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Pour l'Europe dont nous rêvons, le vote Hollande.

Des amis européens me font l'honneur de me demander pour qui je vais voter, dès ce premier tour des élections présidentielles françaises où les jeux demeurent ouverts. Après avoir suivi les trois grands meetings de ce week-end qui s'achève, je suis en mesure de leur répondre.


Précisons tout de suite que ces amis partagent dans l'ensemble une vision qui est la mienne, celle d'une Europe fédérale qui puisse être aussi solidaire, forte et indépendante que possible autrement dit capable de s'imposer dans les inévitables conflits de puissance auxquels nous n'échapperons pas. Ils voudraient également que cette Europe soit exemplaire en ce qui concerne la protection des équilibres écologiques, le développement des intelligences et finalement la mise en oeuvre des grands programmes scientifiques sans lesquels le monde de demain serait aveugle.


Or ils disent que le vote français sera très important pour eux, en ce sens qu'il pourrait servir d'exemple à de nombreux choix, politiques ou électoraux, que les différents pays européens auront à faire dès les prochains mois. Certes la France ne peut servir de référence universelle pour les Européens. Cependant, ce qui lui reste de poids industriel et scientifique, sa culture républicaine, les exemples de démocratie qu'elle peut encore donner, sont toujours regardés avec considération par les opinions publiques, y compris parmi les jeunes citoyens.

A  ces amis, je répond ici ceci. J'exclue d'emblée de voter tant Marine Le Pen que Nicolas Sarkozy. La première parce qu'elle est fondamentalement anti-européenne et s'appuie sur des ressorts nationalistes qui ont fait le malheur de l'Europe au 20e siècle. S'ils reparaissent chez certains de nos voisine européens, c'est une raison de plus pour ne pas les encourager. Je ne voterai pas davantage pour Nicolas Sarkozy, car son bilan européen est trop flou, ne repose pas sur une vocation européenne durable. Il risque de continuer à privilégier des positions personnelles destinées à promouvoir son image et ses intérêts avant des convictions européennes profondes. N'en disons pas plus.

Parmi les grands candidats, le seul qui paraisse animé d'une conviction européenne conforme aux valeurs énumérées ci-dessus me paraît être François Hollande. Certes, il ne s'agit pas d'un européiste flamboyant, une sorte de Saint Michel combattant le dragon de l'euroscepticisme. Mais d'une part François Hollande paraît solidement convaincu de la nécessité de continuer à construire l'Europe en collaboration avec les forces politiques qui sur le Continent s'inspirent du même idéal. D'autre part, le PS (parti socialiste français), au contraire de l'UMP dans le camp de Nicolas Sarkozy, est lui aussi profondément européen, malgré les incompréhensions que suscite cette conviction chez certains de ses électeurs. Ses contacts avec les partis de gauche et les syndicats européens constitueront un atout précieux pour aboutir à des accords caractérisant ce que l'on pourrait appeler une social-démocratie de gauche, moderne et compétitive.

Mais que dire cependant d'un vote Mélenchon? Pour un nombre grandissant d'électeurs, il incarne désormais une volonté de « sortir du Systéme », un système dominé par l'atlantisme, le capital financier international et des élites oligarchiques ayant pris le monde en otage. Beaucoup d'électeurs français, sans prendre entièrement au sérieux toutes ses propositions, voudraient que les principales d'entre elles inspirent la future majorité gouvernementale française. Il semble que certains militants anti-système européens, se rangeant notamment au rang des « indignados », souhaiteraient eux-aussi que ces idées soient défendues par le futur gouvernement français, afin d'être mieux entendues en Europe. Il en est de même des militants écologistes, peu entendus en France lors de la campagne qui s'achève, mais qui sont – heureusement – moins résignés que jamais au business as usual, en France comme en Europe. Faudrait-il alors, lors du premier tour de l'élection présidentielle française, que ceux qui se reconnaissent, au moins en partie, dans les thèmes défendus par Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly votent pour ces candidats.

Beaucoup de mes amis le pensent. Pour ma part, à tort ou à raison, je ne recommande pas la dispersion des voix, dans une échéance dont le résultat reste imprévisible 1). Je dirais en ce qui me concerne que voter pour François Hollande dès le premier tour, et par conséquent favoriser son élection définitive, ne condamnerait en rien certaines des perspectives proposées par le Front de Gauche (Mélenchon) et les Verts (Eva Joly). Le propre de la culture politique caractérisant le PS français, bien illustrée par François Hollande, est l'ouverture au débat démocratique. Contrairement au sarkozisme et plus généralement à la droite française, qui refusent fondamentalement les confrontations, la gauche se veut ouverte aux multiples tendances qui parcourent la société européenne. Certains y voient une faiblesse. Pour notre part, nous y voyons une force, un gage d'adapatabilité et de dialogue dans un monde de plus en plus incertain. Nous avons tout lieu de penser que, dès François Hollande élu, une majorité parlementaire et politique faisant une place aux tendances et aux personnalités actuellement représentées par Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly se mettra en place.

Alors, dirais-je à mes amis européens, une nouvelle phase de la construction européenne pourra enfin, avec vous, s'ouvrir. Nous pourrons en reparler, j'espère. A dimanche prochain donc.


1) sans parler du vote blanc, totalement irresponsable,  recommandé par un soi-disant philosophe, essentiellement imbu de lui-même, Michel Onfray.

15/04/2012
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16/04/2012 11:23:29 | Par : Jean-Paul Baquiast
Peut-être aurais-je du préciser que ce texte n'engage pas nécessairement tous ceux qui coopèrent à l'édition de notre site. D'où sa localisation dans la rubrique Libres opinions.
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