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European Big Brothers

La Suède prépare une loi sur la surveillance électronique d'une ambition exceptionnelle. Mais la France ne sera pas en reste, avec le projet de loi dit LOPSI. Celui-ci prévoit notamment la perquisition en ligne au coeur des ordinateurs des citoyens et à leur insu.

La si démocratique Suède prépare une loi sur la surveillance électronique défendue par son gouvernement de droite. Ce texte prévoit une surveillance des  communications électroniques d'une ambition exceptionnelle Toute information câblée depuis et vers la Suède passera à travers un filtre qui réagira à des mots-clés. De très vifs débats ont accompagné la présentation de ce texte, mais la volonté de la majorité au pouvoir semble inébranlable.

Dans la non moins démocratique France, le président de la République active la préparation d'une nouvelle loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Lopsi).  Promis durant la campagne de 2007 pour prolonger et compléter celui de 2002, ce texte encore en phase d'arbitrage témoigne à nouveau d'une conception ultra sécuritaire de la société.

Le point le plus inquiétant concerne  les perquisitions en ligne sur les ordinateurs de n'importe quel citoyen et "sans le consentement des intéressés", pendant une durée de quatre mois renouvelable une fois. Certes, de telles "captations informatiques" ne pourraient être effectuées qu'à la demande d'un juge d'instruction. Mais l'on sait que des règles similaires ont aisément été transgressées pour les écoutes téléphoniques, au mépris du respect élémentaire de la vie privée des individus.

Ne présentons pas ici les autres dispositions, notamment le fichier informatique Périclès, qui  permettrait d'étendre de manière extrêmement large les pouvoirs d'investigation des forces de police. Si un tel fichier voyait le jour, il croiserait  de nombreuses données sur la vie privée des citoyens (numéro de carte grise, de permis de conduire, de puce de téléphone portable ou factures...).

Revenons sur les « perquisitions » au cœur des ordinateurs personnels des citoyens. Que l'on contrôle les échanges externes suspects, que l'on saisisse un micro pour analyser son disque dur, soit ,  si la lutte anti-terrorisme et anti-criminalité l'exige. Mais pénétrer à l'insu du détenteur du micro dans le cœur de celui-ci est révulsant, même sur demande d'un juge. On sait en effet que ce sera la porte ouverte à l'insertion discrète de fichiers et documents compromettants dans les ordinateurs  des gens que l'on voudra poursuivre ou faire chanter, qu'ils aient ou non contrevenu effectivement aux lois. Les bonnes vieilles méthodes de police utilisaient le même procédé, en faisant déposer discrètement au domicile d'un adversaire du pouvoir des documents justifiant son arrestation. Encore fallait-il qu'un argousin se rende physiquement à son domicile. Dorénavant, cela sera à la portée de tous, policiers ou criminels – car ceux-ci ne se priveront pas d'utiliser les mêmes techniques.

On peut supposer que la fraternité entre Big Brothers étant bien établie, les autres Etats européens vont rapidement suivre de si bons exemples. Dire que l'on plaignait les citoyens américains d'être soumis au Patriot Act. Nous aimerions entendre les industriels du secteur des télécoms déplorer les conséquences restrictives qu'auront de telles mesures sur les échanges et donc sur leurs revenus, plutôt que pleurer à propos de la taxe destinée à financer l'audiovisuel public.
26/06/2008
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