissants américains ont aujourd'hui des besoins considérables d'accession à ces matériaux biologiques pour alimenter leur recherche dans un premier et enfin le dépôt de brevet principalement de végétaux génétiquement manipulés. Cela se traduit évidemment par de nombreuses royalties pour les firmes qui vont produire de nouvelles variétés par ce biais, comme ce fut le cas autrefois avec la création variétales par hybridation (exemple les hybrides F1, les producteurs doivent chaque année racheter des semences hybrides).

Mais il y a aussi un autre aspect non négligeable et celui-ci est géopolitique par la main mise qu'apportent ces nouvelles variétés sur le devenir des populations en détenant l'accès à la production de denrées alimentaires à partir de ces variétés souvent performantes.

La santé humaine est aussi dépendante de la biodiversité, près de 60% des médicaments proviennent des végétaux et dans une bien moindre mesure de la faune. Les grands groupes pharmaceutiques sont fortement intéressés par tous ces aspects, principalement financiers. Ces grands laboratoires détiennent la aussi un pouvoir important sur les peuples par le biais de leur santé. La course est déjà commencée et certains laboratoires s'y sont jetés en tentant de s'adjoindre ces ressources.

L'autre sujet important est celui de la conservation des semences des espèces cultivées. En effet depuis des milliers d'année l'homme a amélioré les plantes soit par sélection ou hybridation au point qu'on retrouve sur la planète de nombreuses variété cultivées spécifiques à des régions ou des vallées (près de 300 variétés de maïs conservées en Bolivie ou plus 4000 variétés de riz en Asie). On a parlé récemment de stockage dans le grand nord de milliers de graines de variété d'espèces cultivées du monde entier. Là encore c'est un beau projet que NOVETHIC mais qui est derrière ce projet ? « Reste encore le problème de l'accessibilité au coffre fort de  Spitzberg. Le gouvernement norvégien en est l'ultime garant mais il partage son pouvoir avec la Global Crop Diversity Trust qui est une entité privée. Comme le souligne non sans ironie Grain.org » (Novethic) et qui est l'entité privé qui finance quel but poursuit-elle ?


L 'Europe pourrait cependant être souveraine dans tous ces domaines et pour plusieurs raisons :

D'abord parce qu'elle à une biodiversité sauvage originale comme démontré dans cet article parce que qu'elle constitue, c'est évident un patrimoine biologique extrêmement important pour la sauvegarde de son patrimoine cultivé, du moins en ce qui concerne les espèces sauvages européenne qui ont été domestiquées, tels que le chou ou la laitue et bien d'autre. Même si aujourd'hui des mesures européennes sont prise de protection fortes pour tout ce qui est la diversité remarquable, plantes et animaux, mais la diversité ordinaire et ses habitats le sont beaucoup moins, et leurs espaces se réduisent fortement sous la pression humaine.

Ensuite parce que l'Europe possède la plus grande banque public de semences de tous pays réunies grâce ses jardins botaniques tels Kew Garden à Londres, JB Edimbourg, JB et conservatoire de Genève, JB royal de Belgique à Meise, JB d'Amsterdam, JB de Copenhague Muséum National d'histoire naturelle de Paris, JB de Berlin, JB de Padoue un des plus anciens etc.

Et enfin on peut y rajouter les grands herbiers historiques d'Europe où il serait encore possible d'y récolter du matériel génétique...Kew, Paris, Genève Amsterdam ...où sont conservés des milliers de planches botanique Or ces dernier pour les ressources qu'ils renferment doivent être protégés de la convoitise de ces groupes car désormais ce matériel collecté au cours des siècles passé fait partie intégrante de l'histoire de l'Europe et celle-ci est une garantie pour les pays du sud afin d'en éviter le pillage. Les jardins botaniques ayant une éthique, appliquent les règles de la convention sur la biodiversité. Mais cependant certains n'ont pas vu dans les alliances avec ces groupes comme un moyen pour ces derniers d'avoir accès à ces richesses biologiques à moindre frais.


En conclusion que faut-il en déduire ? Que la biodiversité est un patrimoine européen unique et surement un des éléments de souveraineté européenne puisque le vivant fixe ses propres frontières, qui finalement, concordent assez bien avec les frontières de L'Europe actuelle. La biodiversité en devient un patrimoine commun inaliénable.

Claude Figureau









24/06/2012
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