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Le vote Hollande, un vote décisif pour l'Europe comme pour la France

Hasard du calendrier électoral, Grecs et Français se rendront aux urnes le même jour, dimanche 6 mai, pour deux scrutins décisifs pour la sortie de crise de la zone euro. Alors que le continent continue de s'enfoncer dans une crise des dettes souveraines interminable, bon nombre d'Européens ont les yeux fixés sur le second tour de la présidentielle française, en quête de nouvelle dynamique. À bien des égards, le 6 mai a des allures de consultation pour l'ensemble de l'Union.

Pour les oppositions dans les pays européens, et même pour les gouvernements conservateurs, l'enjeu est simple. Ou François Hollande est élu en France, et de nouvelles modalités de croissance par l'investissement pourront être négociées à Bruxelles comme dans les pays de l'Union, ou Nicolas Sarkozy est reconduit et l'Europe s'enfoncera dans une crise sans fin. Non seulement cette réélection ne désarmera pas les marchés (les agences de notation en premier lieu), mais la poursuite d'économies implacables dépourvues de toute relance finira par mettre les peuples dans la rue. Les gouvernements risquent alors d'être contraints à la force pour se maintenir.

D'Athènes à Lisbonne, les manifestants rassemblés, mardi 1er mai, dans de nombreuses villes d'Europe, ont tous dénoncé des politiques d'austérité contre-productives, preuve d'un malaise social grandissant, et appelé à des alternatives. Selon le quotidien espagnol El País, « l'alternative 'Hollande' séduit les pays les plus touchés par la crise », tandis que son concurrent El Mundo applaudit aux « leçons d'européisme » du candidat socialiste. « Le scrutin le plus important pour l'Allemagne cette année se déroule à la fin de la semaine – non pas dans le Land du Schleswig Holstein (qui organise ses élections régionales le 6 mair), mais en France », concède le Süddeutsche Zeitung. Les gouvernements conservateurs resteront, quoi qu'il arrive, largement majoritaires en Europe après le 6 mai. Mais on distinguera désormais les exécutifs qui font du redressement des comptes leur priorité absolue, et ceux qui veulent « compléter » l'austérité, par des politiques de croissance plus marquées.

François Hollande, s'il est élu, pourrait entraîner une majorité derrière lui. C'est d'ailleurs ce qu'a suggéré la semaine dernière l'ancien patron de la commission européenne, Romano Prodi : « Si l'Allemagne reste persuadée qu'elle peut avancer seule, l'Italie devra travailler avec la France et l'Espagne pour relancer l'Europe. »

À Bruxelles, la Commission européenne se refuse à tout commentaire sur les scrutins nationaux. Mais l'exécutif tient tout de même à rappeler que la plupart des idées avancées par François Hollande, comme la taxe sur les transactions financières, sont déjà en chantier à Bruxelles, certaines depuis plusieurs années. « La Commission a déjà, et depuis longtemps, un agenda pour la croissance. Il n'y a pas d'alternative à la consolidation budgétaire en cours. C'est complémentaire. L'enjeu, ce n'est pas l'un ou l'autre. Nous disons qu'il faut les deux », explique Pia Ahrenkilde, l'une des porte-parole de José Manuel Barroso.

Des discours identiques à ceux de Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne (BCE), qui plaide désormais pour un pacte de croissance complémentaire au pacte budgétaire d'Angela Merkel , qui a défendu la semaine dernière son “agenda croissance”, ou encore de Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, qui veut organiser, sans doute d'ici début juin, un dîner informel des chefs d'État et de gouvernement pour parler croissance. 

Les thèmes  ne sont pas exactement les mêmes que ceux proposés par la gauche en France. Pour les européens, il s'agit surtout de compléter les objectifs de rigueur par des réformes dites structurelles « retraites, marché du travail...) qui seront vécues par les travailleurs comme de nouvelles modalités de rigueur. Seules les oppositions demandent clairement l'utilisation de la Banque européenne d'investissement et l'appui de la BCE pour financer de véritables investissements. Mais si François Hollande est élu et s'il ne cède pas sur les exigences inscrites dans son programme, les pays les plus conservateurs devront en tenir compte, sous la pression de leurs oppositions. Sinon, ils tomberont à court ou long terme sous la pression des populistes d'extrême-droite, tel Geert Wilders en Hollande – sans mentionner d'éventuelles manifestations de rues.

On notera que la crainte de celles-ci anime aussi bien les démocrates que les républicains aux Etats-Unis. Beaucoup d'observateurs prévoient qu'après les élections de fin 2012, le gouvernement, quel qu'il soit, ne pourra plus faire face aux dépenses fédérales incompressibles (Medicare, Medicaid, Food Stamps, budget militaire, etc.) . Il en résultera des vagues de protestations pouvant prendre un caractère violent, face auxquelles la garde nationale et l'armée fédérale pourraient être appelées en renfort. Des stocks considérables d'armes anti-émeutes seraient en cours de constitution. 1)

Il vaudrait mieux éviter cela à l'Europe. D'où l'intérêt d'un vote Hollande en France, qui donnerait de l'espoir à tous les peuples d'Europe. .On peut penser que l'"européen" François Bayrou en a pris, lui-aussi, pleinement conscience. 2)

1) Voir l'article de Ron Holland sur le site libertarien américain The Daily Bell http://www.thedailybell.com/printerVersion.cfm?id=3831

2) Pour être complet, on ajoutera que les "marchés" se sont préparés à détruire François Hollande - à supposer que Nicolas Sarkozy  ne soit pas reconduit. Voyez un petit film bien intéressant http://vimeo.com/40577072

04/05/2012
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