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Le rapport de la Cour des comptes française concernant le fonctionnement des administrations

Il est incontestable que ce rapport (1) oblige au réalisme les propositions des candidats à la présidence de la République en France. Il peut aussi intéresser tous ceux qui, dans les autres Etats européens, se préoccupent de la dépense publique et de ses impacts sur la dette voire éventuellement sur le déficit commercial
Limitons-nous ici à quelques observations générales.

* La Cour des Comptes française, souvent critiqué pour son manque d'ouverture sur les évolutions sociétales profondes, présente cependant l'intérêt d'être la seule instance globalement apolitique capable d'évaluer les activités administratives soumise à sa juridiction. Elle va plus loin, comme le montrent ses rapports publics. Elle peut, dans une certaine mesure, jouer le rôle d'une Agence de notation plus indépendante et mieux informée que le trio des trois agences anglo-américaines érigées en Europe comme les seules références. Il convient donc d'attacher le plus grand sérieux à ses rapports 

* Le présent rapport de la Cour met l'accent sur la faiblesse congénitale des politiques publiques en France depuis bientôt 30 ans: ne pas faire l'effort difficile de réduire les dépenses de l'Etat et des collectivités locales (j'excepte de ce propos la fonction publique hospitalière qui a de toutes autres contraintes) au prorata de l'aggravation de la dette publique et des contraintes économiques pesant sur la nation. Or face à ces évidences,  prétendre que la croissance permettra d'éviter la réduction des budgets publics est un mensonge. Céder aux  chantages des administrations, comme celui du président de la Banque de France confronté à la nécessité de réduire les effectifs de celle-ci (2),  serait indigne.

* En fait, tout se passe comme si, pour des raisons principalement électorales, les dépenses des administrations devaient être considérées comme intouchables. Mais n'importe quel fonctionnaire sait très bien que, tant dans la fonction publique d'Etat que dans la fonction publique locale, de nombreuses missions pourraient être supprimées ou allégées, que de nombreux services exerçant ces missions sont dotés d'agents en tout ou en partie inutiles, que la plupart des agents pourraient en général accomplir plus d'heures effectives de travail qu'ils ne le font, que tous pourraient  retarder sans dommages pour leur santé de quelques mois ou années leur départ à la retraite. Ceci bien entendu à tous les niveaux des hiérarchies, et pas seulement à la base. Enfin, les gains de productivité que pourrait apporter une informatisation étendue des services n'ont pas été exploités en terme de réduction des effectifs. On me dira que je n'en sais rien et que je juge du fond de mon fauteuil. Soit, mais ceux qui plaident le contraire n'en savent pas davantage.

* Le problème est que,  sous un gouvernement  de gauche sérieux et moderne, soumis comme il se devrait au contrôle des électeurs et à la séparation des pouvoirs, une politique d'adaptation des effectifs de la fonction publique à ses missions pourrait être entreprise, ceci avec l'accord des agents publics eux-mêmes. Par contre, sous un pouvoir de droite, qui ne songe qu'à affaiblir l'Etat pour que des entreprises privées de sa mouvance accomplisse les fonctions régaliennes à la place des services publics (avec des coûts toujours supérieurs), le discours de rationalité présenté ci-dessus n'est pas recevable. Supprimer des administrations et des fonctionnaires pour laisser le champ libre à des intérêts privés au service des riches et des puissants (mais oui, il faut le dire) ne fera qu'aggraver la dépendance de la nation à l'égard du capitalisme financier transnational (3 )

* Pour en revenir à François Hollande et à la lutte contre les dépenses publiques inutiles ou mal adaptées  mises en évidence par le rapport 2011 de la Cour des Comptes, la seule attitude susceptible de rendre la gauche crédible  consisterait à se donner les 5 ans de la prochaine mandature pour écheniller les domaines susceptibles de permettre des économies, le tout dans un climat d'ouverture totale tant à l'égard des citoyens (y compris ceux qui pourront souffrir d'économies, comme les sempiternels « intermittents du spectacle ») que des fonctionnaires eux-mêmes. Nous sommes persuadés que si ce travail était fait sérieusement, prolongé le cas échéant dans les 5 années suivantes, il ne serait pas nécessaire de compter sur une croissance qui ne se produira pas pour réduire le poids excessif des administrations. Le bon sens suffirait.

1) Cour des comptes. Rapport public annuel 2011 http://www.ccomptes.fr/fr/CC/Sommaire-25.html
2) Voir La Tribune http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120210trib000682624/christian-noyer-renvoie-la-cour-des-comptes-dans-les-cordes.html
3) C'est ainsi qu'en Grèce aujourd'hui, les gouvernements de droite européens constituant la «troïka »  en charge du redressement des dépenses veulent supprimer les services fiscaux d'Etat pour les remplacer par des agences privées. On imagine le peu d'ardeur que ces dernières  mettront dans la lutte contre les détournements à grande échelle pratiqués par la classe dirigeante grecque et ses complices à Bruxelles ou Wall Street.

13/02/2012
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