Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Elio DI Rupo, un Premier ministre comme il en faudrait beaucoup en Europe

Si nos voisins européens se dotaient de chefs de gouvernement partageant les vues constructives du Premier ministre belge, on pourrait espérer une sortie de crise en Europe que ne permettrait pas la seule réduction des dépenses publiques. On peut même penser que l'avenir de l'Europe en tant que grande puissance indépendante deviendrait enfin crédible.


Elio Di Rupo s'était fait connaître en France il y a quelque jours par son soutien aux projets européens du candidat François Hollande, alors que les autres chefs de gouvernement semblaient se préparer à faire barrage contre ce dernier. Les chroniqueurs avaient attribué cela aux relations d'amitié et aux idées socialistes qui rapprochaient les deux hommes. Cependant les convictions de Elio Di Rupo étaient le produit d'une longue réflexion sur les méthodes qui permettraient à l'Europe de surmonter la crise.

Nous extrayons d'un interview qu'il vient de consentir au Monde (15 mai 2012, p. 8) les passages suivants. Nous y retrouvons pour notre part avec satisfaction certaines des orientations que nous recommandons sur ce site depuis longtemps, et que, peut-on l'espérer, le président Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, désigné ce jour, pourront faire partager par les représentants des autres Etats composant la zone euro.


Quel équilibre faut-il entre rigueur et croissance ?

La rigueur est nécessaire - pas l'austérité -, mais n'aura de sens que si elle favorise la croissance, l'emploi, la prospérité. Je suis ravi d'entendre la Commission évoquer une taxe sur les transactions financières, la stratégie 2020 avec un souci prioritaire pour l'emploi, une meilleure utilisation des fonds structurels, une augmentation du capital de la Banque européenne d'investissement, une mutualisation de la gestion de la dette, etc.

...

Vous êtes sensible au thème de la réforme du marché de l'emploi...

Les conservateurs font un blocage idéologique : le marché unique, sans contraintes, serait la solution à tout. En réalité, peu de gens sérieux considèrent encore que le marché pourrait s'autoréguler miraculeusement. C'est l'autorité publique qui doit assurer l'équilibre. Donc oui à la réforme, mais pour quoi faire ? Enrichir les banques et les managers ? Ou favoriser l'activité et l'emploi ? La Sécurité sociale n'est pas une charge : en Belgique, elle est très solide, et le pays est l'un de ceux qui ont le mieux résisté à la crise.

Donc, que doit on réformer au niveau européen ?

On réforme les marchés publics, on développe le commerce électronique et le brevet européen, on crée des fonds d'entrepreneuriat dans l'économie sociale, on uniformise les directives comptables, etc. Et surtout, on avance dans la réforme du système financier, pour que les marchés redeviennent des instruments de l'économie réelle. Il faut établir une distinction entre banques de dépôt et banques d'affaires.

Faut-il renégocier le traité budgétaire? comme le réclame François Hollande ?

Il faut le compléter, pour lui ajouter un protocole doté de mécanismes contraignants et assurer la mise en oeuvre de la Stratégie UE 2020. Mais c'est le fond qui importe, pas la forme. Dans la Stratégie 2020, on s'est focalisé sur le volet économique en négligeant notamment l'éducation. Dans le domaine de l'emploi, on ne peut laisser une génération de jeunes se désespérer. C'est un inadmissible gâchis, peut-être un crime. Il faut développer la recherche & développement, les réseaux européens dans le domaine de l'énergie, des transports, des télécommunications. Il faut renforcer le Fonds social européen pour récupérer des gens peu qualifiés.

Où trouver l'argent ?

Pour les "pare-feu" contre la contagion de la crise financière, on a trouvé 800 milliards d'euros. C'était nécessaire. On peut avoir le même raisonnement pour la relance et pour des investissements structurants favorables à l'emploi. Les transactions financières s'élèvent à 3 100 milliards d'euros chaque jour dans le monde. En Europe, elles pèsent de 400 000 à 500 000 milliards d'euros par an : une taxe sur ces montants ne créerait pas de catastrophe...

...

Vous êtes favorable aux euro-obligations ou aux "project bonds" ?

Oui, mais laissons la porte ouverte à toutes les modalités pratiques susceptibles d'assurer la relance.

L'Allemagne et d'autres invitent la Belgique à se réformer, et notamment à revoir l'indexation automatique des salaires...

Il est fatiguant d'entendre des idéologues ou des fonctionnaires exprimer leur désir de tout modifier ou de détruire la Sécurité sociale. La Belgique tente de tenir le cap budgétaire, réforme son système de retraites et mène, en parallèle, une importante réforme institutionnelle. Elle ne connaît qu'un véritable problème : son stock de dettes, revenu à environ 100 % du PIB en raison de la crise bancaire et financière.


Elio Di Rupo. Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Elio_Di_Rupo

15/05/2012
Vos réactions
Dernières réactions
Nombre de réaction(s) : 1
M. Di Rupo est bien timide dans sa volonté d'échapper à la pensée unique européenne
15/05/2012 19:07:49 | Par : ariane
On ne voit pas dans ce programme, que vous paraissez approuver, la moindre menace sérieuse contre l'emprise du Système sur l'Europe. Le Front de Gauche, entre autres, sera déçu
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire